GENÈSE NOS ET LES HOMMES DE SON TEMPS
TI terre elle-même se ressentirait, afin d'en conserver le
"" souvenir jusqu'à la fin du monde.
14-21 § 192. Alors Dieu enjoignit à Noë de se construire un immense vaisseau , dans les dimensions qu'il lui indiqua. Cette arche (car la forme en était plos semblable à un coffre qu'à un navire), devait avoir 300 coudées de longueur, c'est-à-dire environ 450 pieds ou 250 pas (la coudée étant généralement évaluée à un pied et six pouces). La largeur était d'environ 80 pieds et la hauteur de 50. Distribuée en trois étages, et chaque étage étant composé de loges ou de cases de diverses grandeurs , l'arche ne ressemblait pas mal à une ruche d'abeilles avec ses rayons les uns sur les autres, sauf que les alvéoles des rayons de miel sont tous d'égales dimensions. Le bâtiment devait avoir des ouvertures en guise de fenêtres; une porte à l'un de ses côtés, et son toit presque plat n'avait pas deux pieds de pente. Voilà où Dieu dit à Noë de se réfugier contre le déluge, lui, sa femme , ses fils et leurs femmes , les animaux qu'il plairait à Dieu de conserver et de la nourriture pour eux tous.
22 § 193. Si Noë avait été faible dans la foi, il aurait eu bien des choses à objecter contre la Parole de Dieu. D'abord aura-t-il du temps et des aides en sufiûsance, pour achever cette prodigieuse construction? Ensuite, quelque vaste que soit l'arche , d'après le plan qui vient de lui être tracé , pourra -t-elle contenir tout ce qui doit y entrer? Et encore , comment Noë s'y prendra-t-il pour faire venir les animaux dans Tarchc et comment les y domptera -t- il? A supposer que tout cela se puisse , est-ce qu'une masse pareille se tiendra , sans chavirer, sur la face des eaux? Plein ou vide , n'importe , il n'y a pas moyen qu'un vaisseau sans quille, sans gou-
LE DÉLUGE. GEiNÉS
vernail et sans voiles^ résiste un seul moment aux VI flots du déluge. Mais enfin ce déluge lui-même est-il ^ bien possible? D'oCi viendra donc toute l'eau capable (le /MMivrir entièrement la terre? — Voilà sans doute des pensées qui ne manquèrent pas de s* élever dans le cœur de Noe ; mais la bouche de FEternel a parlé ; il croit, et il bâtit Tarche selon le commandement de Dieu. Oh ! que ce bon Dieu daigne nous donner une foi obéissante semblable à celle de Noë notre père ; car nous nussi nous avons à bâtir une arcUe pour échapper au jugement à venir?
§ 494. Noë dut mettre un temps considérable à con- ju struire Tarche, Toutefois il est possible qu'elle ait été 1-5 prèle bien avant que le déluge commençât." C'est ainsi qu'il fout nous préparer de bonne heure à la mort et après cela nous tenir prêt. Le moment fatal approchait cependant. Une semaine , sans plus , est encore donnée aux hommes pour se convertir, et l'Ëternel annonce à Noë que, passé ce terme, Je déluge arrivera. 11 Tin-^ vite donc à entrer de suite dans Tarche avec sa famille , et d'y établir les animaux terrestres et les oiseaux qui devaient s'y réfugier avec lui ; savoir des bètes nettes, ou pures, sept couples de chaque espèce et des autres, seulement un couple. La loi de Moïse nous onseignera [51us tard ce qu'on entendait par les animaux pars. C'étaient ceux qu'il était permis de manger et qui servaient aux sacrifices; mais l'ordre que l'Eternel donne ici à Noë prouve que cette distinction existait déjà par l'institution divine. En sorte que non-seulement Dieu avait ordonné
&ENÉSe; LE DÉLCGK.
VU aux premiers hommes d'offrir des sacrifices ^ mais en-
iT^ core il leur avait prescrit quelle espèce de victimes ils devaient immoler. Et remarquez bien que cette distinction ne pouvait avoir alors pour but que les sacrifices , puisque Thomme n'avait pas encore reçu la permission de prendre la chair des animaux pour sa nourriture.
5 § 195. Noe , fermement persuadé que celui qui don-
nait ce commandement était puissant pour fournir aussi les moyens de Taccomplir, ne recula devant aucune difficulté , et il se mit sérieusement à l'œuvre pour faire ce qui lui était prescrit. C'est la seconde fois que la Bible mentionne l'obéissance de Noë. Elle est en effet bien remarquable et d'un bel exemple. Rappelons-nous sans cesse que Dieu ne nous commande rien qu'il ne veuille et ne puisse faire en nous et par nous, a Je puis tout en Christ qui me fortifie , » disait un autre serviteur de Dieu , le saint apôtre Paul.
6-16 § 196. Ce fut l'an 600 de Noë, le dix-septième jour du second mois que le déluge commença. Méthoséla venait de mourir (§176). — Il me parait assez probable que l'on comptait alors les années d'un printemps à un autre. Le premier mois correspondait en partie à notre mois de mars et en partie au mois d'avril ; en sorte que le dix-septième jour du second mois serait tombé sur le commencement de mai de l'an 1 656 du monde , Tannée même où mourut Méthuséla et cinquante ans après la mort de Lémec (§ 176). Je dois avertir cependant que la généralité des interprêtes pensent que Tannée commençait alors à Téquinoxe d'automne, moment où TEternel aurait appelé Adam à l'existence. Dans cette supposition, ce serait au mois d'octobre qu'aurait commencé le déluge ; mais la question au fond est sans importance.
LE DÉLUGE. GENÈSE
§ 1 97. Les fontaines du grand abîme, c* est-à-dire les VII sources de VOcéan , se mirent à fournirde l'eau avec une ^i abondance semblable à celle d'un bassin dont les écluses se rompraient. Par les sources de TOcéan , il faut entendre, ou les fleuves qui Talimenlent, ou les fontaines souterraines qu'il recèle , et peut-être tous les deux à la fois. De plus, il tomba des cieux une pluie abondante comme ce qui sort d'un vase qu'on vide par la bonde. Suivant une autre manière de traduire , on dirait (vers. 1 0) : Les fontaines du grand abime se rompirent et les fenêtres du ciel s'ouvrirent. Pendant quarante jours et quarante nuits , les nuages , sans cesse renouvelés par la puissance de Dieu, fournirent de ces torrents de pluie dont la continuation, durant une heure ou deux , suffit quelque- Ibis pour inonder de vastes territoires.
§ 498. Du reste, la confiance que Noë avait mise en 15, 16 Dieu ne fut pas trompée. Il vit venir à lui les animaux deux à deux , poussés par la main de Celui qui dirige Thirondelle et la cigogne dans leurs migrations. Il les vit tous , même les plus féroces , se ranger sous sa loi , comme jadis ils obéissaient à Adam , avant qu'il eût perdu par le péché sa domination sur les œuvres de Dieu (§63).
§ 499. Après quoi l'Eternel ferma l'arche sur Noë, ce qui assurait le saint patriarche qu'il était là par la volonté du Seigneur, et qu'il serait gardé au milieu de cette affreuse tempête. Quelle ne devait pas être sa reconnaissance et celle de ses fils envers leur miséricordieux Créateur et Sauveur !
§ 200. Il ne faut pas se représenter l'accroissement 17-24
progressif des eaux du déluge comme celui d'un lac dont
le niveau s'élève lentement par la fonte régulière des
neiges. Des torrents , des fleuves , des rivières , des ruis-
;ekés£ le déluge
VII seaux , même les plus petits , qui débordent en fureur : 277^4 un océan qui franchit ses rivages et envahit dans sa colère les continents effrayés; des nues qui, chassées çà et là par le vent , portent et ramènent partout une masse d'eau inépuisable ; voilà Teffrayant spectacle qu'offrait le déluge , et la Bible , dans son langage non moins énergique que «impie , exprime ce fait en disant d'abord : « Les eaux crûrent » ; puis , a les eaux se renforcèrent et s'accrurent fort » ; enfin , « les eaux se renforcèrent prodigieusement sur la terre. ^ Peu de jours suffirent pour que les plaines basses fussent inondées; quelques jours encore, et les hauts plateaux sont dévastés par les vagues de l'océan ; enfin , vient le tour des montagnes, et les plus hautes même se voient dépassées de quinze coudées par les eaux du déluge. Tout périt ; oui , tout être vivant qui a besoin de l'air pour respirer ; tout animal et tout insecte qui ne peut vivre dans l'eau ou dans le sein de la terre ; tout périt , et les hommes , et les animaux.
§ 201 . Cependant, l'arche et ce qu'elle renfermait^ portée au-dessus des eaux , flottait par miracle sur cette mer en tourmente. Que faisais-tu Noë? Quelles étaient les émotions de ton cœur dans la retraite où ton Dieu t'avait mis en sûreté? C'est ce qu'il ne lui a pas plu de nous révéler ; mais ce que nous savons de toi nous autorise à penser que , triste et joyeux tout ensemble , tu occupais tes pensées à méditer sur la sévérité et sur la bonté de TEternel , sur sa sévérité envers les pécheurs impénitents et sur sa bonté envers toi. Eh bien! c'est aussi là ce que nous devons faire après avoir lu le récit effrayant de cette catastrophe inouïe , où le monde entier périt , à l'exception d'une seule famille.
§ 202. Le déluge est un jugement do Dieu et le plus
LE DÉLUGE. r.EKÊSI
terrible dont il ait jamais frappé les hommes ici-bas. viï Après un tel acte de la justice divine , ii n'y a pas moyen ^ J^^ d'ignorer que FEternel ne tient pas le coupable pour innocent, et que si le monde entier pèche et demeure dans le péché, le monde entier doit périr infailliblement, n'importe le nombre de ceux qui méritent la punition. § 203. Remarquons cependant que les hommes détruits par le déluge durent leur perte moins encore à ^ leur vie de péché qu'à leur incrédulité. Dieu daigna les avertir longtemps à l'avance. Noë leur annonça les jugements de Dieu et par ses prédications et par la construction même de l'arche (2 Pier. II, 5) ; mais ils se moquèrent de tout cela ; ils méprisèrent la patience et la bonté de Dieu ; ils ne crurent pas à la parole de l'Eternel, et c'est là finalement ce qui les perdit. Y en eut-il parmi eux qui , après avoir refusé de croire au déluge , crurent au jugement à venir en voyant le déluge arriver, et qui se convertirent? Ce n'est pas impossible , mais la Bible ne le dit pas. Il est vrai qu'elle ne nous dit pas non plus que, si les enfants à la mamelle partagèrent le châtiment temporel que leurs pères avaient mérité ^çt auquel ils ne voulurent pas se soustraire par le repentir, il ne s'ensuit pas qu'ils partageront leur sort au jour du jugement universel.
§ 204. La délivrance de Noë est destinée à nous fournir d'importantes instructions. Son arche est le symbole de TEglise de Christ , église où l'on entre par la foi ; c'est encore , si l'on veut , le symbole de la croix de notre Sauveur, par laquelle nous avons le salut de nos âmes. L'eau du déluge , qui détruisit les impies et qui porta doucement Noë et son arche , est le signe du jour de Christ à sa venue prochaine, jour d'angoisse et de malédiction pour les pécheurs impénitents, jour de 97 ç.
ÎENÈSE LE DÉLUGE.
VII délivrance finale et de joie ineffable pour les croyants. 17^4 ^^^^ n'était moins sûr en apparence que de confier sa vie à cette construction lourde et massive où Noë dut se réfugier, mais c'était là que Dieu avait mis le salut. De même la doctrine de la croix paraît une folie aux incrédules, à ceux dont le dieu de ce siècle a aveuglé les yeux ; mais c'est la puissance de Dieu pour le salut de tout croyant. Croyons donc comme Noë ; avec lui , réfugions-nous vers Christ , l'arche de notre délivrance , et comme lui nous serons sauvés, gardés de Dieu , qui, une fois que nous serons entrés , fermera la porte sur nous , et ce qu'il ferme , personne ne peut l'ouvrir. § 205. Fussions-nous seuls dans notre famille, dans notre village , dans le monde entier ; oui , seuls à nous occuper sérieusement de notre âme et à chercher le Seigneur, encourageons-nous par le souvenir de Noë. A son exemple , invitons du fond du cœur ceux qui nous entourent à se convertir ; mais disons-nous bien finalement qu'il vaudrait mieux être sauvé seul que de périr avec tout le monde. Si l'on se moque de notre prétendue crédulité, de notre folie, hélas! prions pour les moqueurs , pleurons sur leurs péchés ; mais ne laissons pas de bâtir paisiblement et résolument notre arche. Les moqueurs ne se sauveront pas par leurs moqueries, et si nous leur permettons de nous détourner de la bonne voie , nous nous perdrons nous-mêmes , sans aucun profit quelconque pour leurs âmes. Ceux du temps de Noë refusèrent de croire au déluge, peut-être parce qu'il n'était jamais tombé de pluie jusque là (§ 52) ; que de gens aussi qui ne croient pas à la fin du monde , pafce que Dieu conserve maintenant toutes choses avec tant de soin. Mais cette dernière incrédulité sera condamnée par les faits , comme le fut la première.
LE DÉLUGE. GENES
Ximil. lie Déloge. — Suite. ^
|206. On voit par ces quatorze versets, que Noë VIII
sneura dans l'arche une année et dix jours. La terre 1-14
Itoute recouverte d'eau pendant cinq mois. Alors Dieu
Itoutnni de Noë, c'est-à-dire qu'il lui montra qu'il
n'avait point oublié. 11 fit arrêter l'arche au-dessus
I montagnes d'Àrarat en Arménie. L'eau se mit à
retirer ; et environ huit mois et demi après que le
eut commencé , les sommets des montagnes se
WQvrirent. Quarante jours ensuite, Noë lâcha d'abord
corbeau , puis un pigeon pour s'assurer parce moyen
l'état des choses; mais ce fut seulement le premier
If de l'an, c'est-à-dire au bout de dix mois et demi
iwron , que la terre fut sèche, et encore Noë ne sortit-
fc l'arche que un mois et vingt-sept jours plus tard ;
iple remarquable des épreuves prolongées aux-
fclles Dieu soumet la patience de ses enfants.
|207. Le lieu où l'Eternel fit arrêter l'arche était à
près dans les mêmes contrées où il avait placé le
BDûer homme. De toutes manières donc, cette portion
FAsie a été le berceau du genre humain. Et de même
Dieu , à l'époque de la création , avait fait sortir les
du sein de la terre aussitôt que celle-ci eut été
igée de l'eau qui l'enveloppait, la branche d'olivier
Jortée par le pigeon nous montre qu'il fit quelque
Bede tout semblable après le déluge, à moins qu'il
conservé miraculeusement en certains lieux et mal- \
la pression des eaux , les arbres destinés à repeupler
i 11 est enfin , dans le récit que nous venons de lire,
Wt qui rappelle la création du monde , mais d'une
îiNÈSE LE DÉWJGE.
vill autre manière; c'est que Noë lâcha le pigeon de sept W4 i^^^^ ^^ '^^P^ jours. Nous retrouvons id la semaine qu'avait instituée le Créateur dès le commencement, et c'est probablement quand le premier jour luisait de nouveau, que Noë cherchait à savoir si le moment du travail était enfin revenu.
§ 208. Telle est Thistoire du déluge d'après la Bible. Jamais le monde ne vit une catastrophe pareille, et cette catastrophe prêche d'une voix si redoutable le jugement à venir, qu'on ne s'étonne pas de la répugnance que les hommes ont à y croire. Il n'est pas de difficultés qu'on n'ait soulevées contre le récit de Moïse. J'en ai mentionné quelques-unes en passant (§ 193), et je ne doute pas que mes lecteurs n'en trouvent d'eux-mêmes plusieurs autres sans que je les leur suggère. Les savants surtout voient un grand nombre d'impossibilités dans les diverses circonstances de ce cataclysme et dans le fait lui-même tel qu'il nous est raconté. Quelques-uns, jaloux de conserver l'autorité de la Bible , ont tâché de l'interpréter de manière à ôter aux incrédules leurs meilleures armes: puis ils se sont efforcés d'expliquer, par des suppositions plus ou moins plausibles , la manière dont tout cela dut se passer. Or, sans entrer dans des détails que mes lecteurs ne me demandent sûrement pas , voici ce que je me borne à observer : c'est que de quelque manière qu'on explique le déluge et comme qu'on s'y prenne pour réduire la grandeur du miracle, on est toujours contraint d'y voir un miracle , ou une intervention extraordinaire de Dieu. On vous dira , par exemple , que le déluge ne fut pas universel , qu'il atteignit seulement la partie du monde habitée par les hommes , et que la Bible se prête à cette interprétation : mais sans compter qu'on ne saurait dire quelle portion
LE DÉLUGE. GENES
la terre demeurait encore inhabitée à cette époque, et Vlll Pan ne concevrait pas comment TOcéan aurait couvert ^Z^^ ksie sans couvrir l'Europe et TAfrique , ni comment l aurait submergé tous ces continents , sans submerger ksà celui que nous appelons !e Nouveau-Monde , il eût Hu le même déploiement de la puissance de Dieu pour pérer ce déluge partiel que pour effectuer le déluge ■âversel. Dans tous les cas , on est obligé de reconnaître fily a eu miracle. — Et si , pour expliquer le déluge, $1 que peut-être les eaux profondes du vaste Océan rent réchauffées et dilatées au moyen de feux souirrains , de manière à dépasser les montagnes , hautes nous et peu élevées quand on les compare à la iperficie du globe , nous ferons observer que la chose t possible, mais que toujours il a fallu un acte spécial lia volonté et de la puissance de Dieu. 8209. Une seconde observation que je veux faire, «t qu'on a beau entasser les difficultés , on est obligé 'admettre qu'il y a eu un déluge. Notre terre, au dire quelques-uns , en porte encore des traces manifestes ; ' les hautes montagnes présentent des dépôts qui ne ■Braient y avoir été amenés que par l'élévation des iQxde l'Océan. D'autres pensent que le fait du déluge ^ de trop courte durée et trop violent pour laisser B8 vestiges faciles à distinguer d'avec les bouleversements antériears , sans compter qu'ils ont pu en partie ^ effacés par l'action du temps. Mais ce qui , à mon ^is, est décisif, c'est le témoignage unanime du genre tanain. Tous les peuples ont une histoire du déluge , *loire qui varie dans les détails , mais qui est la même le fond : l'eau couvrant subitement toute la terre, genre humain détruit , une famille merveilleusement ■•ûservée. Or, s'il y a eu un déluge et que tous dcs-
ÎENÈSE LE DÉLUGE.
VI II cendent de l'homme qui fut sauvé de ses eaux, il est 1-14 tï'ès-naturel que le souvenir d'une pareille catastrophe se soit conservé partout , bien qu'en s'altérant à la longue. Mais, s'il n'y avait pas eu de déluge, on ne conce- 41 vrait pas comment une idée si extraordinaire se serait accréditée sur tout le globe ; bien plus , comment elle y serait née ! Quant à nous , plus nous ferons l'étude de la Bible , plus nous acquerrons la conviction que ce livre €ï5t le Livre de Dieu. En conséquence, lorsi même qu'on nous ferait des objections auxquelles nous ne saurions que répondre, nous dirons toujours : Et pourtant il y a eu un déluge. C'est par la puissance de Dieu qu'il s'est fait, et par l'infinie grandeur de cette puissance que s'expliquent les circonstances les plus étonnantes de cet épouvantable bouleversement, comme ce qu'il peut avoir en apparence de plus simple. Tout y porte le cachet de Celui qui, par sa Parole, a créé les cieux et la terre. Celleci s'est vue deux fois , à notre connaissance , couverte par les eaux, d'abord à la création, puis au déluge. Chaque fois ce fut un pur effet de la volonté et de la puissance du Seigneur, qui , cha^e fois aussi , la dépouillant de son linceuil , lui rendit l'existence et la beauté. § 210. Ce n'est pas seulement sa puissance que Dieu a manifestée dans la grande scène du déluge , nous y avons une proclamation la plus éclatante qu'il fût possible de sa justice souveraine ; je reviens sur celte idée importante. Envoyé pour renouveler la face du monde qu'une impiété universelle déshonorait , le déluge a servi entre les mains de Dieu , bien moins à châtier les hommes de ce temps-là , qu'à donner un sérieux et solennel avertissement à ceux de tous les temps. Lors même qu'il n'y aurait pas eu de déluge, les contemporains de Noë seraient morts , chacun à son tour, et ils ne 4 02
LE DÉLUGE. GENES
avaient pas plus échapper au jugement à venir qu'ils VIU îéchappèrent à celui-là ; mais nous devions apprendre ^I^^ |& celte catastrophe immense qu'on ne s© moque pas kDieu impunément , et que, pour le redire, le monde Wier se mit-il en révolte contre TEternel , le monde Kier ne saurait être plus fort que son Créateur et son
^ S2J1 . Mais Dieu ne se montre jamais à moitié ; il es^ iJMirs tout entier tout ce qu'il est. A côté de sa justice Jorle même trône siège sa miséricorde ou sa grâce. Mien est la preuve, No(5 le père d'une nombreuse posnié, Noë en qui tout un peuple d'élus et de rachetés ^élé, pour ainsi dire , sauvés de la destruction. Oui , M nous-mêmes que Dieu a préservés du déluge en ^rvanl le saint patriarche; nous qu'il appelle à son •fïwne et à sa gloire en Jésus-Christ.
IJÎ12. Ce Jésus aussi, quant à son humanité, est Pwndu de Noë comme nous. L'Eternel avait promis à «m un libérateur, postérité de la femme. Ce libérahf n'ayant point encore été donné, l'Eternel garantit •îde l'impiété générale, il le convertit à lui, il le retira *eaux du déluge, il continua par lui la famille hu- •ine, et par lui dut s'accomplir plus tard la promesse N02, 4 03); car Dieu est fidèle. C'est avec la même ffité qu'il donna à Noë tout ce qu'il lui avait promis ttivement à sa délivrance , et qu'il le mit en état de ecequi lui était commandé. Ainsi la puissance infinie Dieu , sa justice souveraine , sa miséricorde et sa ité , voilà ce que nous prêche avec une grande force î l'histoire du déluge.