LE VEAU D'OR. EXOD
Ihlte, de bien tristes événements se passaient dans le XXXI mwîp des Israélites. Impatient de ce que Moïse ne rêve- Y itiit pas , fatigué dé cette longue halte au pied du terfoie SinaT, le peuple voulut qu'Aaron donnât le signal «Au départ. Hais il fallait auparavant trouver quelque ^yen de remplacer la nuée qui marchait devant eux; Hans leur ignorance , ou plutôt dans leur impiété , ils «emandèrent à Aaron de leur faire des dieux. Gomme les enfants d'Israël s'étaient corrompus en Egypte ! A Ibors yeux , Moïse avait tout fait , c'est en lui qu'ils avaient foi plus encore qu'en Jéhovah (§ 710). Moïse Tenant à leur manquer, tout leur manque ; mais à son défaut j ils ne doutent pas qu'Aaron ne puisse leur remplacer Moïse et le Dieu de Moïse.
§ 839. 11 ne faut pas s'imaginer que ce qu'on vit alors ait été quelque chose de fort extraordinaire. Il n'est que trop de gens dont toute la religion est purement humaine. C'est par obéissance à l'homme qu'ils rendent un culte à Dieu; par obéissance à leurs magistrats, à leurs pasteurs , à leurs parents, à leurs maîtres. La religion n'est pour eux qu'une institution de ce monde comme une autre. C'est l'homme , pensent-ils, qui l'a faite ce qu'elle est; l'homme aussi peut la changer. Or, tout cela revient exactement à ce que le peuple d'Israël dit à Aaron : « Fais-nous des dieux qui marchent devant nous. »
§ 840. n semblerait qu'Aaron n'opposa pas de résis- 2-4 tance ; cependant on ne saurait le conclure du silence de l'Ecriture. Toujours est-il que s'il résista, ce fut à la manière de Ruben (§ 542). Pour dégoûter, peut-être, de leur dessein , les enfants de son peuple , il leur demanda les ornements d'or dont ils surchargeaient leurs personnes à la manière des idolâtres (§ 492) ; mais ce sacrifice même ne les fit pas reculer , et Aaron fondit