‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 266 sur 286 · LA BÊTE ET SA BOUCHE · texte numérisé non relu

LA BÊTE ET SA BOUCHE

(Apocalypse 13 : 3-10.) devinrent pour les peuples Pobjet d’une véritable adoration, car les consciences leur furent assujetties (4). Mais adorer l’homme, c’est adorer Satan. Quant à cette bouche qui fut donnée à la bête et qui proférait de grandes choses et des blasphèmes, et qui reçut le pouvoir de faire la guerre aux saints pendant quarante-deux mois (5), on y reconnait avec admiration la petite corne de Daniel, avec sa bouche audacieuse (Dan. 7 : 8, 20, 21, 25). « Le pape et l’empereur, ces deux moitiés de Dieu, » a dit un poëte moderne. Et ce poëte, qui n’a voulu faire autre chose que de résumer toute l’histoire dans un vers frappant, se trouve avoir résumé d’un même coup toute la prophétie, qui parle à la fois de puissance et de blasphème. Ajoutez-y les torrents de sang que le pouvoir civil et le pouvoir ecclésiastique, dans leur union impie, ont répandus sur la terre pour établir et conserver leur autorité; ajoutez-y encore la facilité avec laquelle ils obtinrent, dans tous les temps et en matière de foi, la criminelle obéissance de ceux dont les noms n’étaient pas inscrits au livre de vie de Agneau; ajoutez-y enfin les châtiments par lesquels le Seigneur a vengé sur tant de papes et de rois le sang de ses élus, et vous aurez, dans lhistoire des temps passés, Paccomplissement de la vision. Or rien n’est plus propre à affermir la patience et la foi des saints, que le spectacle qui leur est offert à cet égard par les récits de l’histoire, étudiés à la lumière de la prophétie.

4767. Cependant, l’accomplissement de cet oracle n’est pas à son terme, du moins je ne le pense pas. Les quarante-deux mois de cet endroit-ci, correspondant aux trois temps et demi de Daniel, doivent indiquer la période même pendant laquelle la femme est nourrie dans le désert (42 : 6, 14), la na sainte, foulée aux pieds et le témoignage de PEglise, méconnu (414 : 2, 3). Or, quelles que soient les modifications que les siècles passés pus apportées à la situation de la vraie ai sein de la terre prophétique, cette situation n’est pas assez

de ce qu’elle a pu être jadis, pour qu’on puisse envisager comme écoulés les 1260 ans de son oppression. J'en dirai tout autant de l’empire et de la papauté. Bien que les trois derniers siècles, et les derniers soixante ans en particulier, aient éonétdétablement altéré les antiques institutions politiques et religieuses de l’Europe, il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’en tout ce qu’elles avaient d essentiel, elles subsistent encore, sous une forme ou sous une autre, Le temps de la quatrième bête n’est pas achevé. Elle a encore une bouche qui profère de grandes choses et des blasphèmes; car ne

516 LES QUARANTE-DEUX MOIS. LA BËTE A DEUX CORNES. (Apocalypse 13 : 11-18.)

dit-elle pas, par exemple, qu’il est dangereux de lire la Bible, et ne la voit-on pas toujours en guerre contre les saints, remportant çà et Ià de lamentables victoires?

4768. Par cela même que les quarante-deux mois donnés à la bête ne sont pas expirés, il se peut que l’avenir nous prépare de sa part une guerre plus terrible que les précédentes. Il se pourrait même, et je le crois, que cette portion de la prophétie concernât surtout la dernière forme que prendra l’antichrist romain et les ravages de courte durée que fera, sur la fin des 1260 ans, et pEUIREIEs pendant 1260 jours réels, l’impiété venue à son comble. Cest alors que plusieurs traits de la prophétie, jusqu'ici fort difficiles à expliquer, acquerront une grande clarté par leur accomplissement. C’est alors aussi que les saints auront besoin plus que jamais de regarder avec patience et avec foi vers Celui qui vient; alors, qu’on verra clairement qui sont ceux dont les noms sont écrits au livre de vie de lAgneau ; alors enfin que l’épée tuera la bête, parce qu’elle a frappé de l'épée (Matth. 26 : 52). N'y aurait-il pas moyen cependant de déterminer, au moins d'une manière approximative, le moment de la &élivrance ? Quelques-uns l’ont tenté; mais ce qui rend la chose impossible, c’est que le pouvoir papal s’est formé graduellement, en sorte qu’on ne sait au juste quelle époque on doit prendre pour point de départ. Désireux de voir la fin d’un système d’iniquité que Dieu supporte avec une patience incompréhensible, la plupart des interprètes me paraissent avoir pris ce point de départ beaucoup trop en arrière. Pour moi, je ne me sens pas libre de proposer un autre système, tant j'ai peur de mettre ma pensée à la place de celle du Saint-Esprit. Je me borne à faire observer qu’il en sera peut-être de la captivité de l'Eglise, au temps de Rome, la quatrième monarchie, comme il én fut de la captivité du peuple de Dieu au temps de Babylone,.Ja, première monarchie. Soixante-dix ans avaient été assignés pour sa durée ; mais d’où fallait-il les compter? De l’an 606, ou de l'an. 389 [2478 ] Par la volonté de Dieu, il y avait incertitude, et l'événement a prouvé qu’on pouvait également prendre l’une ou l’autre de ces dates pour point de départ. Je pense qu’il en sera de même des 1260 ans : la prophétie qui s’y rapporte est susceptible de plusieurs accomplissements successifs.

4769. (11-18.) Qu'est-ce maintenant que cette autre bête, qui, montant, non de la mer, mais de Ja terre, a deux cornes comme un agneau et parle comme un dragon? C’est ce qui, tout à l’heure, était la bouche

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