A54 LES CONVOITISES DU MONDE
(H Jean 2: 18-23.)
linimitié pour Dieu » (Jacq. 4: 4). Or l’apôtre va nous dire comment et en quoi la créature nous sépare du Créateur, Tout ce qui est dans le monde excite et nourrit nos mauvais désirs, non par l’effet de l’institution divine, mais à cause du péché qui est en nous. Depuis la chute, les relations de l’homme avec les choses ont été changées et tout est devenu pour lui l’occasion de nouvelles chutes, même les Jouissances les plus innocentes, les biens les plus simples, les prétentions les plus naturelles. La chair a ses convoitises ; ce sont les plus grossières et les plus dégradantes : gourmandise, ivrognerie, impus dicité, nonchalance, amour de ses aises et de tout ce qui flatte les sens. Les veux ont leurs convoitisés : non-seulement celles dont le Seigneur parle dans son sermon de la montagne et qui se rattachent aux convoitises de la chair (Matth. 5 : 28), mais le désir de posséder ce qu’on voit, d’accroitre ses biens terrestres; l’amour de l’argent, en un mot, convollise non moins vile et non moins démoralisante que les autres. « L’orgueil de la vie, » dit enfin l’apôtre, genre de convois tise plus noble, mais tout aussi funeste. Depuis le philosophe qui prétend sonder toutes choses par les seules lumières de la raison, jusqu’à l'artisan qui s’estime le plus habile entre ses compagnons; depuis Pécrivain que soutient, dans ses laborieux travaux, Pespérance de voir son nom passer à la postérité, jusqu'au diseur de bons mots qui se plaît à l’idée qu’on va répétant ses tristes plaisanteries; depuis le conquérant qui répand le sang à grands flots pour la gloire de son trône, jusqu’à la jeune fille tout heureuse des regards qu’un ruban attire sur elle; que de formes l’orgueil ne prend-il pas? et n’est-il pas vrai qu'il seinble à lui seul remplir toute la vie? Or, ni la convoitise de la chair, ni celle des yeux, ni l’orgueil de la vie ne viennent de Dieu , quand même il est des hommes qui sont assez insensés pour affirmer le contraire. Tout cela est du monde ; de ce monde, dis-je, qui, sous la malédiction divine, marche à la rencontre du feu prêt à le consumer (2 Pierre 3 : 10). Dieu et le monde : rien de plus opposé, Aimer l’un, c’est haïr l’autre. Si donc nous voulons vivre éternelle: ment, ne nous attachons pas à ce qui doit périr : ce serait vouloir périr avec lui. «Crucifions plutôt ia chair avec ses passions et avec ses désirs » (Gal. 5 : 24). En faisant ainsi, nous pratiquerons la volonté de Dieu, et nous avons vu tout à l'heure qu’obéir c’est aimer.
4652. (18-23.) Si l’on considère l’âge avancé de l’apôtre et sa longue expérience de la vie chrétienne, on comprend qu’il pût donner à tous ses lecteurs le nom de « petits enfants; » mais c'était aussi, dans sa
LES ANTICHRISTS. 455 (E Jean 2 : 18-23;)
bouche, un terme d’affection. Cette expression caressante lui vient au moment où il doit rappeler des faits très affligeants, dont les fidèles ne peuvent se consoler que dans les liens de l’amour fraternel. Il ÿ avait déjà beaucoup d’antichrists, précurseurs de « l’homme du péché, ».le grand antichrist [3861]. Et comme la révélation de cet antichrist doit avoir lieu «à la dernière heure, » ou sur la fin des derniers temps, en entendant par les derniers temps l’économie évangélique, l’apparition de ces nombreux antichrists devait naturellement diriger la pensée sur la dernière heure; d'autant qu’il est dans la volonté de Dieu que nous vivions comme si elle était à la porte. Ce qui rendait ces antichrists fort dangereux, c’est'qu’ils étaient sortis du milieu des disciples. Mais, én contredisant par leurs systèmes et par leurs pratiques la doctrine des apôtres , ils faisaient bien voir qu'ils n'avaient pas appartenu réellement à leur société. Jean n’ignorait pas que ces hérétiques et leurs adhérents refuseraient de recevoir sa lettre ; aussi n’est-ce pas à eux qu'il s'adresse, mais à ceux qui, ayant lonction du Saint-Esprit et par là une foi véritable, savaient discerner l'erreur de la vérité. L’apôtre dit «mensonge,» et non pas erreur, parce que les erreurs de cette nature ont leur source dans l'esprit de mensonge dont Satan est le père; parce qu’elles sont en opposition directe avec les déclarations formelles de la Parole de Dieu, qui sont la vérité; parce que ceux qui les propagent, mentent souvent à leur conscience ; parce qu’elles ouvrent aux âmes des voies trompeuses ; parce que, dans tous les cas, elles ne procèdent pas de l’amour du vrai, bien que leurs inventeurs et leurs promoteurs prétendent le
contraire: | 4653. Les antichrists dont il est ici question, étaient ces mêmes impies au sujet desquels Pierre avait prophétisé (2 Pierre 2 : 1). «Reniant le Souverain qui les avait rachetés , » ils se refusaient à voir en Jésus le Christ de Dieu, et ils en attendaient un autre qui réalisât mieux leurs conceptions. Il fallait, pour cela, qu’ils rejetassent la divinité suprême de Jésus-Christ; et, en reniant le Fils, ils reniaient le Père. Toute leur religion s’adressait à un Etre qui n’existait que dans leur imagination ; en sorte qu'ils étaient comine les païens, sans Dieu dans le monde (Eph. 2 : 12). Oui, mes chers lecteurs, plus vous y réfléchirez, en observant ce qui se passe autour de vous et en vous rendant compte de ce que vous étiez vous-mêmes avant votre conversion (si du moins vous êtes convertis), plus aussi vous vous convaincrez qu'il n’y a de vraie foi, de vrai culte, de vraie piété, de vraie re-