LES ESPIONS. NOMBRE
ce n'a pas été sa moindre gloire que d'avoir donné le XîTI jour à Josué, comme nous le verrons surtout par la suite. "~
§ 944. Muuis des instructions de Moïse , ces liommes 18-26 mirent quarante jours à leur voyage. Ils pénétrèrent jusqu'à Hébron; par conséquent, ils virent la caverne de Macpéla qui recelait la dépouille mortelle de leurs pères (§ 373). Frappés de la magnificence des fruits du pays, ils cueillirent dans la vallée d'Ëscol une grappe de raisins si grande et si belle que , pour ne pas la gâter, autant qu'à raison de son poids , ils la suspendirent à un bâtoo^qujB doux d'entre eux portèrent sur leurs épaules. D'autres avaient pris des grenades et des figues comme échantillons des riches produits de la contrée qu'ils avaient parcourue.
§ 945. De retour auprès des leurs, ils convinrent 37-34 de l'excellence du pays , mais ils ne trouvèrent pas de termes assez forts pour exprimer l'effroi que leur avaient causé les habitants. D'abord , disaient^iis , il y aura peutêtre à repousser les attaques redoutables des Hamalékites avec lesquels ils avaient eu affaire l'année précédente (§731); puis les Cananéens des diverses tribus sont nombreux, vaillants; ils habitent des villes très-fortes à leur avis , et il se trouve là une race d'hommes gigantesques auprès desquels ils n'étaient pas plus grands que des sauterelles ! Voilà bien les exagérations de la peur, triste passion qui fait voir les choses tout autrement qu'elles ne sont. Pour dire encore mieux , voilà le langage de l'incrédulité ^ car l'incrédulité est pleine de mensonge. Les espions n'allaient-ils pas jusqu'à prétendre que ce beau et bon pays de Canaan était malsain et qu'il consumait ses habitants ; comme si l'Ëternel ne voulait les y introduire que pour les faire périr ! Bien dos gens aussi pensent qu'il est triste de se convertir et
)|IBRE8 LES ESPIONS. '
XIII de se donner à Dieu ; mais, ne l'oublions pas , c^est le
îT^4 l^i^g^g® ^^^^ ^^^^ incrédule.
§ 946. Cependant , tous ne parlèrent pas de même. Galeb , tant en son nom qu'au nom de Josué , prononça de belles paroles : a Montons hardiment , d dit-il , « et possédons ce pays-là ; car, pour certain , nous y serons les plus forts. i> C'était un homme de foi et de cœur que ce descendant de Juda. Il savait que , lorsque Dieu fait des promesses , il n'y a qu'à aller et Ton arrive , qu'à vouloir et l'on réussit , qu'à occuper le terrain et on le possède. Ainsi en est-il de la promesse qui nous est feite de la vie étemelle en notre Seigneur Jésus-Christ. Nulle difficulté , nul obstacle , nul ennemi ne doit nous empêcher de la saisir, a Montons hardiment et possédons ce pay^là ; car, pour certain , nous y serons les plus forts, i
XIV § 947. Les paroles de l'incrédulité trouvent un plus 1-4 t facile accès dans le cœur mauvais de l'homme que les
paroles de la foi ; il sufHt des accents passionnés de quelques meneurs pour émouvoir les passions de tout un peuple. Sourds aux exhortations de Caleb, les Israélites poussèrent de grands cris , et , après avoir passé la nuit dans la consternation , ils se portèrent le lendemain à une révolte plus complète qu'aucune des précédentes. Ils résolurent de retourner en Egypte. Mais, comme ils pensaient bien que Moïse n'y consentirait pas, ils se disposèrent à se donner un chef de leur choix, abandonnant ainsi l'Eternel pour faire leur propre volonté.
5-10 § 948. A la vue de ce spectacle, Moïse et Âaron se prosternèrent contre terre devant toute l'assemblée. Tandis que , dans cette humble attitude , ils suppliaient leurs frères et encore plus l'Eternel, Josué et Caleb, déchirant leurs vêtements, sollicitèrent le peuple de