ËUTÉRONOMË PRÉDICATIONS DE MOÏSE
IV établit trois dans la partie du pays à Forient du Jour- 4^43 ^^^^- C'étaient Belser en Ruben , Ramoth en Galaad des
Gadites, et Golan en Manassé.
V § \ 006. A quelques jours de là peut-être , Moïse convoqua de nouveau les enfants d'Israël , et , leur ayant rappelé les Dix Commandements de la loi, avec les circonstances qui en avaient accompagné la première publication plus de trente-neuf ans auparavant , il leur
SI adressa de sérieuses et touchantes exhortations. Il est une remarque à faire sur la manière dont le dixième commandement est reproduit ici. On lit dans TExode, chap. XX, vers. 1 7 : « Tu ne convoiteras point la maion de ton prochain , tu ne Convoiteras point la femme de ton prochain , etc. » C'est ainsi que le commandemeDt était écrit sur les Tables de pierre ; tandis qu'ici l'ordre des prohibitions se trouve interverti. Cette circonstance est peu significative par elle-même, mais ce qui la rend digne d'observation , c'est que les catholiques-romains, en retranchant de leur catéchisme le second commandement parce qu'il condamne d'une manière trop formelle leur idolâtrie , ont dû , pour maintenir le nombre de dix, faire deux commandements du dixième. Us disent au neuvième commandement : « Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, » et au dixième ; a Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain, etc. » Mais ne semble-t-il pas que Dieu ait voulu rendre leur confusion inévitable en montrant , par le changement même de rédaction que fit ici Motse , combien il y a d'unité dans ce commandement , en sorte qu'il n'est pas possible de le partager sans méconnaître la pensée du Seigneur!
VI § 1007. « Jéhovah votre Dieu est le seul Jéhovahl • 4 Cette belle parole a ceci de remarquable , que le mot
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Dieu y est pluriel comme au premier verset de la Genèse VI (§ 22); puis , c'est après avoir ainsi proclamé TUnité du "" Dieu pluriel (§ 37) que Moïse résume en une seule loi toute la loi des Deux Tables; ce beau sommaire que nous 5 savons tous dès notre enfance : a Tu aimeras TEternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton àme et de toutes tes forces ; » loi suprême qui renferme toutes les autres, loi qui n'est que de stricte justice et que nous avons tous violée , loi que le Saint Esprit seul peut nous rendre capables d'observer en répandant l'amour même de Dieu dans nos cœurs par la foi en Jésus-Christ. Or, il y avait maintenant parmi les auditeurs de Moïse un grand nombre de vrais fils d'Israël qu'éclairait et conduisait la foi d' Abel , d'Enoch , de Noë , d'Abraham , d'Isaac , de Jacob , de Joseph ; ceux-là comprirent et approuvèrent la loi qui leur était proposée en ces termes , car ils aimaient Dieu dans la sincérité de leur àme et dans la plénitude de leurs pensées.
§ 1008. Ces mêmes fidèles comprirent aussi ce que 6 leur disait Jéhovah par la bouche du prophète : a Les commandements que je te prescris aujourd'hui , seront dans ton cœur. » Un enfant de Dieu ne craint point de recevoir des ordres de la part de son Père céleste ; il ne trouve pas qu'il soit dur de lui obéir; par cela même , s'il a des enfants , il se fait un plaisir de leur inculquer les commandements de Dieu et il emploie tous les moyens possibles pour se les rappeler à lui-même. If sait qu'il y 10-3 a un grand salaire dans l'obéissance, et, bien qu'il obéisse par amour, il n'est pas indifférent aux bénédictions, même temporelles , que Dieu se plaît à accorder quelquefois à ceux qui le servent. Je dis quelquefois , parce que j'applique ici le discours de Moïse aux individus; mais, comme il s'adressait à tout un peuple et
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TI encore à un peuple qui devait développer sa vie sociale ' dans des conditions très-particulières, on comprend que les promesses eussent quelque chose de plus absolu. L'Eternel promet donc aux Israélites une prospérité temporelle infaillible si , en corps de nation , ils demeurent fidèles à leur loi. C'est dans ce sens que , par leur obéissance à la constitution dont TEternel les avait privilégiés, ils seraient une nation juste, pour qui la justice serait une source de gloire et de puissance. — En prenant la chose d'une certaine manière, on peut dire sans doute de chaque individu que, s'il accomplissait toute la loi, il serait juste , ce qui n'est le partage de personne ; mais il ne me parait pas que tel soit le sens de la déclaration de Moïse. Je comprendrais mieux qu'on la développât à peu près comme ceci : « Lorsqu'un homme obéit aux commandements de Dieu par la foi, il est doublement juste : d'abord , il est justifié par sa foi comme Abraham , de plus il fait , comme lui , ce qui est juste et droit devant Dieu; en sorte que ses œuvres aussi le justifient, mais dans une autre acception de ce terme , comme nous le verrons plus tard (Jaq. II, 24).
YII § 1009. Dieu qui connaît le triste penchant du cœur humain à l'idolâtrie et qui sait combien le mal se communique aisément d'homme à homme , condamne expressément toute alliance que les Israélites songeraient à contracter avec les Cananéens. A mesure donc que le Seigneur les chassera devant eux (car la conquête du pays ne sera pas l'affaire d'un jour), on devra non-seulement eflfacer toute trace de l'idolâtrie cananéenne, mais encore détruire ces hommes méchants et pervertis. Les tribus cananéennes formaient un peuple puissant; mais les Israélites n'avaient pas à le redouter tant que l'Eternel demeurerait avec eux , et quand ils en se-
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raient devenus les maîtres, ils n'auraient aucune raison V de s'enorgueillir. Il est vrai , dit Moïse , que « lu es un » peuple consacré à l'Eternel ton Dieu ; rEternel ton » Dieu t'a choisi , etc. » Mais « ce n'est point parce que » vous étiez un peuple nombreux qu'il vous a aimés et » choisis... c'est parce que l'Eternel vous aime et qu'il » garde le serment qu'il a fait à vos pères, etc. » Parole remarquable autant qu'extraordinaire ! Pourquoi l'Eternel aime-t-il ses élus et leur fait-il des promesses? Est-ce parce qu'ils ont en eux quelque chose qui leur mérite son amour? Non , c'est simplement parce qu'il lui a plu de les aimer. Et pourquoi leur accorde-l-il tant de grâces? c'est parce qu'il lui a plu de leur faire des promesses. Telle est la libre et souveraine miséricorde de Dieu, source inépuisable de la joie et de la sainte humilité de ses enfants.
§1010. C'est à inculquer cette humilité que Moïse V consacre maintenant son exhortation. Afin de la former dans le cœur des lsra(5lites, l'Eternel les a châtiés comme un homme châtie son enfant. Les humiliations ne leur ont pas manqué dans le désert ; mais voici le véritable moment de l'épreuve. Il faudra voir l'effet que produiront sur leur âme les victoires qu'ils vont remporter. Ah I malheur à toi , Israël , si tu dis dans ton orgueil ; c Ma puissance et la force de mon bras m'ont acquis tous ces biens , » car alors tu seras près de ta ruine. — Malheur aussi à l'enfant de Dieu qui s'attribue l'honneur de ses progrès dans la foi et de ses victoires contre le péché; de lourdes chutes lui apprendront bientôt qu'en suivant le chemin de l'orgueil on marche vers la perdition. — En tète de ces instructions, vous lisez la parole dont notre Seigneur se servit pour repousser une des tentations de Satan (Matth. IV, 4) et qui a toujours
nrésoKOME raÉDiCATioxs de moïse.
m la même puissance contre les suggestions de nos cœurs
"^ charnels, car elle noos rappelle que nous avons une âme à nourrir et à sauver par la Parole de Dieu.
X g 1 0H. Il importait aux Israélites de ne se Caire aucune illusion sur les moCiiis qui déterminaient le Seigneur h leur prêter Tappui de son bras dans la conquête de Canaan. Aussi Blolse leur déclara-441 par trois Gms que ce n'était pas à cause de leur justice ou de leur sainteté, mais à cause de l'impiété et des mauvaises mœurs des Cananéens. La justice d'Israël ! Hélas ce peuple ne s'étaitril pas montré difficile à conduire comme un bœuf qui refuse de se plier au joug? n'avait-il pas mérité que l'Etemel le rejetât? ne devait-il pas sa conservation à la miséricorde du Seigneur et aux prières du Médiateur?
X C'est pourquoi , dit Moïse , prenez garde que les cieox, et les cieux des cicux sont à l'Eternel, la terre aussi et tout ce qui est en elle. 11 est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs , le Fort , le Grand , le Redoutable, qui ne regarde pas l'extérieur des personnes. La circoncision n'est d'aucun prix à ses yeux , si vous ne circoncisez vos cœurs, c'est-à-dire si vous ne vous convertissez , pour craindre l'Eternel , le servir , vous attacher à lui et chercher en lui toute votre gloire ; car
21 tt c'est Lui qui est ta louange , d dit le prophète de l'Eternel.
II § < 0* 2. Que si vous demandez pourquoi l'Etemel doit être aimé et obéi , rappelez- vous les terribles châtiments dont il a frappé l'Egypte et les châtiments non moins remarquables qu'il vous a infligés dans le désert. Ditesvous bien aussi que c'est à cette seule condition que vous pourrez entrer en possession du pays de la promesse et y mener des jours heureux. Encore une fois donc, gravez toutes ces paroles dans vos cœurs , ayez-les con-