‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 241 sur 286 · CAÏUS · texte numérisé non relu

CAÏUS

(EXX Jean 1-8.)

tant une autre doctrine, ou plutôt, comme dit l’apôtre , n’apportant pas celle-là, nous ne devons pas les recevoir dans nos maisons, ni leur dire : « Joie te soit! » C’était la forme ordinaire de la salutation ; mais dans la bouche du chrétien toute parole a sa valeur. Il ne dira point à quelqu'un : « Je suis à vous de tout mon cœur, » parce que son cœur doit appartenir à Dieu tout entier ; et dire : « Joie te soit!» à celui qui n’a point Dieu, c’est le tromper cruellement. C’est lui faire croire qu'on peut être heureux hors de Dieu; or, en l’affermissant ainsi dans sa voie, on participe à ses mauvaises œuvres. Il est pénible assurément de traiter avec une apparence de dureté un ancien ami peut-être ; mais il y a plus d'amour véritable à l’avertir comme Dieu le veut, qu’à lui dissimuler notre sentiment sous prétexte de charité. On raconte que le vieil apôtre s’étant rencontré quelque part avec l’un des antichrists de son temps , s’enfuit à la hâte, dans la crainte que la maison où ils étaient ne s’écroulât sur eux, par un jugement du Seigneur. Qu'il y a loin de là à ce Zlafñitudinarisme qui traite de la même manière l’erreur, même grossière, et la sainte vérité de Dieu !

4674. (3 Jean 1-8). Cinq fois le mot vérité dans ce petit nombre de lignes ! C’est qu’en effêt, pour l’apôtre Jean, la vérité allait avant tout. Non pas, il est vrai, la vérité abstraite, mais cette vérité qui apprend à marcher et dans laquelle marchent en effet tous ceux qui sont nés de Dieu. Aïnsi, l'enfant de Dieu n’a pas deux manières d’aimer. C’est toujours « dans la vérité » qu’il aime ses frères. Il les aime d’un cœur sincère et sans hypocrisie ; 1l les aime par amour pour la vérité qu'ils ont reçue et pour celui qui est la vérité. Remarquez, après cela, le bel éloge que l’apôtre fait de son bien-aimé Caïus. Est-il beaucoup de mes lecteurs auxquels on püt dire : Plüt à Dieu que votre corps se portât aussi bien que votre âme! N’y en a-t-il pas même parmi eux qui ne se demandent jamais comment leur âme va? Quant à Caïus, preuve qu’il était de ceux qui « se gardent eux-mêmes et que le diable ne touche point » (1 Jean 5 : 18), sa prospérité temporelle et sa santé notamment, laissaient plus à désirer que sa prospérité spirituelle. Heureux Caïus ! Il vivait, paraît-il, à une certaine distance de l’apôtre; mais des frères, en voyage pour l'Evangile, avaient passé chez lui, et, à leur retour, ils avaient raconté devant toute l'Eglise, son attachement à la saine doctrine et l’amour avec lequel il les avait reçus. Ces frères, missionnaires de l’époque, avaient fait une tournée d’évangélisätion parmi les païens, et comme ils ne demandaient rien

DIOTRÉPHE ET DÉMÉTRIUS. 469

(HXE Jean 9-11; 12-15.)

à ceux qu’ils évangélisaient, il importait que les saints leur fissent accueil, qu’ils Les accompagnassent et qu’ils vinssent à leur aide d’une manière digne de Dieu. Par là, ils s’associaient à leurs travaux et secondaient les progrès de la vérité. Mes lecteurs voient d'eux-mêmes combien tout ceci est applicable à l’œuvre actuelle des missions et même à celle de l’évangélisation en pays soi-disant chrétiens. Tout ce que nous faisons, personnellement ou par nos dons, pour les prédicateurs de l'Evangile, nous le faisons pour le Seigneur , et, de la sorte, nous sommes missionnaires nous-mêmes.

4675. (9-11.) Voici un homme qui, sans être proprement un antichrist, du moins à en juger par les paroles de l’apôtre , faisait autant de mal dans l'Eglise que Caïus y faisait de bien. Enflé probablement de la place qu’il y occupait ou de ses dons spirituels, comme certains Corinthiens du temps de Paul, Diotrèphe aimait à primer au sein d’une société où « celui qui veut être le plus grand doit être l’esclave de tous » (Matth. 20 : 27). Dans son orgueil, 1l traitait avec un certain mépris les enseignements du vieil apôtre et il ne craignait pas de tenir de mauvais propos contre lui. Encore s’il n’avait fait que cela (remarquez humilité de Jean et son abnégation!) mais il refusait de reconnaître pour frères ceux qui n’acceptaient pas ses prétentions, il empêchait les autres de les accueillir et même il les chassait de Passemblée. C'était un grand désordre auquel Papôtre se proposait de porter remède, s’il pouvait aller jusqu’à Diotrèphe. En attendant, il donne à Caïus un avis qui, soit dans le cas particulier, soit en toute circonstance, doit être pris par nous en sérieuse considération, Le mauvais exemple est si entraînant pour nous pauvres pécheurs, que même un Caïus doit être mis sur ses gardes pour ne pas imiter un Diotrèphe! Voici pourtant une considération qui devrait nous être un préservatif infaillible; c’est que celui qui pratique le mal, füt-il un ange de lumière, ne connaît pas Dieu.

4676. (12-15.) Mais s’il est, dans l'Eglise, des Diotrèphe qu'il faut éviter, on y rencontre aussi, grâce à Dieu, des Démétrius auxquels tous rendent témoignage. La vérité mêrne qu’ils professent, qu'ils pratiquent, qu’ils honorent, atteste qu’ils lui appartiennent réellement. Ce Démétrius était peut-être en des circonstances propres à développer aussi chez lui l'esprit de domination, ce qui est le péché d’un si grand nombre de conducteurs des Eglises; c’est pour cela, sans doute, que l’apôtre en fait cette mention honorable dans sa lettre à son ami Caïus. Il y avait d’ailleurs beaucoup de choses dont il au-

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