LES PLAIES D'EGYPTE. EXODI
des condilions que Moïse ne pouvait accepter. Il donna X clairement à entendre au roi qu'il s'agissait d'une émi- j.^o gration de tout le peuple , et Pharaon , trop orgueilleux pour s'avouer vaincu , déclara qu'il n'en serait rien ; même il fit chasser Moïse et Aaron de devant lui. Alors des nuées de sauterelles couvrirent toute la face de l'Egypte pour y brouter ce que la grêle avait laissé de reste. Pharaon , toujours le même, dit aux Israëlites : partez ; puis , le fléau s'étant retiré , il retira pareillement son autorisation.
§ 670. Cependant la délivrance approchait. Une plaie 2i-î9 plus terrible que les précédentes jeta la consternation dans le cœur de Pharaon et des Egyptiens. Il se fit de telles ténèbres , que , pendant trois jours , nul n'osa se lever du lieu où il était. Que de combats les passions impies du monarque et de ses courtisans ne durent-elles pas se livrer durant ces trois mortelles journées! Il faut céder; il n'y a pas moyen de lutter plus longtemps contre une puissance souveraine. C'est pourquoi Pharaon appelle Moïse et ne met plus qu'une seule réserve à la permission qu'il donne de partir ; c'est que les Israëlites laisseront leur bétail , sans doute pour remplacer celui des Egyptiens que les fléaux de l'Eternel avaient détruit. Pas un ongle, répond Moïse avec fermeté. Pas un ongle t eh bien, retire-toi, lui dit Pharaon dans sa colère^ et sache que , si tu te représente devant moi , tu es un homme mort! a C'est bien, » ajoute le serviteur de l'Eternel , « je ne verrai plus jamais ta face. »
§ 671 . Une dixième et dernière plaie devait achever XI l'œuvre de l'Eternel , soît pour le jugement des Egyptiens , soit pour le salut des Hébreux Dans une nuit , chaque maison se verrait privée du fils aîné de la famille, et même du premier-né des animaux qui existaient
CODK LES PLAIES DÉtîYPTE.
XI encore. Dans celte même nuit , les Israélites partiraient "^ de leurs demeures, emportant avec eux les riches présents que les Egyptiens n'hésiteraient pas à leur faire. II-XI — Tel est le résumé du récit que renferment ces chapitres de TExode. J'ai voulu l'exposer dans son ensemble, avant de présenter les réflexions auxquelles il donne lieu. §672. C'est ici, pour la première fois, que nous voyons Dieu déployer sa puissance dans une suite de miracles proprement dits. Nous avons eu le miracle de la création du monde , le miracle du déluge , les apparitions du Seigneur à Abraham et à ses fils, la destruction de Sodome, la naisscmced'isaac, la famine au temps de Joseph, l'interprétation des songes; mais je ne sais pourquoi l'on ne donne pas ordinairement le nom de niiracles à ces actes de la puissance divine, ou du moins à la plupart d'entre eux. Quant au changement de la verge de Moïse en serpent et aux dix plaies d'Egypte, on n'hésite pas à y voir des faits miraculeux , c'est-àdire des faits qui supposent l'intervention immédiate et surnaturelle du pouvoir divin.
§ 673. En effet, s'il est quelques-unes de ces plaies qui semblent au premier abord avoir été prodtiites par des causes assez naturelles, un examen un peu attentif montre qu'elles furent bien réellement des miracles. Ainsi , l'on voit assez souvent des sauterelles faire de terribles ravages en Asie et en Afrique ; mais jamais ce fléau n'eut le degré d'intensité que Dieu lui donna dans cette occasion. Quant au changement de l'eau du Nil en simg , et à la plupart des autres plaies , on chercherait on vain à les expliquer autrement que par la toute puissance de Dieu. C'est lui qui étendait sa main pour frapper, et qui la retirait quand il lui plaisait; Moïse et Aaron n'étaient que ses instruments.