‹ Études éparses et inédites de Benjamin Sulte [microforme]Chapitre 20 sur 37 · Il faisait la synagogue · texte numérisé non relu

Il faisait la synagogue

je fis ou plutôt donnai à la messe l'eau bénite du jour précédent.

“J’intimai le salut pour les trois fêtes, le jour de Pâques chez nous, le lundi à l’hôpital, et le mardi aux Ursulines. Le premier coup sonna à la paroisse à cinq heures; on y chanta les litanies du nom de Jésus, raccourcies de la moitié, l'O filii et Regina Coeli. Après les litanies, je dis l'oraison du jour et, à la fin du Regina Coeli, l’oraison qui lui est propre.”

L'ordre dans lequel le Père Lalemant conduit les affaires du culte avec une pointe de critique, ça et là, montre qu'il avait l'intention de régulariser le service, car il était revenu des missions huronnes l’automne précédent et il sembla e’appliquer à établir à Québec une règle précise et reconnaissable pour le futur. 11 est possible, en effet, que, de 1632 à 1615, cette partie fut restée en souffrance, à cause du peu de moyens que l’on possédait pour rehausser les cérémonies religieuses. Ce missionnaire n’était pas le premier venu; il a laissé la marque de sa valeur partout où il a passé et l'idée de tenir le journal que je viens de citer est certainement un indice de son esprit actif, exact, raisonné et de bon ton. L'instinct du decorum guide sa plum», on le voit à chaque page.

En le lisant, il me semble que je l'ai connu, parce que j'ai rencontré des hommes de sa trempe. C'était un organisateur. Au pays des Hurons, il avait mis en pratique des idées excellentes. Par exemple, il créait la mission célèbre de Sainte- Marie afin d'en faire le point central des travaux apostoliques dans le Haut-Canada. Le Père Ragueneau nous raconte que Jérôme Lalemant agissait selon sa tête, étant tant soit peu dominateur dans sa conduite, mais d'une initiative précieuse,

Vous ne sauriez croire le plaisir que j’éprouve à me lier, quelque sorte, avec ces personnages dont j’étudie les actions pour arriver à comprendre le rôle qu’ils ont joué. A l’aide de

Le Père Jé fondateur, créa Si le malheur

attention à titre de

ujours il règle d’une une difficulté que d'a par des demi promesses ou ne traînait sur rien, voyait juste et sion. Cela explique comment

tête. Autour de ces hommes-] i qui tâtonne dit qu’ils

manière finale

Père Jérôme Lalemant.

Avril 1901.

VERDUN

VERDUN

Le chemin (1) qui part de la ville de Montréal et remonte le fleuve, non loin du rivage nous amène à Verdun (2). une localité devenue ville en 190%. Continuant la route on arrive à la ville de Lachine, plus ancienne et plus grande.

Le nom de Verdun, appliqué au lieu en question,, date de 1662 (3), au moment de la construction d’un fort de

1, La rue Wellington et le chemin Lasalle.

2. Nos compatriotes prononcent presque sans cesse Verdon et Verdin.

3. En 1911, M Massicotte écrivait, da te Bulletin des recLerches historiques, à la page 152: ‘Pour fixer à 1662 la cession du fief de Verdun ou l'érection du fort de ce nom L Sulte paraît s'appuyer sur les plans du Vicur Montréal, publiés par Morin: or, ce dernier auteur ne donne pas les so! et aucun chercheur, à notre connaissance, n'a encore pu trouver le document permettant de confirmer cette assertion,

“A la mort de Lambert Closse, en février 1662, Zacharie Dupuis fut promu major de Montréal et on im ne qu'il reçut, comme son devancier, en récompense de ses services, un fief sur lequel il projeta d'élever une redoute ou un fort; cependant, lorsqu'on suit le développement de Viilemarie et que l'on songe à l'état de nie à cette époque, il semble peu certain que ce fort ait € gé avant 1665, pour le moins.

“Quant à l'origine du nom de Verdun, on peut la conjecturer. faute de document, avee la relation qui existe entre M. Dupuis et le susdit nom. Comment ne pas supposer qu'il à voulu, en bantisant son fief, se rémémorer sa patrie.”

Pierre-Georges Roy, dans ses Noms géographiques de la province de Québec, p. 480, dit aue Verdun, vers cette époque, portait le nom de Côte de Gentilly. En 1830, elle se nommait P'vière-Saint-Pierre et faisait partie de la municipalité des C. saux Saint-Pierre qui renfermait Îles côtes Saint-Pierre, ‘ant-Paul, Saint-Antoine, Saint-Luc, Liesse, les Tanneries de Rolland (Saint-Henri), la Côte des Neiges, Westmount, etc.

VERDUX pieux ou poste quelconque, pour la traite des fourrures probablement, d’après un plan de l’île de Montréal que possède le séminaire de Saint-Sulpice. C’est au même séminaire que lon trouverait (si elle existe) lexplication du choix de ce terme, mais Verdun n'était pas nouveau comme nom de place Puisque la Bourgogne, la Lorraine, la Gascogne avaient chaune sa ville appelée Verdun. De nos jours, il Y a un autre Verdun dans Je comté de Huron, côte sud-est du lac Huron.

En 1665, quelques colons demandaient des terres entre Villemarie et Je Saut Saint-Louis et Ja rivière Saint-Pierre. En 1668, je juge d’Ailleboust CD ordonna d'ouvrir un chemin dans cette direction (5),

La Salle, cette année 1668, se faisait accorder un fief à la côte Saint-Sulpice et ;] Y Commencça une maison. mais au bout de quatorze mois, il avait tout abandonné. Le lieu prit le nom de Lachine en mémoire du voyage manqué que La Salle avait entrepris, en 1669, Pour se rendre en Chine Par les grands Jacs ot la rivière Ohio. Verdun n'a jamais attiré l'attention de cet aventurier auquel des écrivains fantaisistes prêtent toutes sortes de fondations, Disons aussi qu’il était natif de Rouen et non pas d’un Verdun quelconque en France, comme on l’a imprimé étourdiment. Le Verdun qui nous occupe portait ce nom quelques années avant l’arrivée de La Salle dans la colonie.

Il a dû s'établir bientôt des colons sur le chemin mentionné plus haut. depuis Montréal ou Villemarie jusqu’à Ja Pointe-Saint-Charles et même plus Join jusqu'à Verdun, mais

Page 1