NOE ET SA POSTÉRITÉ, JUSQU'A ABRAHAM. GENES
celui des trois fils de Noë, de qui, nous dit le verset 19, IX le genre humain tout entier est descendu. Malgré les j^g différences qui existent entre les diverses races dont se compose l'humanité, il est incontestable que Thomme est partout le même être au physique et au moral, en sorte que toutes ces différences sont accidentelles. Effets du climat, de la nourriture, des coutumes, de la dégradation , elles peuvent s'être établies d'assez bonne heure, car c'est dans sa jeunesse que le genre humain a dû se modifier le plus aisément.
§ 227. Au sortir de l'arche, Noë eut plutôt à cultiver 20 la terre qu'à soigner des troupeaux. 11 lui vint l'idée de planter de la vigne, idée qu'on serait tenté d'appeler malheureuse, quand on voit l'abus que l'homme fait partout des liqueurs enivrantes et le désordre que le vin introduisit de si bonne heure dans la famille du patriarche. Jusqu'alors, la vigne avait crû à l'état sauvage, comme on la voit, par exemple, sur les côtes occidentales de l'Amérique du Nord. Mais dès qu'elle fut cultivée, les produits en furent et plus considérables et meilleurs. Du fruit de la vigne, si savoureux et si sain, Noë exprima un jus doux et flatteur au palais, mais qui, lorsqu'il a fermenté, trouble la raison de l'homme. Non pas le premier jour sans doute, mais une fois entr'autres le vieillard s'oublia jusqu'à boire avec excès. 11 s'enivra et ne sachant plus se conduire, il se coucha au milieu de sa tente sans s'être enveloppé dans ses vêtements.
§ 228. Le péché de Noë /ut un péché de friandise, ou de gourmandise, plus encore que d'ivrognerie ; mais ce n'est pas avec l'intention de pallier la laideur de sa faute que je dis cela. Il n'est 'pas, en effet, de vice plus ignobl&quela friandise. Se laisser, comme on dit,
ENÈSE NOfi ET SA POSTÉRITÉ, JUSQU'À ABRAHAM.
IX {gouverner par sa bouche î On île saurait croire ^ combien de péchés et môme de crimes ce défaut peï conduire. On voit des enfants voler leurs parents pou le satisfaire, des domestiques commettre une foule d'iD fidélités, et il n'est pas de passion peut-être qui pous8 autant de jeunes filles dans le désordre et Tinfamifi Quant à Nœ, vous voyez qu'il se satisfit jusqu'à l'ivresse c'est-à-dire qu'il se mit dans l'état le plus avilissan qu'on puisse imaginer.
2-2 § 229. Il n'est permis dans aucun cas d'appeler b^i ce qui est mal ; non, pas même lorsque ce sont nosp» rents qui font ce mal. Mais autre chose est de haïr) péché , et autre chose de mépriser le pécheur. Celui-< doit plutôt nous inspirer de la commisération , et s'il ê trouve que ce soit un de nos supérieurs, il ne nou$ e|| jamais loisible de lui manquer de respect. Ce fut là I péché , ou dirai-je le crime de Cam , le plus jeune à» fils de Noe (vers. 24). Le Saint-Esprit, nous donnant ij un bel exemple de charité, se sert des expressions le plus radoucies au sujet de ce mauvais fils ; mais il ej aisé de comprendre que ce fut en se moquant de que Cam alla raconter à son frère ce qu'il avait vu. bien, nous devrons dire que son tort consista dans; seul fait d'avoir parlé, et effectivement, cela même était interdit , car c'était de la médisance et encore vers un père !
§ 230. Combien fut différente la conduite de Sem de Japhet ! Au lieu de divulguer les péchés, la cbari les couvre autant qu'elle le peut. Certainement Sem Japhet éprouvèrent de la honte à cause de leurpôr mais quel respect et quel amour ne lui témoignèrentpas! Bel exemple à suivre, lorsque nous voyons qu^^ - (lu'un de nos frères tomber dans le péché ! Grande leç*