DESTRUCTION DE SODOME. GENES
remarquerez, enfin , comment ces hommes abominables, liX irrités de la résistance de Lot, se jettent sur lui, le me- jlJi^j nacent de lui faire un parti pire encore.
§ 335. Quand les choses en furent à ce point extrême, le Seigneur fit voir à Lot, sans grande peine, qu'il est puissant pour délivrer et qu'il n'a pas besoin que nous le secondions par nos inventions quelquefois bien coupables. Ses anges, prenant Lot par la main, les retirèrent dans la maison, dont ils tinrent la porte de manière à ce que nul ne pût l'ouvrit ; puis ils répandirent sur les hommes de Sodome un esprit d'aveuglement et de trouble qui les dérouta complètement. C'est ainsi que, bien souvent, rEtemel dissipe les conseils des méchants et qu'il délivre son peuple.
§ 336. Alors, sans doute, Lot comprit que ces deux 1^-16 hommes étaient des envoyés de l'Eternel , et tout cela dut le préparer merveilleusement à recevoir leur message. Aussi n'hésita-t-il pas à les croire. Mais il n'en fut pas de même de ses futurs gendres. Ceux-ci , pleins d'impiété dans le cœur, tournèrent en ridicule ce qui leur fut dit de la part du Seigneur, précisément de la même manière que les moqueurs au temps du déluge. Lot , luimême, ébranlé peut-être par les propos de ses gendres, montra quelque hésitation lorsque le moment de partir fut arrivé. Mais Dieu est si bon que les anges le prirent par la main et l'entraînèrent ; avec lui , sa femme et ses deux filles.
§ 337. Il fallait maintenant, pour obtenir vie sauve, 17-55 qu'ils atteignissent promptement la montagne voisine ; mais Lot, craignant de ne pas en avoir le temps, supplia le Seigneur de préserver, pour l'amour de lui, la petite ville de Tsohar qui était dans la plaine, et cette demande lui fut accordée. Il s'agissait, en effet , de se hâter, car
ENËSK DESTRUCTION D£ SODOME.
XIX Lot était sorti de Sodome à Taube du joar, et au leverdu
17~~25 ^^^^^} comme il entrait à Tsohar, il plat des cieax du soufTre et du feu, et tout ce territoire avec ses habitants, subit une destruction bien plus épouvantable que celle du déluge. La Mer Morte couvre maintenant une vallée autrefois si magnifi(}ue, et la contrée environnante semble avoir essuyé , hier seulement, ce, terrible jugement de Dieu.
S6 § 338. Les habitants de Sodome et de Gomorrhe ne furent pas les seuls qui périrent. La femme même de Lot, par un regret coupable pour un monde que Dieu avait maudit, voulut, à 0.0 qu'il parait, retourner en arrière; mais elle fut enveloppée par la catastrophe, et son corps devint semblable à une statue, ou plutôt à une colonne de sel ; c'est-à-dire qu'il fut comme cristallisé et qu'il resta là pour servir de monument à la justice divine contre ceux qui ne sont pas droits de cœur.
27-29 § 339. Abraham ayant, dès le matin, gravi le sommet de la montagne qui domine la vallée , il eut sous les yeux ce terrible spectacle. Je n'essaierai pas de décrire les sentiments qu'il dut lui inspirer. Pour nous qui le contemplons de loin, nous avons à faire là-dessus de bien sérieuses réflexions. Ce magnifique pays détruit par l'Eternel il y a plus de trente-huit siècles, est une image de notre monde tout entier, que Dieu consumera pareillement par le feu, au jour de la destruction des hommes impies (2 Pier. III, 7); les gendres de Lot représentent cette masse d'incrédules qui se moquent des jugements de Dieu ; Lot, malgré ses torts fort graves, est l'image de ceux que Dieu sauvera de la destruction éternelle. Or, nous voyons clairemept, pap son exemple , que le salut vient de Dieu. Il faut aussi que le Seigneur nous prenne par la main pour nous sortir