MORT D£ JACOB ET DE JOSEPH. GBNÉ
que lo Seigneur fait aux pécheurs qui s'approchent de L lui avec humilité, il les rassure, les console et leur ~ parle selon leur cœur.
§ 606. Si nous avions pu étudier l'histoire de Joseph S3, s: sans nous sentir portés à aimer cet homme cher à Dieu , le dernier trait que nous venons de lire devrait lui gagner notre affection. Quel beau caractère que celui de ce patriarche ! Peu d'individus ont réuni autant que lui ce qui est agréable à Dieu et aux hommes. D'un extérieur attrayant et de mœurs douces et pures , Joseph fut éminent par les facultés de son inteUigence, par son exquise sensibilité jointe à une grande force de volonté , plus encore par sa foi , par sa charité et par ses habitudes pieuses. Pour le bonheur de ses enfants et de ses petits-enfants , il vécut 53 ans depuis la mort de son père. Dieu lui fit la grâce d'asseoir sur ses genoux les petits-fils d'Ephraïm et de Manassé, quoiqu'il ait vu bien moins d'années que ses ancêtres ; ce qui , pour le dire en passant , nous montre que les descendants de Jacob se marièrent beaucoup plus jeunes que ne l'avaient fait Abraham , Isaac et surtout Jacob lui-même.
§ 607. Près de mourir, Joseph réunit vers lui ses 94-2 frères, c'est-à-dire non-seulement ceux de ses propres frères qui n'étaient pas encore morts , mais de plus tous les autres chefs de lamille des fils d'Israël , qui étaient aussi ses frères dans un sens qu'il est facile de comprendre. C'était pour leur adresser des paroles de foi propres à les fortifier en Dieu. Joseph leur annonça donc que leSeigneur les ferait certainement retourner au pays de Canaan , sinon eux-mêmes , du moins leur postérité. Ce n'était pas là proprement une prophétie , car Joseph ne faisait que rappeler les promesses de Dieu. Mais , afin d'attester à ses frères qu'il y croyait réellement , il leur
JitSE LA PROVIDENCE.
L ordonna d^embaumer son corps et de le conserver jus- ^^^ qu'au moment où ils retourneraient en Canaan. Par cet ordre , Joseph rendit aux siens un service non moins ^ éminent que tous les autres. Il leur donna nn bel exemple de foi , il attira leurs pensées vers Dien , el sa dépouille mortelle demeura parmi eux , non comme on souvenir seulement de ce qu'il leur avait été , mais plutôt comme un gage des proniesses du Diea d'Abraham , d'Isaac et de Jacob. — Joseph mourut donc ègé de 1 40 ans ; son corps fut embaumé , et sa famille le déposa provisoirement dans un cercueil.
XL¥II. La ProvldeBcc»
§ 608. Avant de quitter ce beau livre de la Genèse, qui a fait passer devant nos yeux un si grand nombre d'événements et tant d'instructions diverses , je veux communiquer à mes lecteurs celles qu'il nous donne en particulier sur la manière dont l'Eternel gouverne le monde , ou sur ce qu'on appelle la divine Providence. C'est l'histoire de Joseph qui nous les fournira , parce qu'il n'en est aucune qui nous soit racontée avec autant de détails , et que d'ailleurs elle nous met sur la voie par les paroles mêmes que Joseph fit entendre à ses frères et dont nous devons avoir le souvenir très-présent (Chap. XLV, 5,7, 8;L, 20).
§ 609. En toutes choses , Dieu se propose un but et il agit d'après un plan arrêté dans son conseil. Il voulait que la famille de Jacob habitât une contrée où , aimée et protégée , elle pûl s'agrandir plus facilement et plus librement que cela ne lui eût été possible dans le pays de Canaan. C'est par cette raison qu'il la fit venir en Egypte.