LA SOUMISSION MUTUELLE
commençant chaque fois par ceux de la femme, puis des enfants, et enfin des domestiques. Nous avons déjà vu quelque chose de semblable dans l’épître de Pierre; et si vous comparez ses enseignements avec ceux de Paul sur ce sujet, vous les trouverez parfaitement identiques. Il ne faut pas regarder ceci comme une chose toute simple. Quoi qu’on en dise, les hommes diffèrent d’opinion sur la morale encore plus que sur le dogme; et quand on sait combien peu l'Ancien Testament est explicite sur les devoirs particuliers de la famille, tout au moins sur ceux des maris et des femmes, des maîtres et des domestiques, on ne peut douter que Pierre et Paul n’aient été l’un et l’autre sous l’enseignement immédiat du Saint-Esprit.
4389. (5 : 21.) En commençant par cette exhortation fondamentale : « Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Dieu, » le Saint-Esprit ne saurait avoir voulu que les maris se soumettent à leurs femmes comme les femmes à leurs maris, les pères à leurs enfants comme les enfants à leurs pères, et ainsi des maîtres et des domestiques; car ce serait détruire toute subordination, tout ordre et tout bien. Cela signifie, au contraire, que sans discipline la famille n’est pas plus possible que l’armée. « Soumettez-vous les uns aux autres, » c’est dire aux inférieurs de reconnaître l’autorité de leurs supérieurs ; et, bien que cela semble tout naturel, l’expérience prouve de reste que cette exhortation du Seigneur n’est pas superflue. Mais elle peut signifier en outre que, si l’inférieur doit obéir à son supérieur dans la hiérarchie de la famille, celui-ci doit à son tour subordonner fréquemment ses goûts, ses convenances et ses plans au plus grand bien de ses inférieurs. C’est ainsi que le mari, demeurant le chef de la maison, pourra se soumettre à sa femme en plusieurs choses, par condescendance et par bons procédés ; les parents à leurs enfants, par dévouement; les maîtres à leurs domestiques, par humanité et par bienveillance. Le plus grand obstacle au bonheur domestique est esprit de démination, une des formes de l’égoïsme, ou plutôt légoïsme luimême. C’est l’envie de dominer qui empêche femmes, enfants et domestiques d’obéir à leurs supérieurs, et c’est le besoin de dominer qui empêche maris, pères et maîtres, de renoncer à leur volonté propre lorsqu'il le faudrait. Il importe donc que tous se soumettent à tous, dans la charité, ainsi que je viens de le dire. Remarquez cependant les limites que pose le Saint-Esprit à cette soumission mutuelle. «Dans la crainte de Dieu, » dit-il; ce qui signifie que l’inférieur doit obéir par obéissance à Dieu, et qu’il ne saurait écouter des or-