‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 28 sur 286 · ARGUMENTATION. A · texte numérisé non relu

ARGUMENTATION. A

(Galates 3 : 8-14; 15-18.) qui s’y rattachent? Mais, «comme Abraham crut Dieu et que cela lui fut imputé à justice, sachez que ceux qui sont de la foi, ceux-là sont fils d'Abraham. » Nous avons ici l'argument principal de lPApôtre. Il déclare avec l’autorité du Saint-Esprit que c’est la foi et non la circoncision, ni aucune observance légale, qui transmet la vraie qualité de fils d'Abraham; puis 1l va le démontrer par divers passages des Ecritures, et il en résultera que les Galates eux-mêmes, bien qu'issus de peuples qui n’avaient, selon là chair, aucune relation avec le père des Juifs, ne laissaient pas d’être, par la foi en Christ, les héritiers de toutes les promesses faites à Abraham et à sa postérité.

3897. (8-14.) S'appuyant sur les Ecritures, Paul rappelle la grande promesse qui avait été faite aux nations dans la personne d'Abraham (Gen. 42 : 3); et, pour montrer que cette promesse devait leur être appliquée par la foi et non par la loi, il cite une autre déclaration constatant qu’il n’y a que malédictions à recevoir de la loi, au lieu de bénédictions (Deut. 27 : 26). Ce n’est donc pas par la loi que s’héritent les promesses faites à Abraham, et, dans sa personne, à toutes les nations. Pour confirmer ce raisonnement sans réplique, PApôtre avance encore deux passages, dont l’un déclare que la vie éternelle appartient à celui qui est juste par la foi (Hab. 2 : 4), et l’autre, que pour obtenir la vie éternelle aux termes de la loi, il faut lui rendre une obéissance parfaite (Lévit. 148 : 5). Il rapproche ces deux passages sans conclure, mais la conclusion se présente d’elle-même. Pour hériter de la vie éternelle selon la loi, il faut avoir accompli tout : ce qu’elle commande (Luc 10 : 28), et c’est ce que personne n’a fait. En conséquence, il n’y a de vie éternelle possible que par la foi, et voici comment. Christ nous a rachetés de la malédiction, en souffrant malédiction pour nous sur la croix; sur cette même croix, il a rendu possible pour des pécheurs maudits, l’effusion du Saint-Esprit dans leurs coupables cœurs [3447]; enfin, c’est au moyen de la foi que nous avons part à cette double grâce. Le raisonnement est complet, et la vérité qu’il établit subsiste tout entière pour nous, que nous descendions d'Abraham selon la chair, ou que nous soyons, par nature, des pécheurs d’entre les nations.

3898. (15-18.) Ce n’est pas tout, lorsque Dieu fit connaitre à Abraham sa volonté dernière au sujet de l’héritage des promesses, il exprima dans cette espèce de testament, que les promesses étaient faites, non à tous ceux qui naîtraient du patriarche, mais à un de ses descendants, appelé par excellence sa postérité, postérité qui est le

46 ABRGUMENTATION.

(Galates 3 : 19, 20; 21-29.)

Christ. C’est donc à lui proprement qu’appartient l'héritage, comme il est dit au psaume second, à lui et aux siens. Mais un testament, une fois homologué, ne peut être ni annulé, ni modifié. Or, dans le cas actuel, l’hérédité ouverte par le testateur, Pa été en vertu d’une promesse et non d’un commandement. Dieu a dit : « Je te bénirai, » et cela sans condition quelconque. Il est vrai que, plus tard, il a tenu cet autre langage : « Si tu obéis, je te bénirai » [1030]; mais c’était sous un régime tout différent, et ce régime de la loi ne saurait avoir aboli le testament fondé sur la promesse : encore un raisonnement sans réplique.

3899. (19, 20.) Cependant il fait naître une-question qui paraît grave. À quoi bon la loi, cette loi qui fut donnée quatre cent trente ans après, si elle n’annüle ni ne modifie là promesse? La réponse de lApôtre est obscure comme tout ce qui est très concis, et elle est concise parce que l’écrivain sacré est pressé de reprendre la suite de son argumentation. La loi, dit-il, fut ajoutée à cause des transgressions; c’est-à-dire, je pense, parce que le péché allait croissant et qu'il fallait le comprimer, tout en effrayant les transgresseurs; mais ce n’était qu'un état de choses provisoire, en attendant la postérité à qui la promesse avait été faite, c’est-à-dire le Christ et son peuple; état de choses par conséquent très inférieur à celui qui l’avait précédé et encore plus à celui qui devait le suivre. Car sous la loi il y eut, outre les anges, un médiateur humain entre le Seigneur et Israël, sa- “voir Moïse, tandis que pour Abraham comme pour l'Eglise, le nouveau peuple, Dieu lui-même est le médiateur; par quoi il faut entendre notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ.

3900. (21-29.) Après cette courte digression, PApôtre reprenant ce qu’il disait tout à l'heure (18), qüe si l’hérédité venait d’une loi, elle ne viendrait plus d’une promesse, se pose à [lui-même cette question : « La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu? » — Réponse : Pour que la loi fût réellement en opposition avec les promesses, ilfaudrait qu’il lui füt possible de donner la vie : alors la justice s’obtiendrait au moyen d’une loi, la foi serait inutile et la promesse, sans objet. Mais, comme on la vu plus haut, lÉcriture (et par conséquent la loi qui y est comprise) suppose partout l’homme pécheur et justement condamné; c’est pourquoi toutes ses promesses sont faites à ceux qui croient eñ Jésus-Christ, et non à ceux qui pratiquent la loi. La raison en est que tous Sont enfermés sous le péché, comme un prisonnier sous la sombre voûte d’un cachot, La loi ne fut point une dé-

(Galates Æ : 1-7.) livrance de cette prison, car la loi est, elle-même, une cellule dans laquelle nous fûmes gardés, dit l’'Apôtre, jusqu’à ce que la révélation de Jésus-Christ vint nous l’ouvrir par la foi. D’une autre manière, si la loi se trouve en quelque rapport avec la promesse, ce n’est que parce qu’elle a exercé près de nous les fonctions d’un instituteur pour nous conduire au Christ. C’est elle qui, agitant notre conscience, nous à fait sentir le besoin que nous avions d’un Sauveur; mais maintenant que la foi est venue, nous ne sommes plus sous l’instituteur. O vous qui lisez ces lignes! si, comme les Galates, vous possédez la foi en Jésus, vous avez aussi comme eux atteint, spirituellement, l’âge de majorité; vous êtes fils et filles de Dieu; vous avez revêtu Christ. Juifs ou Grecs, esclaves ou libres, hommes où femmes, n’importe, vous êtes un seul dans le Christ Jésus; c’est-à-dire qu’unis à lui par la foi, vous êtes avec lui la postérité bénie. Membres de l'alliance dont Dieu seul est médiateur, vous appartenez au Christ; de cette manière, « vous êtes fils d'Abraham et, selon la promesse, héritiers. » — Oh! combien cette page magnifique dut faire battre le cœur des pauvres Galates! Que d’âmes qui, dès lors, y ont trouvé leur consolation et leur force! Puisse-t-il en être de même pour vous, mes chers lecteurs!

CCXCÏHI. — Exhortation à demeurer dans la liberté par ie moyen de la foi; à s’assujettir les uns aux autres par l'amour; à fuir les œuvres de la chair pour porter le fruit de l'Esprit; à remplir les uns envers les autres tous les devoirs de la charité.

39014. (4 : 4-7.) Ici, l’Apôtre revient sur une idée précédente, en la revêtant d’un nouveau jour. Il représente le peuple élu tout entier sous l’image d’un petit enfant qui, bien qw’héritier présomptif d’une grande fortune, ne possède rien en propre, non plus qu’un esclave, et qui, son père étant absent, se voit sous la tutelle d’administrateurs de son bien, jusqu’au temps marqué par le père. Telle fut, dit Paul, notre Situation, jusqu’à la venue du Christ. Nous étions asservis sous les élé- meñts du monde, mis en tutelle, dépendants d’une loi, partie élémen- taire de l’éducation religieuse d’ici-bas; mais au temps marqué par les prophètes, le fils de la femme [103], un Sauveur né sous la loi, est venu racheter ceux qui sont nés sous la loi, et, Juif, procurer à des Juifs la qualité d’enfants de Dieu par adoption (Jean 1 : 42). Mais cette même grâce, Dieu vous l’a faite à vous, Galates; puisqu'il a en- voyé dans vos cœurs l'Esprit de son Fils, par lequel vous criez Abba,

(Galates Æ : 8-12; 13-20.) Père, comme Jésus-Christ lui-même (Marc 14 : 36). Cet Esprit étant en vous par le rachat de vos âmes, vous n’êtes plus esclaves, mais fils; or, si vous êtes fils de Dieu, vous êtes aussi ses héritiers, et par conséquent ceux d'Abraham, au moyen, non de la loi, mais de Jésus- Christ; c’est en ces mots que Paul ramène sa conclusion précédente.

3902. (8-12.) Des Juifs, sur qui sa pensée s'était portée d’abord, il avait passé aux Galates, sans transition sensible. Maintenant, il reprend d’une façon plus spéciale ce qui les concerne. La position des Gentils avant la prédication de l'Evangile, avait quelque chose de bien plus humiliant et de plus défavorable que celle des Juifs; car ils étaient asservis, non à la loi de Dieu, mais à d’impures idoles, choses qui, de nature, ne sont point des dieux. Mais, leur dit-il, à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que Dieu vous a connus, cherchés, éclairés, sauvés, comment se peut-il que, par un véritable anachronisme, vous vous tourniez vers un nouvel asservissement? Vous êtes majeurs et vous voulez redevenir enfants; libres, et vous courez au-devant de la servitude! Votre éducation est faite, et vous retournez aux éléments! car toutes ces observances légales qu’on veut vous imposer ne sont pas autre chose! Vraiment, vous me faites craindre que je n’aig perdu ma peine au milieu de vous! Parole pleine de tristesse, dans laquelle on verrait du découragement, si elle venait de quelqu'un d'autre et si elle n’était suivie de cette chaleureuse exhortation : « Soyez comme moi, Car MOI aussi je suis comme vous. Frères, je vous en supplie. » — «Je suis comme vous; » c’est-à-dire, moi Israélite, moi ex-pharisien, moi apôtre, Je ne suis ni plus ni moins pécheur que vous, je ne suis pas justifié autrement que vous, je ne me sens pas plus lié par la loi que vous. « Soyez donc comme moi, » vous hommes des nations, qui n’avez pas les excuses que je pourrais alléguer si j'avais le tort de judaïser.

3903. (13-20.) « Vous me faites craindre que je n’aie pris en vain de la peine pour vous : » voilà ce que l’Apôtre venait de dire; «toutefois, semble-t-il ajouter, ne pensez pas que je m’envisage comme personnellement offensé. Loin de là, je ne saurais oublier avec quelle extrême bienveillance vous me reçütes la première fois, avec quelle considération, avec quelle joie, et je ne saurais dire de quels sacrifices vous n’eussiez pas été capables à mon égard. Si donc vous négligez maintenant mes leçons, je ne vous en veux d’aucune manière; c’est vous plutôt qui me traitez en ennemi, depuis que, dans mon séjour récent, je vous ai dit la vérité. » Car, hélas! telle est la répu-

EXHORTATIONS. 49 (Galates Æ:91-31. 5 : 1-6.)

gnance de notre cœur naturel pour la vérité de Dieu, que nous en voulons souvent à ceux qui nous la disent! « Mais vos réels ennemis, continue l’Apôtre, ne le voyez-vous pas? ce sont les hommes qui déploient tant de zèle à m’enlever votre affection et à me retirer votre confiance. » Et pourtant, comme il méritait de meilleurs procédés, ce Paul qui était en travail continuel d’enfantement pour ses chers Galates, qu'il appelle ses petits enfants! Il regrette d’avoir dû les quitter, il voudrait être encore au milieu d’eux; car l'avenir de leurs Eglises le met dans la plus grande inquiétude.

3904. (21-31.) Après cette effusion des sentiments affectueux qui remplissaient son âme, l’Apôtre retourne à sa discussion. Abraham, dit-il, eut deux fils, lun d’Agar, l’autre de Sara ; celui-là né de la servante et fils d'Abraham selon la chair, est l’image de l’alliance légale promulguée en Sinaï; Isaac, au contraire, enfant de la promesse et né de la femme libre, est l’image du second testament. Ou plutôt, Agar, l’esclave, est la Jérusalem selon la chair ou la loi, qui n’enfante que des esclaves; tandis que Sara est la Jérusalem céleste, mère de tous ceux qui croient. Longtemps elle fut stérile; mais, comme Pavait prédit Esaïe, elle devait avoir enfin une nombreuse, très nombreuse postérité (Es. 54 : 1-3). Que font donc ceux qui se replacent sous la loi, comme moyen de salut? D’enfants de la femme libre, de citoyens de la Jérusalem céleste, ils ont la folie de vouloir redevenir les enfants de l’esclave, les sujets de la Jérusalem charnelle! À cette occasion, l’Apôtre rappelle qu’Ismaël, en persécutant Isaac, fut le type des Juifs qui persécutaient l'Eglise; et de tout temps l'esprit légal et formaliste a été l’Ismaël se moquant de ceux qui, par la foi, sont héritiers de la promesse.

3905. (5 : 1-6.) Notre Seigneur avait dit aux Juifs : « Si le Fils vous rend libres, vous serez véritablement libres » (Jean 8 : 36) [3137]. Lui seul en effet peut nous soustraire au joug de la loi et du péché; hors de lui, il n’y a pour l’âme que crainte et esclavage. C’est pourquoi Paul déclare que si, par obéissance servile à la loi et pour s’assurer la qualité d’enfant de Dieu, quelqu'un se faisait circoncire, Christ ne lui servirait de rien. Car aussitôt qu’on entre dans la carrière des observances légales, il faut la parcourir jusqu’au bout; et il est clair que, si la justice s’obtient par la loi, ce n’est pas par la seule loi cérémonielle, mais par la loi dans son ensemble et dans chacune de ses parties : la foi uniquement, ou la loi tout entière. Ceux donc qui poursuivent la justice des œuvres, se séparent du Christ et

(Galates 2 : 7-12; 13-15.)

brisent eux-mêmes avec le salut par grâce. C’est ce que ne feront jamais les homines qui sont conduits par l'Esprit de Dieu. Ils savent qu’en Jésus-Christ, ce n’est ni d’être circoncis, ni de ne lêtre pas qui sert à quelque chose, mais que ce qui sauve, c’est la foi, princrpe de vie dont Pefficace se déploie par amour. Il faut bien remarquer ce point essentiel. La foi que l’Apôtre met en opposition avec la loi; la foi qui justifie, tandis que la loi condamne; la foi qui rend libres ceux que la loi retient dans l’esclavage, cette foi n’est pas une simple adhésion de l’entendement, mais une sainte affection, le regard du cœur vers Jésus-Christ crucifié et ressuscité (Jean 6 : 40), et cette sainte conplation produit amour de Dieu et du prochain. on

3906. (7-12.) C’est ainsi que les choses s'étaient passées jusque-là chez les Galates. Animés par une vraie foi, ils ne marchaient pas, ils couraient dans [a carrière. Comment donc s’étaient-ils arrêtés pour ne plus obéir à la vérité? Leur erreur, pour certain, ne venait pas de celui qui les avait appelés au salut et qui les appelait encore par la voix de son apôtre. Un peu de mauvais levain s’était glissé parmi eux et menaçait d’envahir toute l'Eglise. Mais Paul se confiant dans le Seigneur bien plus qu’en eux, avait tout espoir que leur égarement ne serait que momentané, et que, de cette manière, celui qui les avait troublés, porterait seul la peine de son péché. Hélas! il savait par expérience qu’il n’est pas agréable de soutenir la vérité envers et contre tous; il savait que ce qui irritait les Juifs, c'était précisément la doctrme du salut par pure grâce, et que, volontairement esclaves, ils auraient voulu voir tous les hommes esclaves comme eux; mais, pour leur plaire, pliera-t-il l'Evangile à leurs préjugés? Non; mieux vaut être persécuté par les falsificateurs de la saine doctrine, que de se concilier leur approbation en les imitant.

3907. (13-15.) Cependant, plus l’Apôtre avait insisté sur l’erreur de ceux qui cherchent leur justice dans la loi, plus il importait qu’il prévint l’abus qu’on pouvait faire du salut par grâce. Reprenant ce qu’il disait tout à l'heure relativement à la liberté que Jésus-Christ assure aux croyants, il rappelle à ses lecteurs que la liberté des enfants de Dieu n’est pas la liberté de faire le mal. Parce qu’ils croient, ils aiment; et, parce qu’ils aiment, ils s’assujettissent les uns aux autres, renonçant ainsi librement à leur liberté, ou plutôt n'étant affranchis de l’esclavage du péché que pour devenir les esclaves du devoir. Par là, sans chercher leur justice dans la loi, ils accomplissent la loi, puisqu'on peut la résumer en cette seule parole : « Tu aimeras

EXHORTATIONS. 51 (Galates 5 : 16-25; 926. G: 1-5) ton prochain comme toi-même. » En effet, c’est par notre amour pour le prochain que se manifeste notre amour pour Dieu. Or, que s’était-il passé, selon toute apparence, chez les Galates? Avec l’erreur, Satan avait semé des divisions, des discussions, des querelles ; la charité disparaissait et la ruine des âmes était imminente.

3908. (16-25.) Le chrétien croit, donc il aime; donc il n’est pas sans loi, encore qu’il ne soit pas sous la loi. Voici maintenant un autre point de vue de la même vérité. Les disciples de Jésus sont conduits par le Saint-Esprit. On peut donc leur dire : « Marchez par PEsprit, et n’accomplissez pasles désirs de la chair. » L'Esprit et la chair sont deux maîtres, comme Dieu et Mammon (Matth. 6 : 24) ; leurs volontés sont absolument opposées, et à tel point que le même individu fait souvent, selon la chair, des choses que, selon l'Esprit, il condamne. S'il y a des fruits de l'Esprit, il y a aussi des œuvres de la chair. Celles-ci sont manifestes, c’est-à-dire qu’elles se produisent au dehors et sont faciles à reconnaître. Il en est d’horribles, telles que l’adultère, la fornication, le meurtre, l’ivrognerie; il en est de moins odieuses, miais non moins coupables, savoir la jalousie, l’esprit de secte, la gourmandise ; ceux qui s’y livrent n’hériteront pas le royaume de Dieu, et si nous sommes conduits par l'Esprit, nous éviterons tous ces péchés, bien que nous ne soyons pas sous la loi. D’un autre côté, les fruits de l'Esprit ; non, le fruit de l'Esprit (car l’œuvre de Dieu est une œuvre une et indivisible), le fruit de l'Esprit c’est Pamour et toute une aimable famille de saintes affections et d’honnêtes habitudes. Or, contre ces choses, il n’y a point de loi, car c’est au contraire tout ce que la loi exige de plus relevé. En résumé donc, les disciples de Jésus ne pratiquent pas les œuvres de la chair, parce qu’ils ont crucifié la chair avec ses convoitises ; en eux, au contraire, se produit le fruit de l'Esprit, parce qu’ils vivent par l'Esprit. Il suit de là qu’ils accomplissent la loi, quoiqu’ils ne cherchent point en elle leur justice; c’est même par cette raison que l'Esprit d'adoption les sanctifie.

3909. (26; 6 : 1-5.) En comparant le dernier verset du chapitre 5 avec les versets 43 et 45 de ce même chapitre, on voit la pensée de PApôtre se rejoindre en quelque sorte. Aimer son prochain c’est, d’un même coup, accomplir la foi et la loi. Combien donc ne sont pas dangereuses et criminelles les disputes entre chrétiens, disputes qui viennent toujours de ce qu’on abjure de part ou d’autre la saine doctrine, et encore plus de ce qu’on manque d’humilité. Pourquoi cette passion d’idées nouvelles, et ces discussions violentes, et cet esprit de

(&alates 6 : 6-10.)

rivalité qui troublent les Eglises? Cest, nous dit le Saint-Esprit, c’est l'amour de la vaine gloire qui produit tout cela. On veut briller, on veut se faire un nom, et, dans le cas particulier, on ne peut renoncer à toute justice propre. Après quoi, la charité pouvant seule guérir les plaies de l’orgueil et de l’égoïsme, lorsqu'un homme s’égare de la sorte, faisant l’œuvre de la chair et non celle de l'Esprit, il faut que ceux qui sont conduits par l'Esprit le redressent avec douceur, comme on redresse un acier qui volerait en éclats si on le traitait brusquement. Ce qui d’ailleurs doit porter à la douceur celui qui reprend un frère, c’est la pensée de sa propre fragilité. Gette considération et celle de nos nombreux péchés nous diront en outre de porter le fardeau les uns des autres; c’est-à-dire de compatir aux misères spirituelles de nos frères, d’en gémir avec eux, de leur en procurer le soulagement. C’est accomplir la loi de Celui qui a « porté nos douleurs et s’est chargé de nos langueurs. » Que si quelqu'un oublie son propre néant, il se séduit lui-même et il se met dans l’incapacité de tendre secours à autrui. Il faut donc que chacun éprouve ou examine son œuvre à sol. S'il croit pouvoir s’en glorifier, que ce ne soit pas du moins en s’élevant au-dessus des autres, car le meilleur même a son fardeau de péchés.

3910. (6-10.) Du devoir de compatir aux misères spirituelles de nos frères, l’Apôtre passe au devoir non moins strict de subvenir à leurs nécessités temporelles. D’abord, il parle de la générosité avec laquelle ceux qui reçoivent les riches enseignements de la Parole de Dieu doivent pourvoir aux besoins des ministres de cette Parole. Rien n’est plus opposé à l’esprit et au texte des Ecritures que de fournir aux frais du culte par des voies légales et par conséquent de contrainte. Il ne l’est pas moins d'encourager les fidèles à faire de riches fondations, au moyen desquelles les besoins de l’Eglise soient assurés pour des siècles, en sorte que ceux qui sont enseignés dans la Parole n’aient à l’avenir plus rien à faire pour l'entretien de ceux qui les enseignent. Dieu veut qu’il y ait cette constante relation entre le docteur et ses disciples : Pun, prêchant la Parole sans rien exiger de ceux qui l’écoutent et prêt à continuer lors même qu’on ne lui fournirait pas son pain, sauf à se le procurer par quelque travail, comme Paul; les autres, se faisant une douce obligation devant Dieu, de partager leur aisance avec les hommes fidèles qui consacrent leur vie à quelque ministère dans lEglise. Or, dès qu’on le fait pour Dieu, on ne peut que le faire avec libéralité; autrement, ce serait se moquer

EXHORTATIONS. 33 (Galates 6 : 11-16.)

de Gelui qui nous a tout donné et à qui tout revient de droit. En général, notre devoir est de semer l’argent. Beaucoup de personnes le jettent au vent, ou le sèment en des lieux d’avarice, de sensualité, de vaine gloire : c’est semer pour sa chair; mais quand viendra le temps de la moisson (Matth. 13 : 59), de telles semailles ne produiront qu’une récolte de mort et de pourriture. Si au contraire on sème pour lEsprit, on moissonnera, de l’Esprit, la vie éternelle. Toute dépense a donc en elle un germe de mort ou de vie. Mais la moisson ne suit pas immédiatement les semailles. De mauvais jours peuvent venir entre deux. Le fruit de nos bonnes œuvres se fait quelquefois attendre. Pas de découragement néanmoins ; la récolte ne peut manquer au temps voulu de Dieu. Quant à la saison des semailles, elle dure toute la vie : les occasions d’exercer la bienfaisance ne manquent jamais, soit envers les nécessiteux, quels qu'ils soient, soit surtout envers ceux qui appartiennent à la maison de la foi, c’est-à-dire à l'Eglise de Jésus-Christ [3380].

3914. (41-16.) Sans revenir sur ce que j'ai dit à l’occasion du verset 11, voyez comment PApôtre, qui pensait avoir achevé sa lettre, reprend avec une nouvelle force l’idée principale qu’il y a développée : «Ceux qui veulent vous contraindre à la circoncision ne le font que par des motifs charnels. Au fond, ils sont plus touchés de lhonneur d’appartenir à Abraham que de posséder les grâces qui découlent de la croix du Christ, et ils s'efforcent de calmer, par ce compromis, lirritation des Juifs contre l'Evangile. » «Quant à moi, continue Paul, toute ma gloire est dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ. Par elle, le monde me fait l'effet d’un crucifié ; je m'en éloigne avec compassion et avec dégoût, m’inquiétant peu de lopinion qu’il peut avoir de moi. Par elle aussi, je suis crucifié quant au monde ; c’est-à-dire que je me soumets à tout ce que le monde voudra me faire souffrir à raison de ma foi. Après cela, peu importent au fond et la circoncision et l’incirconcision ; l'essentiel est d’être devenu une nouvelle créature. Pensez-vous comme moi là-dessus et faites-vous de cette pensée la règle de votre vie? En ce cas, la miséricorde et la paix vous appartiennent, à vous fidèles de Galatie, non moins qu'aux enfants d'Israël qui ont cru Dieu. » — En rapprochant le verset 45 de ce que nous lisons au chapitre 5, verset 6, on arrive à ce résultat évident que la nouvelle création ou la nouvelle naissance dont Jésus-Chirst parlait à Nicodème (Jean 3) se manifeste par la foi, mais par une foi qui déploie son efficace au moyen de la charité,

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