‹ Études élémentaires et progressives de la parole de DieuChapitre 113 sur 229 · ENÉSE JOSEPH DEVANT PHARAON · texte numérisé non relu

ENÉSE JOSEPH DEVANT PHARAON

XLl faire expliquer ses songes par les devins qui préten- ^ daient s'y entendre; mais, saisis d'un esprit de crainte que Dieu répandit sur eux, ils n'osèrent, cette fois, donner cours à leurs impostures , et Pharaon n'en fut que plus bouleversé.

9-13 § 536. À ce moment, l'échanson se souvint de Joseph. Commençant par avouer le tort dont il s'était rendu coupable, il raconte à Pharaon ce qui s'était passé entre lui et cet esclave hébreu deux ans auparavant. On aime toujours à voir un homme reconnaître ses fautes et les réparer. Mais est-il bien sûr que le repentir de réchanson fût de bon aloi? N'avait-il pas plus à cœur de se rendre agréable à Pharaon que de s'acquitter de sa dette envers Joseph? Je ne prononce pas; l'échanson toutefois se souvient si à propos du pauvre captif, qu'il est permis de suspecter son désintéressement. Il en est ainsi, par exemple, de ceux qui attendent le moment de leur mort pour se convertir. La conversion à ce moment suprême peut être sincère et réelle; mais combien il est à craindre qu'elle n'ait souvent que Tapparence du repentir.

H-24 § 537. Quoiqu'il en soit, ce fut par là que Dieu tira Joseph de sa prison pour l'introduire dans une situation bien différente de cellesqu'il avait occupées depuis treize ans au moins. Après qu'on l'eut mis en état de paraître devant Pharaon, celui-ci lui demanda s'il était vrai qu'il sût expliquer les songes. Sur quoi Joseph se hâta de détromper le roi , en lui faisant entendre que Dieu seul connaît l'avenir et peut le dévoiler quand il lui plaît. Saisi de respect pour ce pieux et modeste jeune homme. Pharaon lui raconta ce qu'il avait vu durant son sommeil.

i5-32 § 538. Le sens des songes de Pharaon ne s'offrait pjis aussi naturellement qu'il peut le sembler au premier

JOSEPH DEVANT PHARAON. GENfe

abord. Il est vrai que des vaches maigres qui engloutis- XLl sent des vaches grasses , et surtout des épis étiolés qui ^gl^^ absorbent des épis bien nourris , ne représentent pas mal la disette qui détruit et consume tout ce qu'a pu produire une abondance antérieure. Mais sept années de famine! voilà certes la chose du monde la plus rare, et, en Egypte, une calamité inouïe qui pouvait sembler impossible, grâce aux inondations du Nil. En sorte qu'on doit bien reconnaître , comme Joseph le dit à Pharaon, 25 que c'est Dieu lui-même qui déclara, par la bouche de son serviteur, ce que sa puissance seule pouvait opérer. Or, remarquez encore avec quelle fidélité Joseph profita 32 de l'occasion pour parler au roi du Dieu qu'il ne connaissait pas.

§ 539. Encouragé par l'attention religieuse que lui 33-3e prêtait Pharaon et conduit par l'Esprit du Très- Haut , Joseph , après avoir interprété les songes , s'enhardit à donner des conseils au monarque ; conseils bien simples, mais auxquels {)ersonne n'eût pensé peut-être , tant on était effrayé , sans parler du peu de progrès que devait avoir faits alors la science de l'administration. En proposant la création de commissaires qui , dirigés par un ministre d'Etat, fussent chargés de recueillir pendant les années d'abondance de quoi suffire à la famine des années suivantes , Joseph n'avait pas sûrement l'idée que, pour exercer cet office, Pharaon jetterait les yeux sur un jeune homme tel que lui , sur un étranger , sur un esclave arraché 5 la prison. Mais Pharaon , comme tous les idolâtres de son temps et comme la plupart de ceux de nos jours , n'ignorait pas qu'il y a un Grand Dieu , un Grand Esprit dans le Ciel ; seulement , il ne le connaissait, ni ne le servait. Il ne put pas douter qu'il n'eût devant lui un humble serviteur de ce Dieu , et il

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