LES PARTIS DANS L'ÉGLISE
(EX Corinthiens 1 : 10-17,) entre en matière; et d’abord , il reproche aux Corinthiens l'esprit de parti qui s'était glissé parmi eux. Cela, certes, ils n’avaient eu garde de le lui marquer dans leur lettre ; mais il l’avait appris, on ne sait quand, par des gens appartenant à une femme, membre de l'Eglise, nommée Chloé. Il y avait donc au milieu d’eux des disputes, et ces disputes provenaient de ce qu'il s'était formé certaines coteries, qui, sans se constituer en Eglises différentes , se rattachaient chacune à quelque nom d’homme et se croyaient plus excellentes que les autres. Paul introduit iei son propre nom et ceux d’Apollos, de Céphas, c’està-dire de Pierre; même celui de Christ. Je ne pense pas qu’on en doive nécessairement conclure que ces coteries étaient juste au nombre de quatre, ayant pour drapeau les quatre noms indiqués. Il se pourrait que, par ménagement pour les personnes, Paul eût substitué aux vrais noms ceux que nous lisons ici, et je me confirme dans cette pensée en lisant ce qui est écrit deux pages plus loin (4 : 6). C’est par figure, dit Paul, qu’il avait tourné son discours sur Apollos et sur lui. Quoi qu’il en soit, voici ce qui résulte du passage que nous avons sous les yeux. Paul, Apollos et Pierre enseignant tous les trois le même Christ, dire : Moi je suis à Paul, moi à Apollos, moi à Céphas et moi à Christ, ce n’était pas se poser comme étant en différend quant aux dogmes de la foi; mais c'était, pour les trois premières catégories, se rattacher à des noms d'hommes, et pour toutes les quatre, c'était diviser ce qui aurait dù demeurer uni. À Ephèse même, d’où Paul écrivait cette lettre, il avait séparé les disciples de ceux qui ne l’étaient pas (Actes 19: 9) [3871]: toute séparation n’est donc pas criminelle; mais elle le devient, du moment qu’on ne peut alléguer de différence essentielle entre soi et ceux dont on se sépare.
3954. Rien, je le répète, n’autorise à penser que les Corinthiens fissent autant d'Eglises qu'il y avait de noms auxquels ils se rattachaient. Tout en continuant à ne former, en Christ, qu’un seul corps extérieur, leur faute était d’avoir chacun son docteur de préférence, comme le public des théâtres se passionnait pour certains acteurs et se partageait en autant de camps; leur faute encore était de faire au défi, non à qui aurait le plus de zèle dans le service du Seigneur, mais à qui prônerait le plus son docteur favori. C’est un mal qui n’est que trop commun dans beaucoup d’Eglises, et de véritables sectes sont sorties de là. Eh! quoi, dit l'Apôtre : « Christ est-il divisé? » N'est-ce pas un seul et même Christ que vos docteurs vous annoncent? Sont-ce vos docteurs qui ont été crucifiés pour vous? Est-ce pour faire de vous
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