LXIX. Révolte d'Aaron et de Marie. — Les Espions
§ 940. Ce n'était pas assez que Moïse souffrit tant de XII x)ntradictions de la part de son peuple^ il eut la douleur 1-8 ie voir sa sœur et son frère se tourner contre lui. Il paraîtrait que, Séphora étant morte, il avait épousé une éthiopienne , à moins que , par une confusion qui se Taisait quelquefois , ou en signe de mépris , Marie et Âaron n'appelassent ainsi la femme de MoYse, bien que Madianite d'origine. Peut-être quelqu'un de ces démêlés, si fréquents, hélas I dans les familles, avait-il réveillé le mauvais vouloir qu'ils portaient à Séphora , et MoYse avait-il dû prendre la défense de sa femme. 11 n'y avait pas mis d'emportement, car Moïse était un homme parfaitement doux et bon , quoique d'un cœur chaleureux et d'un esprit plein de vivacité ; nous en avons eu plus d'une preuve ; mais Marie et Âaron en étaient venus jusqu'à contester l'autorité de leur frère et sa mission divine.
§ 941 . Il importait de rétablir cette autorité, pour la 4-15 gloire de Dieu, et personne ne pouvait le faire que l'Eternel. Il appela donc les deux frères et la sœur au tabernacle, où il déclara de nouveau qu'il avait établi Moïse dans une charge supérieure à celle d'un prophète ; Exode IV, 16 ; XXIV, 2). Pour mettre le sceau à sa ' parole , il retira momentanément la nuée de dessus le sanctuaire et frappa Marie d'une affreuse lèpre : Marie était probablement la plus coupable. Nouvelle occasion pour Moïse de montrer sa charité envers ceux qui l'offensaient, et, pour le Seigneur, de faire voir qu'il acceptait la médiation de Moïse. Cependant, il fallait faire un