RETOUR DE MOÏSE EN EGYPTE. EXOD
pauvre peuple qui osait avoir Tair de se plaindre, il V exigea de lui plus encore qu'auparavant. Il fallait qu'ils 4IJ9 livrassent la même quantité de travail , quoiqu'on leur diminuât les moyens de le produire. Ce fut en vain que les chefs des ouvriers allèrent en représentations auprès du monarque ; il leur répondit , avec une cruelle ironie, que les Israélites n'éUiient sûrement pas trop chargés, puisqu'ils avaient le temps d^écouter Moïse et Aaron.
§ 655. En revenant de chez le roi, les commissaires 20-2^ des enfants d'Israël rencontrèrent ces deux serviteurs de Dieu. Aigris par la douleur, ils ne purent s'empêcher de leur faire d'amers reproches de ce que , sous apparence de les délivrer, ils avaient aggravé les difficultés de leur position. Sur quoi MoTse fit sa plainte à TEterbel, comme il convient à un enfant de Dieu ; car on ne doit pas nécessairement voir dans ses paroles l'expression du murmure. « Ohl mon Dieu, » semble-t>-il dire, « que tes actes sont incompréhensibles ! Tu m'envoies pour opérer la délivrance d'Israël et son esclavage va plutôt en empirant. Oh! mon Dieu, explique-moi ton conseil et tes desseins , qui me paraissent si extraordinaires ! n — En efiFet , Moïse ne comprenait pas que Dieu permettait ce redoublement de persécution , afin qu'on vît toujours mieux d'où viendrait la délivrance et qu'on l'appréciât et la désirât d'autant plus. Si Pharaon eût cédé au premier mot , on aurait pu croire que la puissance de l'Eternel n'était entrée pour rien dans sa détermination. Ce n'est pas à dire que Dieu ait inspiré à Pharaon son mauvais vouloir; mais, ainsi que nous l'avons vu déjà plus d'une fois , l'Eternel se sert du mal pour amener le bien. Au surplus, ce que le Seigneur fit en celte occasion n'est pas chose rare. Il permet