‹ Études élémentaires et progressives de la parole de DieuChapitre 55 sur 229 · ENÈSE NOE ET SA POSTÉRITÉ , JUSQU'A ABRAHAM · texte numérisé non relu

ENÈSE NOE ET SA POSTÉRITÉ , JUSQU'A ABRAHAM

IX ou, selon une autre traduction, s'étendra de manière à

25^7 ^sibiter dans le même pays que Sem. Telle est la prophétie ; en voici l'accomplissement.

§ 234. On apprend des chapitres X et XI , que l'Afrique fut principalement peuplée par les fils de Cam, l'Asie par ceux de Sem, et l'Europe par ceux de Japbet. On y voit de plus qu'Abraham et le peuple juif descendirent de Sem. Or l'histoire nous montre en général l'Afrique fournissant des esclaves aux Asiatiques et aux Européens; et en particulier, les Cananéens domptés par les Israélites. Mais ce qu'il y a de plus frappant, c'est qu'en effet la connaissance du vrai Dieu s'est conservée dans la famille d'Abraham alors qu'elle s'était effacée partout ; et enfin, que les Européens, appelés à Dieu par la douce parole de l'Evangile, sont maintenant son peuple, à l'exclusion des Juifs; ou, pour suivre l'autre traduction , que les Européens ont porté leurs établissements dans presque toute l'Asie. Comme la prophétie de Noë est en termes fort généraux, l'explication ne peut non plus s'en donner que d'une manière générale. C'est-à-dire qu'il serait.aisé de faire contre ce commentaire des objections de détail très-fondées ; mais ces objections ne détruiraient pas la vérité générale du commentaire. — Ainsi donc, on ne peut douter que l'ensemble des destinées religieuses du genre humain ne soit l'objet de cette admirable prophétie, dont une partie seulement (les privilèges de Sem) était accomplie aux jours de Moïse ; dont une autre partie (la malédiction de Canaan) ne devait s'effectuer qu'après sa mort, et dont l'essentiel (la vocation de Japhet) se réalisa seulement 1500 ans environ après Moïse, et 2400 après Noë. Quel beau témoignage que le livre dont nous faisons l'élude est bien réellement la Parole de Dieu !

NOK ET SA POSTÉRITÉ, JUSQITA ABRAHAM. GENÊ5

. On ne peut savoir au juste en quelle année IX tout cela eut lieu ; mais ce devait être assez longtemps 25I27 après le déluge, puisqu^il est question de Canaan dans «récit, et qu'il fut le quatrième fils de Cam (chap. X, .^.6). — Quant à Noë, il vécu 950 ans, savoir 600 jiBs jusqu'au déluge et 350 ans après./ll mourut donc rM2006 de la création du monde, une année avant la Wasance d'Abraham. 11 avait vécu 600 ans en môme ips que Méthuséla, et celui-ci avait vécu 243 ans en toe temps qu'Adam, comme je l'ai dit ailleurs (§ 1 75).

Le chapitre X , qui est celui où nous sommes X avenus , renferme le nom des premiers descendants , et , selon toute apparence , de quelques-uns ïentre eux seulement; car il est possible que Moïse Wt dû mentionner que ceux qui avaient donné leur ^ aux peuplades et aux tribus qui , vivant près de î) devaient jouer plus tard quelque rôle dans l'histoire 'peuple de Dieu.

S 237. Nous avons d'abord les fils et petits-fils de ■phet, parce qu'il était l'alné, comme on le voit au •^ 21 . Parmi eux , sont Javan , Elisa , noms que la We donne plus tard à la Macédoine et à la Grèce, ceux de Cam , se trouvent les noms de Cus ■ûkiopie), et de Mitzraïm (l'Egypte). Enfin, parmi q ixde Sera , sont Assur, l'Assyrie; Aram, la Syrie, fiam, la Perse. Je me borne à relever ces noms parce l'ilea est fait une mention fréquente dans les Saints '^, et que cela suffit pour montrer qu'en effet l'Eu- Itefat peuplée par la postérité de Japhet, l'Afrique f celle de Cam , et l'Asie par celle de Sem. 8238. La postérité de Cam eut, hélas! beaucoup ^rapports avec celle de Caïn. Nemrod joue ici à peu q •* le môme rôle que Lémec , le mari d'Hada et de

nNÈSE NOE et sa postérité. JUSQUA ABRAHAM.

X Tsilla (§ 463). Ce fut lui, de plus, qui jeta les fonde- ^Q~~ji ments de plusieurs villes , dont deux entre autres furent plus tard fort célèbres , Babel ou Babylone et Ninive. Chasseur et guerrier, actif pour les choses de ce monde et probablement fort despote , tel (ut Nemrod , arrière petit-fils de Noe.

i4, 25 § 239. Parmi les descendants de Sem, il en est deux à remarquer, Heber, arrière petit-fils de Sem, qui donna le nom d'Hébreux au peyple particulier dont l'histoire fera le principal sujet de ces études ; et Péleg, fils d'Heber, du vivant duquel les familles issues de Noë se séparèrent les unes des autres, pour se répandre sur la face de la terre. Les neuf premiers versets du chapitre XI nous racontent comment eut lieu cette dispersion. Xî § 240. Durant les premiers temps du monde, et en- 1-9 core après le déluge, les hommes issus du même père, parlaient tous le même langage. Mais , du vivant de Péleg, c'est-à-dire entre l'an 200 après le déluge et Pan 300, ils commencèrent à se détourner de Dieu, à s'enfler d'orgueil, à ne penser qu'aux chosesdela terre. Eprouvant le besoin de se tenir près les uns des autres et résistant à Dieu qui les voulait répandre sur la face du globe, ils se mirent à bâtir une tour et une ville qui leur servit comme de point de ralliement contre l'Eternel. Peut-être même qu'en faisant le projet de bâtir une tour plus haute que les montagnes, ils songeaient à se procurer une retraite contre un nouveau déluge. 11 est vrai que Dieu avait promis de n'en plus envoyer ; mais c'est le propre et le malheur, comme le crime de Tincrédulité, d'oublier les promesses de Dieu, ainsi qu'on voit parmi nous les mondains rejeter la promesse de la vie éternelle qui est en Jésus- Christ. Or. la conscience ne perd jamais compléten>ent ses droits ;

NOE ET Sa POSTÉRITÉ, JUSQU'A iBRAHAM. GENl

quand on méprise les promesses de Dieu , il ne reste ^ plus que la frayeur de ses jugements. i t

§ 244 . Pour châtier ces méchants et pour accomplir en même temps ses desseins à Tégard de la terre, qu'il voulait partout habitée, Dieu confondit leur langage, c'est-à-dire que les hommes se mirent à parler plusieurs langues très-difiFérentes. Alors, ceux qui avaient le même idiome^ durent se réunir à part. C'étaient probablement les membres d'une même famille, et ce fut ainsi qu'ils se séparèrent les uns des autres.

§ 242. Cette merveille de la puissance de Dieu n'a rien en soi d'incroyable. Car celui qui a doué l'homme de la parole, a pu sans doute faire parler aux hommes la langue qu'il a voulu. Ensuite, il n'y a pas de miracle plus attesté que celui-ci. 11 est de fait que les hommes ne parlent pas tous le même langage, quoiqu'il ne fassent qu'une seule famille. Parmi ces langages, il en est qui ont pu se former par un progrèsou une détérioration insensible ; mais il en est qui n'ont entr'eux d'autres rapports , sinon que ce sont tous des langages humains. C'est ce qu'on appelle les langues mères, et bien certainement elles n'ont pu naître elles-mêmes que par la puissance de Dieu. 11 y eut donc ici une catastrophe, comme il y en eut une pour la submersion des hautes montagnes. — Peut-être un jour viendra ou le Seigneur rendra aux hommes un langage qui puisse être compris de tous. En attendant, admirons combien le Seigneur est juste et sage dans toutes ses voies. Que l'histoire de la tour de Babel (mot qui veut dire confusion) nous montre, comme l'a fait celle du déluge, que nul ne peut s'opposer au Seigneur et s'en bien trouver. Les hommes ont beau se liguer contre lui, il sera toujours le plus fort.

§ 243. Quant aux expressions dont se sert ici l'his-

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