‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 169 sur 286 · LE DEVOIR DES FEMMES ET DES MARIS · texte numérisé non relu

LE DEVOIR DES FEMMES ET DES MARIS

(Éphésiens 5 : 22-24; 25-33.) dres contraires à sa volonté sainte; tout comme le supérieur ne saurait, par complaisance ou par dévouement, céder aux désirs de ses subordonnés, lorsque ces désirs sont en opposition avec la loi de Dieu.

4390. (22-24.) Sans reproduire les explications que j'ai données sur le passage parallèle cohtenu dans la première épitre de Pierre [4274], je m’arrêterai seulement à ce qui caractérise en cet endroit l’enseignement du Saint-Esprit. Là, nous lisions : « Femmes, soyez soumises à vos maris » ; ici : « Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur. » C'est-à-dire que Pierre se borne à poser le devoir, tandis que Paul nous en fait connaître la nature. La soumission d’une fenime envers son mari sera donc, non pas égale, mais semblable à celle qu’elle rend au Seigneur : une soumission sainte, volontaire et affectueuse ou cordiale, et en voici la raison : «Le mari est la tête de la femme, » comme l’Apôtre l’avait écrit précédemment (1 Cor. 41 : 3). On peut dire chef au lieu de tête, car le mot grec a cette double signification; mais il faut toujours se souvenir quel est le sens primitif du mot chef, et qu'il exprime plutôt une idée de supériorité qu’une idée de domination. La tête n’est pas destinée à écraser le corps, mais à l’ennoblir et à le diriger, par conséquent à le protéger. Ainsi en est-il du Christ vis-à-vis de son assemblée, et c’est pour cela que lApôtre nous donne la soumission de l'Eglise à Jésus-Christ comme le modèle de la soumission que les femmes doivent, «en toute chose, » à leurs maris. On serait tenté de croire qu’il pousse trop loin sa comparaison; car si les fidèles peuvent, sans crainte de s’égarer, suivre Jésus quelque part qu’il aille, en sera-t-il de même d’une femme, relativement à son mari? Trois réflexions suffisent pour lever cette difficulté : la première, c’est la réserve, constamment sous-entendue, qu'il faut obéir à Dieu et non aux hommes quand ceux-ci prétendent nous imposer des volontés contraires à celles de Dieu; la seconde, que le Saint-Esprit suppose des maris vraiment chrétiens et incapables par conséquent d’exiger sciemment de leurs femmes des actes condamnables ; la troisième, qu’en disant aux femmes : « Soyez soumises à vos méris comme au Seigneur, » c’est partir de l’idée qu’elles sont soumises avant tout au Seigneur, et c’est leur rappeler qu’elles lui doivent, avant tout aussi, leur obéissance et leur affection.

4391. (25-33.) Nous avons vu dans l’épiître de Pierre les égards particuliers que le mari doit à sa femme. Paul nous en indique la vraie source : ce n’est pas le savoir-vivre seulement, ou le simple respect pour soi-même, ou d’autres calculs d’égoïsme : c’est l'amour, Non

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Pamour comme on l'entend dans le monde; non cette passion qui s’éteint plus vite encore qu’elle ne s'allume, mais un amour semblable à celui de Christ pour ses rachetés. Ainsi, aimer sa femme malgré ses défauts, l’aimer jusqu’à la fin (Prov. 5 : 18 ; Jean 13 : 1), l’aimer saintement, la soutenir dans la bonne voie, lui montrer qu’on aime mieux en elle la beauté morale que les charmes de la figure; après cela, prendre de sa personne, de sa santé, de son bien-être les mêmes soins qu’on prendrait de soi; enfin, se sentir prêt à donner sa vie pour elle s’il le faut : tel est le devoir de l’amour conjugal chez le mari. Tout ceci repose sur deux grands faits : le premier, que le mari est le chef de la femme, comme Jésus-Christ est le chef de l'Eglise; le second, que le mari doit voir en sa femme un second lui-même. L’Apôtre rapporte à cette occasion ce qui est écrit dans la Genèse au sujet du premier mariage (Gen. 2 : 24), et c’est ainsi que l'Evangile est, à tous égards, la réhabilitation de l’homme déchu. 8i PEsprit de Christ habitait dans tous les cœurs, le mariage serait, pour chacun, une union sainte, sérieuse, fortunée en tout, à la gloire de Dieu; il ne serait pas difficile à chaque homme d’aimer sa femme, ni à la femme de craindre ou de respecter son mari : c’est en ces termes que Paul termine ce qu’il avait à dire sur ce point important.

4392. Important à plus d’un titre, et le ton solennel dont notre apôtre le traite, contraste d’une manière bien instructive avec la légèreté que le monde y apporte en ses discours. D’un autre côté, j'ai peine à comprendre comment les catholiques-romains ont pu fonder sur cet endroit de l’Ecriture leur doctrine relative au mariage. A les entendre, ce serait un sacrement comme le baptême et comme la Cène, et ils citent essentiellement ces mots du verset 32 : « Ce mystère-là est grand. » Mais qu’on achève la ligne, et l’on verra que le Saint-Esprit donne ici pour un mystère, non pas l’union du mari et de la femme, mais l’union de Christ et de son assemblée. C’est l’idée fondamentale de l’épitre, vous vous en souvenez. Or, l'intimité des relations du Seigneur avec son peuple étant comparée, dans les deux Testaments, à l’union de l’époux avec lépouse [2768], il était naturel que l’Apôtre saisit l’occasion qui s’offrait à lui, de ramener l'attention de ses lecteurs sur «le mystère du Christ» (3: 4). Voici donc ce qu'il leur dit en passant, et de telles paroles sont comme des diamants qui éclatent au milieu d’un écrin splendide : Jésus-Christ a aimé son Eglise avant même qu’elle existât, car 1l s’est livré à la mort pour elle et c'est de sa croix qu’elle est née. C’est encore lui qui, après

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