LES PLAIES D'EGYPTE. EXOD
§ 674. Quelque étonnantes que soient ces œuvres du ^H-X Seigneur, il n'y a rien en elles d'incroyable. Si la Bible nous disait que ce fut Moïse qui fit tout cela , nous aurions de quoi nous récrier ; mais non , c'est le bras de TEtemel qui a agi. Or Celui qui créa les cieux et la terre a bien pu opérer des merveilles beaucoup moindres après tout que celles de la création. Quant à la réalité de ces miracles , plus nous avancerons , plus vous verrez combien Moïse mérite d'être cru , et véritablement on ne comprendrait pas qu'il eût osé inventer des faits au sujet desquels tant de gens auraient pu lui donner des démentis.
§ 675. Nous devons donc croire aussi que les magiciens de Pharaon imitèrent , comme il nous est dit , les premiers miracles de Moïse, non par de vains prestiges, ce que font quelquefois les prêtres des faux dieux , mais par des effets véritables. Pour expliquer cela , les uns ont dit qu'ils agirent par la puissance de Satan ; les autres, que Dieu leur accorda momentanément un pouvoir qui dut les étonner plus que personne. Dans l'une et l'autre de ces suppositions, leurs miracles se seraient faits par la permission de Dieu , et , quand on voit quels en furent les résultats , il n'y a rien là d'incroyable. Car ce fut le moyen dont l'Eternel se servit pour confondre les ministres du mensonge et de l'impiété. Concluons enfin de cet exemple , que des hommes auraient beau faire des miracles , s'ils ne les font pas à l'appui de la vraie religion , nous ne devons pas les écouter.
§ 676. Après cela, il est extrêmement intéressant d'observer l'effet que les jugements de Dieu produisirent sur ceux qui en essuyèrent les terribles coups. Les maf^iciens , comme je viens de le dire , furent les premiers à y voir le doigt de Dieu (VIII , 49); puis il y eut beau-
KODB LES PLAIES D'ÉGYPTB.
II-XI coup d'Egyptiens qui apprirent à craindre sa parole "~ (IX , 20); ensuite , les hommes qui approchaient la personne de Pharaon le sollicitèrent de mettre un terme à ses rigueurs (X, 7); enfin, la généralité des Egyptiens, remplis d'admiration pour Moïse, montrèrent la plus grande bienveillance envers les Israélites si longtemps leurs esclaves (XI, 3); nous verrons même qu'ils les suivirent en foule dans le désert.
§ 677. Quant h Pharaon , sa méchanceté n'alla qu'en empirant, ou, comme le dit l'Ecriture, son cœur se montra de plus en plus endurci. L'Eternel avait annoncé à MoTse que les choses se passeraient de la sorte , et , dans le récit qui nous occupe , il est exprimé plusieurs fois en eflTet , que l'Eternel endurcit le cœur de Pharaon. Est-ce donc que Dieu fut la cause de son incrédulité, de sa haine , de ses violences? Non , assurément ; Dieu ne saurait être l'auteur du péché. Aussi voyez ce qui est dit, chap. VII, vers. 22; VllI, 15, 32; IX, 34; vous vous convaincrez que c'est par sa propre méchanceté que Pharaon devint toujours plus méchant. D'un autre côté , il est incontestable que Dieu a endurci son cœur, comme il endurcira celui des réprouvés au dernier jour, en l'abandonnant à sa propre malice, par un juste et terrible jugement.
§ 678. Et, si vous voulez savoir comment on arrivée cet horrible état , remarquez ce qui se passa chez Pharaon. Il méprisa tout à la fois la parole de Dieu et les coups de sa verge. Par moments , il semblait humilié , il témoignait l'intention d'obéir; mais, dès que la calamité était passée , il reprenait toute son audace, avec un accroissement de colère. C'est qu'au fond , il ne voyait que l'homme Moïse , et après chaque plaie il se flattait probablement que son pouvoir était épuisé. C'est ainsi