SECONDE ET TROISIÈME ÉPITRES DE JEAN
CCCXLY. — L'amour dans la vérité; Caïus et Diotrèphe, — Considérations générales sur les épitres.
4670. Il est facile de reconnaître dans ces deux courtes lettres l'auteur de la précédente : même fond d'idées, même style. Jean s’y donne le simple titre d’ancien, peut-être à cause de son grand âge, peut-être aussi parce qu’il remplissait à Ephèse les fonctions d’un des anciens de l'Eglise. Quant à la dame élue, ou à lPélue Kyria (on
peut traduire des deux manières), et à ce Caïus ou Gaïus auxquels il
L'AMOUR DANS LA VÉRITÉ. 467 (EX Jean 1-3; 4-8; 9-11.)
s’adresse, on ignore qui ils étaient ; mais on voit sans peine ce qu’ils étaient et dans quel but l’apôtre leur écrit. Ces deu x billets, d’ailleurs, comme l’épitre à Philémon, servent à nous aontrer les premiers prédicateurs de l'Evangile dans leurs relations privées, afin qu'ils nous y soient en modèles non moins que dans leur caractère public. La grande ressemblance entre ces lettres et la précédente, jointe à leur parfaite simplicité, me dispensent de longues explications ; aussi bien dois-je avouer qu’il me tarde d’arriver à l’Apocalypse et au terme de ce long travail,
4671. (1-3.) « Ils disent et ne font pas! » Ainsi parlait des pharisiens celui qui est le Véritable (Matth. 23 : 3). On ne pourrait adresser ce reproche à ses apôtres ; car s’ils nous recommandent l’amour fraternel, ils nous en donnent tous l’exemple. Vous vous rappelez la charité de Paul, et vous avez ici celle de Jean. Il aime sincèrement la sœur en Christ à laquelle il écrit, et il n’aime pas moins ses enfants, à cause de la vérité qui est en eux et qui, devant demeurer avec nous éternellement, nous unit les uns aux autres par le plus indissoluble des liens. Paul avait déjà représenté la vérité et la charité comme les éléments essentiels de toute vie et de tout progrès (Eph. 4 : 15); le vœu exprimé par Jean renferme au fond la même idée : «Grâce, miséricorde, paix soient avec vous... dans la vérité et l'amour ! »
4672. (4-8.) Sur ce titre de « Madame , » que l’apôtre donne à sa correspondante, ferai-je remarquer comment l'égalité et la fraternité chrétiennes sont loin de niveler les rangs, et comment l’apôtre Jean, ce saint vieillard, nous instruit à rendre l'honneur à qui lhonneur est dû? (Rom. 13 : 7.) Mais je passe là-dessus, pour m’arrêter à ce qui fait l'essentiel de la lettre. Evidemment composée en même temps que l'écrit auquel nous ayons consacré nos dernières Etudes, elle résume toute la pensée de lapôtre. Le premier devoir des chrétiens est de marcher dans la vérité; car hors de la vérité, il n’y a pas de communion possible avec Dieu. Puis, ils doivent s’aimer les uns les autres et vivre selon les commandements du Seigneur, ce qui est l'effet de l’amour. IL faut enfin qu’ils soient sur leurs gardes, de peur qu’ils ne se laissent entraîner par les séductions antichrétiennes de ceux qui ne confessent point Jésus-Christ venu en chair.
4673. (9-11.) Ce que nous avons ici de particulier, çe sont des directions sur la conduite à tenir envers ceux qui, tout à la fois, vivent dans le péché et abandonnent la doctrine du Christ. De telles gens n’ont aucune relation vraie avec Dieu, et s'ils viennent à nous, appor-