XLVI. Hort de Jaeob et de Joseph
Î9-33 § 601 . Jacob avait déjà exprimé la volonté de sa foi
au sujet de sa dépouille mortelle (§ 583). Il crut devoir la répéter devant tous ses fils , demandant qu'on l'enterrât dans la caverne de Macpéla , à côté d'Abraham, d'Isaac, de Sara , de Rebecca et de Léa. Un autre que Jacob aurait probablement exigé que son corps fût déposé à Ephrat , près de la femme qu'il avait tant aimée. Mais non ; bien que , sur son lit de mort , il eût encore donné une larme à sa chère Rachel (§ 586) , son affection , autrefois passionnée, est devenue une sainte affection; Jacob n'hésite pas à préférer d'être placé avec Abraham et Isaac qui avaient, comme lui^ reçu les promesses magnifiques du Seigneur. Toujours esUl que nous avons là une nouvelle preuve de sa foi et un bel exemple de l'empire que* la foi peut exercer sur les affections naturelles. — Quand Jacob eut achevé de donner ses ordres , il rentra dans son lit , sur lequel il s'était assis pour parler à ses enfants. Dieu lui avait momentanément prêté une force extraordinaire ; car, peu après avoir achevé son discours , il expira ; son âme fut recueillie vers ses pieux ancêtres (§ 398), et ainsi se termina la carrière terrestre de celui qui fut à la fois le père et le type des fidèles.
L § 602. Après que Joseph eut donné quelques instants 1-13 à une douleur aussi légitime que vivement sentie^ il fit embaumer le corps de son père , opération qui dura quarante jours. Les Egyptiens ,' eux-mêmes , portèrent le deuil du père de leur bienfaiteur. Puis , avec la permission de Pharaon, toute la famille de Jacob, accoropa-
MORT D£ JACOB ET DE JOSEPH. GENl
^ de beaucoup d'Egyptiens , et des principaux d'entre L hix, se transporta au pays de Canaan pour rendre les ^Zy iers devoirs à la dépouille mortelle du patriarche. y eut sept jours de lamentations (une semaine , § 445) , les Cananéens furent si frappés et si touchés de ce ectacle, qu'ils appelèrent cet endroit Abel-Mitsraïm , 5c8trà-dire le deuil des Egyptiens. C'était, dit Moïse, delà du Jourdain; mais, pour s'orienter, il faut se ipeler que, au moment où Moïse écrivait cette >ire , il n'était pas en Egypte : il se trouvait , avec Israël , sur le chemin du pays de Canaan , par la ère orientale , ou tout au moins sud-est. Or, relatitt à cette frontière , la caverne de Macpéla était ài située au delà du Jourdain.
§603. Après qu'ils furent de retour en Egypte, les 14, *res de Joseph commencèrent à craindre que , leur PB étant mort, Joseph ne songeât à se venger du mal 'ils lui avaient fait. Ils rendaient ainsi un bel homà sa piété filiale; mais en le croyant capable de Wiments pareils à ceux d'Esatt (§ 427) , ils méconfcissaient d'une étrange manière son cœur fraternel et ^inte qu'il avait de Dieu. Hélas! comme cela n'arme que trop souvent, ils le jugeaient peut-être d'après ^ qu'ils étaient eux-mêmes , ou du moini^ d'après ce >'ils avaient été.
$604. Ce qui, du reste, explique assez bien les i( faiales des fils de Jacob , c'est que leur père avait ^ qu'ils demandassent de nouveau pardon à Joseph. ■olrepère pensa donc qu'il pourrait nous vouloir encore r*inaal, dirent-ils entre eux! Mais non; Jacob n'avait p*^ d'autre intention que de resserrer toujours plus les ■ *^s qui devaient unir ses fils, après sa mort plus que i i^^^^. Il savait parfaitement ce qui arriverait , et comme V 289
ENÈSB ' MORT DE iACOB BT Dfi iOSfiPH.
L quoi , par celte démarche même , ses fils acqaerraiei ^ une nouvelle certitude de Tentière grâce que Josef leur avait accordée. C'est ainsi que les enfants de Kl s'affeirmissent dans la paix du Sauveur, en renouveta fréquemment la confession de leurs péchés et la de mande du pardon , bien qu'ils sachent que Diea i retire pas ses promesses ; et quand on a un vrai repoi tir, on ne craint pas de se souvenir de ses fautes, dN parler à ceux qu'on a offensés, de se les entendre ra] peler par eux.
17-31 § 605. Les fils de Jacob n'avaient pas osé se préseï ter eux-mêmes devant Joseph , et celui-ci fut profoi dément ému à TouTe des paroles qui lui furent dites ^ leur part. Cet aveu de leur crime et de leur péché , col demande de pardon , demande si humble et faite au 110 du Dieu de son père , cette pensée enfin que c'est Jafli lui-même qui le supplie par la bouche de ses fils, t^ cela trouve facilement accès dans l'âme sensible et Sa vée de Joseph. Aussi quand ses frères se furent jetéi ses pieds, s'en remettant à sa discrétion : <x Ne craignl point , » leur dit-il . Non , ne craignez rien de moi. a Soi je en la place de Dieu? » C'est Dieu surtout que v(W avez offensé , c'est lui qui aurait le droit de punir, rfl de lui que vous devez chercher le pardon. Or, quel devez-vous pas espérer de sa grâce ! Voyez déjà coil ment il a fait sortir le bien du mal. Ce n'était pas à db qvi'ils pussent se vanter de n'avoir pas mal agi , mi enfin cela montrait combien Dieu est bon et puissai « C'est pourquoi, répète Joseph, ne craignez poS maintenant ; je vous entretiendrai , vous et vos famiUtf et il les consola et leur parla selon leur cœur. » Telle ^ la charité que le Saint-Esprit met dans l'âme des «• fants de Dieu ; une charité toute divine , car c'est aï*