DEVOIRS DES MARIS ET DES ENFANTS
(Colossiens 3 : 19; 20.)
4467. (19.) La Parole de Dieu ne dit pas aux femmes d’aimer leurs maris; Car, qui aimeront-elles, si elles ne les aiment pas? Pourquoi donc le dire au mari? Un mari chrétien pourrait-il bien ne pas aimer sa femme ? Non; mais Pautorité dans la famille étant surtout entre ses mains, si cette autorité n’est pas réglée et tempérée par une grande et sainte affection, elle se tourne aisément en tyrannie. Supposez un mari chrétien ayant une femme qui ne l’aime pas (et c’est dire qu’elle n’est pas dans la foi), mais qui néanmoins lui est soumise : l’ordre et la bonne harmonie peuvent régner dans la maison, la grâce et la paix de Dieu y habiter et y porter à la longue leurs fruits. Supposez, au contraire, un mari qui n'aime pas sa femme, c’est-à-dire qui n’est pas dans la foi, et auquel pourtant sa femme demeure entièrement soumise : l’ordre qui régnera sera celui du despotisme, le bonheur sera banni de la famille, et qui dira la faible action que les principes de la piété pourront y exercer? En faisant même une troisième supposition, la plus favorable de toutes, celle d’un mari et d’une femme lun et l’autre fidèles à Jésus-Christ, il se présente mille occasions où, comme dit l’Apôtre, le mari peut facilement se laisser aller à de Paigreur s’il n’est pas animé d’une affection croissante pour sa compagne. Par cette affection, du reste, nous entendons toujours, non cet amour passionné qui ne saurait durer longtemps et encore moins s’accroître ; mais une affection vraiment chrétienne, pure, sainte et dépouillée d’égoïsme, le plus, hélas! qu’il est possible au pauvre cœur humain. Représentez-vous un mariage où les deux époux rempliraient leurs devoirs tels que Dieu les prescrit dans sa Parole : là, soumission ; ici, amour fidèle ; n’est-il pas vrai que le Seigneur y serait grandement glorifié et que de précieuses grâces reposeraient sur la famille entière? Mais comme tout cela confirme ce que j'ai dit plus d’une fois à mes lecteurs au sujet des mariages mal assortis ! Ah! qu’ils sont peu sur la voie du bonheur, ceux qui, en se mariant, n’ont pas à mettre en commun une même fo, une même espérance et un même amour pour le Seigneur !
4468. (20.) En me référant à ce que j’ai dit sur Ephésiens 6 : 1-3, j'ajouterai seulement que la considération principale qui doit déterminer les enfants à l’obéissance est celle que nous lisons ici. Le Seigneur leur ordonne d’obéir à leurs parents, et il déclare que « cela lui est agréable. » Tout acte de désobéissance de leur part est donc un péché; tandis que, par leur obéissance, ils glorifient Dieu. Quelquefois un enfant se demande ce qu’il peut faire à son âge pour la
DEVOIRS DES ENFANTS, DES PARENTS ET DES ESCLAVES. 357 (Colossiens 3 : 21; 22-95.)
gloire du Sauveur : il le sait maintenant. Mais c’est « à tous égards » qu’il doit obéir, remarquez-le bien; non pas seulement dans ce qui lui est agréable et dans ce qui est le plus facile, non pas de temps en temps et à moitié. Pour mieux dire, l’obéissance est une disposition du cœur, bien plus que le simple accomplissement de certains ordres : ce n’est pas parce qu’on obéit qu’on est obéissant, mais c’est parce qu’on est obéissant qu’on obéit.
4469. (21.) En s’appuyant sur ce passage-ci et sur le passage parallèle de l’épitre aux Ephésiens (6 : 4), plusieurs ont cru qu’il est interdit d’infliger aux enfants des châtiments corporels et en général d’user de rigueur dans l’éducation. Cependant, il est dit, au livre des Proverbes : «N’épargne pas la correction au jeurie enfant. Si tu le frappes de la verge, il ne mourra pas. En le frappant de la verge, tu sauves son âme du séjour des morts » (Prov. 23 : 43, 14); et ailleurs : «Epargner la verge, c’est haïr son enfant; mais c’est l’aimer que de veiller à sa correction » (Prov. 13 : 24). Ces directions de la sagesse éternelle se concilient parfaitement. Jusqu'à ce qu’un enfant ait appris l’obéissance, qui est l'affaire du cœur, comme je viens de le dire, il faut agir avec lui par la contrainte; et, aussi longtemps qu’il est incapable de sentir le mal moral de ses fautes, il faut le lui faire sentir par des châtiments corporels. C’est dire que les injonctions de Salomon s'appliquent à l’éducation des « jeunes enfants; » tandis que celles de Paul s'appliquent à l’enfant déjà quelque peu développé. Si lon ne dirige pas d’une main ferme le petit enfant, on se verra dans la nécessité d'employer avec lui les voies de rigueur à l’âge où elles ne peuvent qu’être funestes. Pour n’avoir pas écouté le Saint-Esprit parlant par Salomon, on se met dans l’impossibilité d’obéir à ce qu’il nous dit par Paul. Trop d’indulgence envers le petit enfant le gâte et laisse un libre champ au développement du mal dans son âme ; trop de sévérité envers l’enfant qui commence à réfléchir peut le porter au découragement, dit notre épitre. Or, un enfant qui se décourage n’écoute plus ni leçons, ni réprimandes; il devient même insensible aux petites faveurs qu’on voudrait lui faire de temps en temps.
4470. (22-25.) Les esclaves, comme les enfants, doivent obéir à tous égards à leurs maîtres. Obéir; c’est-à-dire, non pas seulement céder à la nécessité et aux menaces, mais soumettre et plier réellement leur volonté. « À tous égards, » est-il écrit, et non pas sur quelques points seulement , la Parole de Dieu supposant ici des maitres chrétiens et par conséquent incapables d’ordonner l’immoralité.