NADAB ET ABIHU. LÉVÏTIQI
9/llTancèrent avec Moïse pour bénir le peuple. Ce dut viii.i lÉre une scène bien émouvante , après tant de péchés "" ^bminis et tant de délivrances reçues! Afin d'y apposer ^sanction de la manière la plus authentique , la gloire Wb TEternel se manifesta par une flamme qui y sorUinl ^sanctuaire , vint consumer tout ce qui était sur l'au- 3iU des holocaustes.
^ LXVI. Kadab et Abiha. •— Lola eérénoBleUes.
* §877. Quelque temps après, les deux fils aînés d'Aa- x Proo, Nadab et Âbihu, se rendirent coupables d'un crime l , i Pbot la gravité ne s'aperçoit pas au premier moment. ^^Oulant offrit- les parfums dans le sanctuaire , selon la ^Hiarge qu'en avait reçue leur père , ils garnirent leurs Hncensoirs de braises qui n'a^vaient point été allumées \ar l'autel. L'Eternel avait défendu de lui offrir aucun
Erfum étranger (Exode XXX, 9), et il parait assez vraiiiblable que, sur ces braises profanes, Nadab et Âbihu -avait allumé un encens non consacré. Dans tous les cas, «auraient dû comprendre que les seules braises dignes Se consumer l'encens étaient celles qu'on prenait sur Taotel des holocaustes et des sacrifices. Ils violèrent donc 1i loi de Dieu dans son esprit , peut-être dans sa lettre , « nous ne saurions douter qu'ils ne Talent fait par in- ^tirédulité. Or, si Dieu n'avait pas puni ces profanateurs, Ven était fait du culte qu'il avait ordonné et de toute "obéissance de la part du peuple. Chacun aurait voulu marcher à sa guise, suivant Texemple des sacrificateurs, €t l'Eternel était détrôné. Il ne pouvait donc fermer les îeux sur cette première profanation de son culte ; le ftuméme qu'avaient méprisé les rebelles, se jeta sur il3 Y*
ÉVITIOLE NADÀB ET ÀfflHU.
X eux et les dévora devant rEternel , c'est-à-dire dans le {^.^ tabernacle même. Effrayante image de ceux qui veulent se faire une religion à leur fantaisie! Lorsqu'ils paraîtront devant Dieu , le Sauveur qu'ils auront méprisé se tournera contre eux pour les détruire ; car, ainsi que le dit un Apôtre : « Notre Dieu aussi est un feu dévorant s (Héb. XII, 29).
3 § 878 . Vous pouvez aisément vous représenter quelles
furent la douleur et la consternation d'Âaron , et vous comprenez sans doute la portée des paroles que l'Etemel lui adressa : a Je montrerai ma sainteté en ceux qui s'approchent de moi ! » Si leurs rapports avec moi ne les sanctifient pas, je montrerai , moi , que je suis saint en les punissant, et ainsi le peuple sera bien obligé de reconnaître ma puissance et mon horreur pour le mal. Âaron se tut. 11 n'y avait rien à répliquer. Le crime était manifeste , et le Seigneur a le droit de se rendre justice à lui-même; car s'il ne le fait pas, qui le fera pour lui?
4-7 § 879. Moïse appela deux des cousins germains de Nadab et d'Abihu , afin qu'ils emportassent hors du camp leurs cadavres à moitié consumés ; puis il invita toute la famille des sacrificateurs à demeurer au sanctuaire et à ne point prendre les signes ordinaires du deuil , afin qu'on ne pût pas les soupçonner de désap- [)rouver la punition que Dieu avait infligée aux coupables. Effectivement , s'il est naturel que les fidèles ressentent une vive douleur à la vue des misères que s'attirent les méchants, ils doivent néanmoins prendre garde de s'élever contre les jugements de Dieu , jugements aussi justes et saints qu'ils sont redoutables.
9 § 880. On ne sait pas précisément ce qu'il faut enrendre par la cervoise dont il est parlé en cet endroit. Ce devait être une liqueur enivrante assez semblable à 4U
LOIS CÉRÉMONIELLES. LÉVITIQ!
» bière. Quelques personnes pensent qu'on la fabriquait X Ifvec la sève qui distille du palmier quand on y a fait "^ iks incisions. Si cette conjecture est fondée, les Israélites ^lOQvaient en avoir dans le désert. Qui sait si Nadab et Nlbiha n'en prenaient pas avec excès , et si leur faute Béme ne fut pas un effet de leur intempérance; en sorte sqa'ellé aurait été la triste occasion de Tordonnance rapdans ce verset et dans les deux suivants. Quoi 9'il en soit , il n'est pas douteux que les ministres de Evangile , en particulier, ne doivent prêter une atteni sérieuse à ce qu^elle prescrit ,' car le motif sur lequel la fonde est perpétuellement vrai. En général , alons-nous demeurer en état de discerner entre ce i est saint et ce qui est profane, entre ce qui est souillé \ ce qui est net? évitons toute intempérance. Que de et d'actes répréhensibles ce vice n'a-t^il pas bdtés et fomentés !
} § 881 . Dans leurs disettes , les hommes non civilisés XI langent de tout animal qui tombe sous leurs mains. Le mgneur ne voulut pas qu'il en fût ainsi de son peuple Israël (§ 778), et nous avons dans ce chapitre une ingue liste d'animaux qui étaient déclarés impurs. C'est- Niire qu'il n'était pas permis de les manger, ni même «les toucher lorsqu'ils étaient péris. Ces animaux sont inéralement d'une mauvaise alimentation; encore à résent nous ne saurions en faire notre nourriture sans égoût. J'en excepte le porc et le lièvre , ainsi que le ipin , qu'il était aussi défendu aux Israélites de manger, ^toutefois on a bien entendu le mot traduit par lapin. ien des gens se sont étonnés de cette prohibition , mais Il a fini par y reconnaître la sagesse de Dieu et une iQvelle marque de la bonté paternelle qui lui dicta ses ÉB. La viande du porc et celle du lièvre sont loin d'être
^.ViriQUE LOIS CÉRÉMONIELLES.
XI saines , surtout en certaines circonstances. Dans "" chauds en particulier, ces animaux ont des mala
se communiquent aisément à ceux qui en font le riture accoutumée. Les ordonnances rapportées chapitre sont donc des lois sanitaires avant tou ne rend que plus frappant ce qui est dit aux vi et 45. — Si nous appartenons au peuple de Dl devons honorer notre vocation en toutes chos vêtir et nous nourrir convenablement et comr à des enfants d^un tel Père. Il est remarquabi soit à propos d'une lot si peu importante en a( que se trouve cette parole magnifique : Soyez sa JE suis SAINT. On ne peut rien dire de plus grai plus fort , pour montrer à quoi les fidèles sont c'est k une sainteté semblable à celle de Dieu ; ; sainteté doit se montrer dans les petites chose dans les grandes , ou plutôt il n'y a rien de qu'on le fait pour le Seigneur.
XII § 882. Vous vous souvenez de ce tjui fut femme après le péché (§ 106). Le Seigneur ji venable de proclamer, par les douleurs même fantement , que ce qui naît de l'homme est p< maudit. Gela vous expliquera pourquoi ce m< ordonne aux femmes nouvellement accouchée senter des offrandes pour leur purification. Ce de particulièrement remarquable au verset 8 qui est dit de l'offrande des femmes pauvres. II, 24, et vous verrez que ce fut justement présenta la mère de Jésus, preuve manifesl n'était pas dans l'aisance. Aussi est-il écrit qu » Christ s'est fait pauvre pour nous, afin qi » pauvreté nous fussions rendus riches » (2 Cor
il, XIV § 883. Les chapitres Xlll et XIV renfermen
if6
LOIS CÉRÉM0NIELL6S. LÉVITIQI
sanitaires relatives à diverses maladies de la peau que Xlli.X les Israëlites avaient probablement contractées durant """ leur triste servitude en Egypte, et qui avaient déjà donné lieu à quelques-unes des ordonnances prohibitives du chapitre XL On y voit les sages précautions que le Seigneur prescrivit pour que ces maladies n^atteignissent pas tout le peuple. Aux premiers symptômes de lèpre, de gale ou de teigne , le malade devait se présenter au sacrificateur, qui le mettait sous séquestre ; les progrès du mal étaient soigneusement observés ; s'il prenait un caractère de gravité prononcée , le malade devait s'établir hors du camp , et , afin que personne ne le touchât, il criait lui - même à ceux qui rapprochaient : je suis souillé! je suis souillé!
§ 884. Que si le lépreux venait à être guéri , il se présentait au sacrificateur, puis il offrait un sacrifice pour sa purification , et il était réintégré dans l'assemblée du peuple. Comme tout cela est une image frapp^mte du péché, maladie qui se communique de proche en proche et qui nous exclut du Ciel ! Quant aux formalités à suivre pour la purification des lépreux , remarquez surtout ce qui est dit au chapitre XIV, verset \ 4. C'est précisément ce qu'on avait dû faire pour la consécration d'Aaron. Cela signifie qu'il n'y a pas deux manières de purifier les pécheurs ; n'importe qu'on soit plus ou moins souillé, toujours est-il que notre personne tout entière a besoin de l'efficace du sang de Christ.
§ 885. Jl est aussi parlé dans ces deux chapitres de la lèpre des vêtements et de celle des maisons. Il est difficile de savoir au juste ce qu'on entendait par là. 11 est probable , quant aux maisons , que c'était la moisissure ou les champignons qui les envahissent quelquefois; quant aux vêtements de laine, dont les Israélites faisaient usage,
ÉVITIQUE LOIS CÉRÉMONIELLES.
Il, XIV ce pouvait être quelque saleté où pulullaient certains
~" insectes. Quoi qu'il en soit , nous avons encore ici des lois sanitaires , dont Tobservation ne pouvait qu'être infiniment bienfaisante.
XV § 886. J'en dis autant des ordonnances contenues au chapitre XV, ordonnances qui ont d'ailleurs ceci de remarquable , surtout relativement aux maladies des femmes , qu'elles se rattachent à la malédiction prononcée contre l'humanité après la chute. Aussi est-ce avec m profond sérieux et upe sainte humiliation que des chrétiens doivent envisager et supporter ces incommodités inhérentes à notre nature déchue.
X^l § 887. Le chapitre XVI rapporte l'institution de la grande fête des expiations. Elle avait lieu le dixième jour du septième mois, le mois de Tisri, ou Etanim (§ ^^^)» q^* correspond à notre mois de septembre. On y offrait quatre victimes : un veau , un bélier et deux boucs. Le premier, fourni par Aaron lui-même, était oflert. pour l'expiation des péchés commis par le sacrificateur et par sa famille. Les trois autres victimes s'offraient par l'assemblée. Après avoir fait du bélier un holocauste , on jetait le sort sur les boucs. L'un d'eux était immolé devant l'Eternel , l'autre était déclaré Hazazel , c'est-à-dire qu'on le chassait , qu'on l'expulsait du camp , qu'on le bannissait comme un maudit ; c'était le boicc émissaire. C'est pourquoi lorsque le sacrificateur avait fait du sang des victimes l'usage ordinaire pour la purification du tabernacle et de tout ce qui appartenait au service, et après qu'il avait, par extraordinaire, porté de ce sang dans le Lieu Très-Saint , sur le propitiatoire de l'arche, il sortait du sanctuaire et, posant ses deux mains sur la tête du bouc vivant, il confessait les péchés du peuple et les mettait ainsi sur cet
LOrS CÉRÉMONÏELLES. LÉVITIQUl
mal. Celui-ci, chargé des iniquités de tous, était XVï iduit hors du camp , abandonné dans la solitude , et "~ omme qui l'y avait mené devait se purifier avant de Urer dans le camp. — Je supprime les détails ; vous
pouvez lire au chapitre que nous étudions. § 888. Toute cette cérémonie avait quelque chose de în impressif. Gomme elle était propre à inspirer l'horûr du péché î Mais toujours en rappelant qu'il y a, îVantDieu, une expiation possible. C'est pourquoi ceux es Israélites qui avaient une véritable foi à la promesse 'on Sauveur, promesse que Dieu avait faite à Adam , levaient trouver dans ce rituel symbolique une grande onsolation. Pour nous, il nous est facile de voir sous "image du bouc émissaire, notre Seigneur Jésus-Christ ui s'est chargé de nos iniquités , qui a souffert hors du imp , c'est-à-dire hors de Jérusalem , ayant été fait alédidion pour nous. Ce sang que le sacrificateur périt sur le propitiatoire, c est le sang du Christ par quel nous avons accès au trône de la grâce. Ce sacriateur enfin , qui se présente à la place de tout le peuple
fond du sanctuaire , c'est encore le type de Jésusirist qui est entré dans les cieux où il intercède pour lUs. Il y a néanmoins une grande différence : le Soudain Sacrificateur des Juifs devait commencer par frir un sacrifice pour ses propres péchés ; notre Sauîur n'a pas eu besoin de le faire.
§ 889. Deux lois forment le sujet du chapitre XVU. X\1I abord l'Eternel défend aux Israélites d'immoler aucun limai ailleurs que devant le tabernacle , afin qu'ils ne îtombent pas dans l'idolâtrie; ensuite il répète avec ne nouvelle solennité la défense de manger du sang, -arce que c'est l'âme ou la vie de l'animal (§ 220), et que est au moyen du sang qu'on faisait propitiation pour
.ÉVITIQUE LOIS CÉRÉMONIELLES.
XVII rame de Thomme. — Vous remarquerez au verset 7 "~ que l'idolâtrie est représentée comme une infâme prostitution ; car, par eUe en efifet, l'àme humaine se prostitue aux faux dieux.
XVIM § 890. On voit au chapitre XVÏII combien les mœurs des Egyptiens et celles des Cananéens étaient abominables. H n'est pas de crimes d'impureté qui ne se commissent ouvertement parmi eux. On comprend après cela pourquoi Dieu exerça de si rudes jugements sur les Egyptiens. Il faudra nous en souvenir lorsque nous lirons l'histoire de la destruction des fils de Canaan. L'R- 24 ternel déclare positivement que c'est à cause de leurs iniquités qu'ils seront chassés de leur pays , et il annonce 28 à son peuple que pareille chose lui arrivera s'il imite leurs abominations. Au nombre des lois que Dieu donna sur ce sujet, remarquons celle qu'on lit au verset 8, condamnation du péché deRuben (§498); au verset 15, condamnation du péché de Juda (§ 518); au verset 18, condamnation du péché de Jacob (§ 443); aux versets 12 et 13, condamnation du père même de Moïse , qui avait épousé sa tante (Exode VI, v. 20). Comme on voit bien que c'est ici la loi de l'Eternel, de celui qui n'a poini égard à l'apparence des personnes , et que la Bible n'a pas été écrite pour flatter l'homme pécheur! En outre, ce qui avait dû être permis dans les premiers temps , l( mariage entre frères et sœurs , comme celui d'Abraham, par exemple (§ 247), Dieu le défend maintenant (vers. 9). prohibitions qui subsistent sans doute aujourd'hui pluî fortement que jamais , car elles sont d'une nature toute morale.