‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 274 sur 286 · SATAN LIÉ ET DÉLIÉ · texte numérisé non relu

SATAN LIÉ ET DÉLIÉ

(Apocalypse 19: 11-21. 20 : 1-10.)

pour l’adorer; mais il lui fut dit : « Garde-t’en bien! je suis ton compagnon d’esclavage et celui de tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Adore Dieu! » avertissement d’autant mieux en place, que l’adoration des saints et des anges est un des grands crimes de la prostituée.

k°796. (11-21.) Alors Jean eut devant les veux un spectacle d’une grandeur incomparable. Le ciel s’ouvrit, comme au commencement de toutes ces visions {4 : 4), et il laissa voir l’armée des anges montés sur des chevaux blancs ét ayant à leur tête le Seigneur Jésus, monté lui-même sur le cheval des triomphateurs. C’est bien lui. Vous le reconnaissez aisément. Qui d’autre que lui est appelé dans la Bible le fidèle et véritable (3 : 14), la Parole de Dieu (Jean 14 : 1), le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (17 : 14)? Or, le voici qui vient, avec des yeux pénétrants comme une flamme de feu (2 : 18) et la tête ornée de nombreux diadèmes, tandis que la bête n’en eut jamais qu’un sur chacune de ses têtes ou sur chacune de ses cornes. Il vient, revêtu d’un vêtement qui crie à ceux qu’il a rachetés par son sang : Ne craignez pas! Il vient, pour juger et faire la guerre en justice, pour frapper les nations du glaive aigu qu’il a dans sa bouche, pour les paître avec une verge de fer et pour fouler la cuve du vin du courroux et de la colère du Dieu tout-puissant (4 : 165 44 : 920). Ceci semble nous ramener à la vision de la sixième fiole (16 : 12-16), et rien n’est saisissant comme les images par lesquelles il a plu à Dieu de représenter les résultats de la dernière lutte de limpiété contre le Roi des rois. « La bête et le faux prophète sont saisis et jetés vivants dans le lac de feu brülant, dans le soufre. Et le reste fut tué par le glaive sortant de la bouche de celui qui était monté sur le cheval, et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair. » Ce ne sont là que des emblèmes ; mais ce qu’ils signifient est aussi effrayant qu’indubitable.

CCCLIT. — Satan lié: règné de mille ans; Satan délié et vaincu. Le nouveau ciel et la nouvelle terre ou la Jérusalem céleste. Dernières paroles de Jésus.

4797. Un ange lie Satan et l’enférme dans l’abime pour mille ans; état de l'Eglise pendant cette glorieuse période. Satan, délié, séduit de nouveau le monde et excite une guerre terrible contre l’Eglise; les agresseurs sont détruits par le feu du ciel, et Satan est jeté dans le lac de feu. Jugement universel et son issue définitive. Telle est la-

SATAN LIÉ ET DÉLIÉ. 531 (Apocalypse 20 : 1-10.) nalyse sommaire du chapitre 20, prophéties encore plus difficiles à interpréter que les précédentes, parce qu’il n’y à, dans le temps présent, aucune donnée propre à nous fournir l’idée d’un ordre de choses qui sera complétement nouveau.

4798. La dernière vision nous a montré la bête et le faux prophète jetés, avec leurs adhérents, dans le lac de feu brûlant, dans le soufre; mais ceci ne suffit pas pout la délivrance du monde. Tant que le diable sera libre, il lui sera facile de se former parmi les hommes des instruments contre Dieu. Mais si, par un mystère vraiment insondable, l'Eternel a pu permettre que Satan séduisit les nations durant tant de siècles, le moment approche où lPon verra que lPange du mal n’est pas le plus fort (Luc 14 : 29). Lié d’une chaîne, il sera jeté dans l’abîme et un sceau sera mis sur sa prison. Ce langage symbolique signifie qu'il n'aura plus la puissance d’égarer les nations; la chose même est dite en propres termes. Est-ce donc que le péché sera complétement banni du monde? On ne le pense pas; mais Satan ne sera plus là pour le fomenter et pour susciter des ligues contre le Seigneur et contre son peuple. Le bien l’emportera sur le mal, la foi sur lincrédulité, la charité sur l’égoïsme, la piété sur le formalisme; la connaissance sera augmentée (Dan. 42: 4), la paix et la justice régneront sur la terre (Esaïe 41 : 6-10), et c’est ainsi, je pense, que s’accombplira cette parole : « Et je vis des trônes, et ils s’assirent dessus; et le jugement leur fut donné» (4).

4799. (3; 7-10.) Get ordre de choses, dont je ne fais qu’indiquer les grands traits, durera mille ans; cela nous est dit six fois dans ce chapitre. Maïs, cés mille ans passés, 1l faudra qu’il y ait une nouvelle et courte explosion du mal dans le monde, par linfluence de Satan. Les hommes qui, à cette époque, n’auront pas la vraie foi, deviendront ses malheureuses victimes; sous son inspiration, Gog et Magog, chef des impies coalisés (Ezéch. 38), s’attaqueront pour la dernière fois au peuple de Dieu, mais Dieu les consumera; Satan sera définitivement jeté dans le lac de feu et de soufre, Comme Pavaient été, mille ans auparavant, la bête et le faux prophète, et « ils seront tourmentés, jour et nuit, aux siècles des siècles, » dit Celui qui est le fidèle et le véritable. :

4800. Si donc l’histoire du monde a commencé par le honteux triomphe de Satan, lorsqu'il séduisit Eve par sa ruse, elle finira par le glorieux triomphe de Jésus, quand il écrasera la tête du serpent sous ses pieds et sous ceux des fidèles (Rom. 46 : 20). Le repos dont

d32 LA RÉSURRECTION ET LE JUGEMENT.

(Apocalypse 20 : 1-10.)

la terre jouira pendant les mille ans de la captivité du méchant, et l'effroyable révolte qui suivra sa délivrance momentanée, achèveront de prouver que c’est en effet par lui, et non par l'Eternel, que le mal a envahi le monde et qu’il y a régné, en sorte que sa condamnation finale sera de toute justice. Elle ne le sera pas moins, celle des hommes qui, ayant vécu en des circonstances si particulièrement favorables à la piété, se seront trouvés prêts néanmoins à faire l’œuvre du diable, dans sa dernière lutte contre Dieu. Et nous, mes chers lecteurs, nous qui vivons en des temps moins heureux sans doute que ceux du millénium (on désigne ainsi le règne de mille ans), mais bien moins fâcheux que ceux qui le suivront et même que la période qui le précédera immédiatement, il ne doit pas nous être difficile néanmoins de discerner l'influence actuelle de Satan dans les affaires du monde et de l'Eglise. L’odieux dragon n’a-t-il pas toujours la gueule ouverte contre la femme et sa postérité? (12 : 17.) N'est-ce pas toujours sous son inspiration qu’agissent la bête à sept têtes et la bête à deux cornes? (13 : 1, 4; 11, 12.) N'est-ce pas lui qui enflamme les convoitises de la grande prostituée et qui anime Babylone la grande ? (47, 18.) Et s’il y a encore si souvent, en divers lieux, des persécutions contre les enfants de Dieu, n'est-ce pas Satan et son monde qui s’efforcent ainsi de tuer les témoins de Jésus (41) et de ravager « le camp des saints et la ville bien-aimée? »

4801. Pour compléter mon travail sur cette portion de l’Apocalypse, je devrais résoudre deux questions qui se présentent ici naturellement. Mais j’éprouve une grande répugnance à le faire, par la raison d’abord que je ne saurais me donner comme ayant une conviction très arrêtée sur ces points-là; ensuite parce que ce sont vraiment des sujets sur lesquels il a plu à Dieu de ne jeter qu’une lumière, à mon avis, incertaine. Il faut donc consentir à n’y être pas tous d’une même opinion. Quelques mots cependant.

4802. Un nombre croissant de fidèles pensent qu’à l’ouverture du millénium il se fera une première résurrection des justes, et, à la fin du millénium, une première résurrection des méchants; que ceux-là régneront avec Christ, personnellement et visiblement présent sur la terre pendant les mille ans, et que ceux-ci formeront l’armée de Satan dans sa dernière guerre contre le camp des saints et la ville bien-aimée (4-6). Puis, par cette ville bien-aimée, plusieurs entendent Jérusalem restaurée et habitée par Israël et par son roi, Jésus-Christ. Sans m’arrêter sur ce dernier point qui me paraît secondaire, et pour

LA RÉSURRECTION ET LE JUGEMENT. D33 (Apocalypse 20 : 11-13.)

m'en tenir aux deux autres, savoir à la première résurrection, tant des justes que des injustes, et au règne personnel du Sauveur avec ses rachetés, je dirai que l'interprétation littérale des versets qui nous occupent semble en effet conduire à ce résultat. Mais si les prophéties de lApocalypse ont partout, comme nous l’avons vu, le caracière de paraboles, si partout elles sont allégoriques et emblématiques, est-il permis de prendre ici au sens littéral des expressions qui peuvent s’entendre dans le sens figuré tout aussi bien que ce qui est dit des deux témoins (41 : 11) et de l'effet que produira la conversion des Juifs? (Rom. 41 : 15.) Quant à notre Seigneur, il est sûr en effet qu'il doit revenir et que nous le verrons dans son humanité glorifiée (Actes 1 : 11); mais sera-ce à l’ouverture ou à le fin du millénium? Sur ce point encore, la lettre de lApocalypse semble favorable à ceux qui l’attendent pour l’inauguration même du règne de mille ans; cependant, il est permis de penser qu’ils pourraient être dans l’erreur. Ce qui demeure vrai, dans tous les cas (en faisant la part du langage symbolique, quant à 1 Thess. 4:17), c’est qu'il y aura une résurrection, tant des justes que desinjustes (Actes 24 : 15); c’est que ceux qui moururent en Christ ressusciteront premièrement, et qu'après cela, ceux qui seront alors sur la terre seront transmués (1 Thess. 4: 16; 4 Cor. 45: 51, B2); c’est que tous seront ravis ensemble dans les nuées à la rencontre du Seigneur en l'air, pour être toujours avec le

Seigneur (1 Thess. 4 : 17) ; et qu'après cela, le reste des hommes re-

viendront à la vie pour recevoir le jugement (Jean 5 : 28, 29) : c’est ce qui fait le sujet de la fin du chapitre.

4803. (11-13.) Là nous voyons, avec l’apôtre, un grand trône blanc, semblable au trône d'ivoire de Salomon, mais mille fois plus splendide; et, sur ce trône, quelqu'un en qui il est facile de reconnaître Celui qui est mille fois plus grand que Salomon (Matth. 42 : 42). Victorieux maintenant de tous ses ennemis et assis dans le trône de son Père (3 : 21), il s'apprête à exercer le jugement, parce qu'il est à la fois le Fils de Dieu et le Fils de homme (Jean 5 : 22, 27). Enfin donc, le voilà sur ce tribunal devant lequel nous devons être placés et manifestés (Rom. 14: 40; 2 Cor. 5 : 10). De tout ce que Jean avait vu

jusque- -là, rien n'avait pu égaler la grandeur de ce spectacle. Il vit. ce qui ss été prophétisé par son ancien compagnon d'œuvre: les cieux et la terre passant avec un bruit horrible et se dissolvant

(2 Pierre 8 : 40). Il vit la multitude innombrable des trépassés, petits et grands, qui, revenus à la vie, se tenaient devant Dieu prêts à rece-

FR 1 Es

534 LE JUGEMENT, (Apocalypse 20: 14,15.)

voir une sentence désormais inévitable. IL vit des livres ouverts, non pas des livres scellés, comme celui où il avait lu l’histoire prophétique du monde actuel (5: 1), mais ceux qui avaient déjà passé sous les yeux du prophète dé Juda (Dan. 7 : 10), rôles immenses dont l'imagination la plus forte ne saurait se représenter ni les dimensions ni le contenu; car c’est là que se trouvent inscrits les noms de tous ceux qui vécurent sur la terre, avec leurs mémoires écrits de la main de Dieu, sans qu’il ÿ fnanque rien. À côté de ces livres, Papôtre vit un autre livre, qui est celui de la vie. C’est de ce livre que Jésus parlait quand il dit à ses disciples : « Réjouissez-vous de ce que votre nom est écrit dans les cieux» (Luc 40 : 20). Daniel aussi lavait vu (Dan. 12 : 1). Paul le connaissait. Bien plus, il savait de qui ce précieux livre porte les bienheureux noms (Philipp. 4: 8). Et nous, nous le savons également, mes chers lecteurs. En ce livre sont inscrits tous ceux que le Seigneur appelle par sa grâce à la vie éternelle, à moins qu’ils n’en aient été effacés (Apoc. 3 : B). Là donc sont les vierges sages et les vierges folles; mais une barre a été passée sur le nom des vierges folles, car l’Epoux va leur dire : « Je ne vous connais pas » (Matth. 26 : 12). Par conséquent, croire du cœur en Jésus-Christ, c’est le sûr moyen de trouver son nom écrit dans le livre de la vie; car si quelqu’un croit en lui, il ne verra point la mort (Jean 5 : 24).

4804. (14, 15.) Elles sont grandes et importantes les vérités qui viennent de nous être rappelées sous ces formes allégoriques. Et le trône, et l’immense assemblée qui lentoure, et ces livres de procédure et de grâce, ne sont autre chose en effet que des symboles. J'en dis autant du lac de feu, image horrible de la seconde mort (2:44). Tout ceci est tellement un langage emblématique, qu’on ne saurait trop comment se représenter la mort jetée dans la seconde mort, Ce dernier trait néanmoins nous rappelle la parole prophétique citée par l’apôtre Paul, dans un chapitre dont la portion de l’Apocalypse qui nous occupe est le magnifique développement (1 Cor. 45 : 54). Là toutefois, le Saint-Esprit ne parlait que de la résurrection des fidèles; tandis qu'ici nous lisons : «Et quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livré de la vie, fut jeté dans le lac de feu : » arrêt foudroyant, tout semblable à celui qui termine la grande prophétie du mont des Oliviers (Matth. 25 : 46), et devant lequel nous n’avons autre chose à faire qu’à nous incliner, « veillant et priant en tout temps, afin que nous soyons jugés dignes d'éviter toutes ces choses qui doivent arriver et de subsister devant le Fils de l’homme » (Luc 21 : 36).

LE NOUVEAU CIEL ET LA NOUVELLE TERRE. 535 (Apocalypse 21 : 1-4; 5-8.)

4805. (21 : 1-4.) Maintenant que la bête, et le faux prophète, et l’ancien dragon, et tous ceux qui pratiquént l’iniquité ont subi leur jugement ; maintenant que les cieux et la terre d’à présent ont passé et que la mort n’est plus, ni le lieu invisible ou le séjour des morts, le moment est venu de faire apparaître le ciel nouveau et la terre nouvelle annoncés par les prophètes de l'Ancien et du Nouveau Testament (Esaïe 65 : 17 ; 66 : 29 ; 9 Pierre 3 : 13). C’est encore une vision emblématique; car qu'est-ce qu’un ciel et une terre sans soleil et sans lune? (23.) Et la ville sainte que vit l’apôtre, cette « Jérusalem. qui descendit, d’auprès de Dieu , préparée comme une épouse ornée pour son mari» (2), qu'est-ce, sinon l’image de l'Eglise des premiersnés dont les noms sont écrits dans le ciel (Héb. 42 : 13), la ville dont Dieu est l’architecte et l’ouvrier, la cité qu’Abraham attendait par la foi, et qui, ailleurs déjà, est appelée la Jérusalem céleste? (Héb. 414 : 10; 42:29.) C’est le séjour même de la gloire de Dieu, le séjour aussi de la paix, des consolations et des saintes joies, non parce qu’on y goûtera toutes sortes de jouissances matérielles, comme dans le paradis rêvé par l’imagination corrompue de Mahomet, ni parce qu’on y retrouvera un père, une épouse, des enfants longtemps pleurés ici-bas, ce qui est le paradis des âmes sensibles ; ni même parce qu’on y sera recueilli dans la douce société des enfants de Dieu de tous les siècles, depuis Abel le juste ; mais parce qu’on y sera pour toujours avec Dieu, devenu de la façon la plus intime NoTRE Dieu (1 Jean 8 : 9).

4806. (5-8.) Que celui qui était assis sur le grand trône blanc füt bien notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, c’est ce qui paraît ici avec évidence ; car il proclame son nom, en disant : «Je suis Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin » (4 : 8). C’est par lui que les choses qui existent maintenant ont été faites (Jean 1 : 3), et c’est aussi lui qui fera toutes choses nouvelles. Il a dit sur la croix: « Tout est accompli, » et il reproduit la même pensée en disant : « C’est fait! » Tout ce qui devait prendre fin à fini; tout ce qu’il fallait pour la gloire de Dieu et de ses élus, se trouve achevé. Pendant les jours de sa chair, bien qu’en d’autres termes, il disait déjà à la Samaritaine et aux Juifs assemblés : « A celui qui a soif, je donnerai gratuitement de la fontaine de l’eau de la vie » (Jean 4 : 10, 44; 7: 37, 38). C’est lui enfin qui faisait tout à l’heure de si grandes promesses à ceux qui vaincront Satan, et qui dit à ce moment : « Gelui qui vaincra héritera de toutes choses, et je lui serai Dieu et il me sera fils » [4712-4716]. Héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ! C’est aussi ce que le Saint-Esprit

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