L'onlonnance est. en date di 15 avril
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il faudrait avoir les papiers de Saint-Sulpice pour s’en assurer (6).
Dans le volume des titres seigneuriaux publié en 1852 (page 257) par la législature de Québec on voit que, le 18 octobre 1672, l’intendant Talon signa la pièce suivante: “Zacarie Dupuy, escuyer, major de Montréal, a cidevant obtenu du sieur Collier, procureur de messire Alexandre Le Rageois, sieur de Bretonvilliers, supérieur du séminaire de St- Sulpice, seigneur de l’île de Montréal, une concession de huit arpents de front sur le fleuve St-Laurent, au bas des rapides St-Louis, avec le droit de pêche vis-à-vis... et vis-à-vis la dite concession, dans le fleuve, il se rencontre l’île au Héron, laquelle en fait presque deux à cause d’un petit chenal... accordons l’île au Héron, avec les petites îles adjacentes, et le droit de pêche... au dit Dupuy (?).
En 1674, Zacharie Dupuy, sieur de Verdun, major de l’île de Montréal, signe une requête du lieutenant-gouverneur Perrot, au sujet d’un sermon que l’abbé de Fénelon avait prononcé à Montréal et qui fit grand tapage dans le temps.
Le recensement nominal de 1681 donne à Verdun près de cinquante familles et rien à Lachine. Vérification faite, toutes ces familles appartiennent à Lachine de sorte qu’il n’en reste aucune pour Verdun. Is erreurs de ce genre ne sont pas rares et, naturellement, elles donnent lieu à des malentendus déplorables.
Cependant, il pouvait se trouver des colons à Verdun, à
6. Il est à espérer que les Messieurs de Saint-Sulpice puiblieront bientôt un catalogue de leurs archives, car cela devient une nécessité.
7. M. E.-Z. Massicotte, archiviste du district judiciaire de Montréal, a constaté que Dupuis était originaire de-Saverdun, dans l'Ariège, et non pas de Scaverdun ni Verdun, comme l'a dit Mgr Tanguay.
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Saint-Gabriel et à la rivière Saint-Pierre, On les à sans doute versés dans Montréal sans plus de cérémonie. Quant à la desserte religieuse, s’il y en avait une, c’était par voie de mission, ces trois endroits relevaient de la paroisse-mère de Villemarie. Le recensement de 1683 nous est donné par un chiffre, sans nom: “La Chine ou haut de l'île, 3 lieues sur 1 lieue: 314 âmes”. Impossible de savoir ce qu'était Verdun Comme population.
Gédéon de Catalogne, officier des troupes, dit que, en 1688, on forma un <amp volant de deux cents hommes qui, sous les ordres de Subercase, alla camper à Verdun, distance de deux lieues de Montréal, pour‘être à portée de fournir du secours où il serait besoin contre les maraudes des Iroquois.
Subercase était à la tête d’un autre détachement qui, lui aussi, prit part à la lutte. M. de Vaudreuil exerçait un autre commandement. Rendus à Lachine on en vint aux gros mots. Les troupes retournèrent au camp de Verdun. Cette affaire de Lachine a été racontée, mieux que personne, par le juge Désiré Girouard. 11 dit: “La grande prairie du rapide offrait tous les avantages désirables Pour un camp. Toute la côte occidentale de Pîle de Montréal était souvent indiquée sous le nom de Verdun. C’est à cet endroit que plusieurs familles de Lachine se réfugièrent après le massacre”,
M. Girouard met la Population de Lachine à trois cents vingt personnes dont vingt-quatre périrent, hommes, femmes, enfants, et quarante-deux furent capturées ou se perdirent dans ce massacre. A cette époque l'épouvante était telle que Von parlait de cent deux, deux cents, trois cents personnes tuées ou enlevées, mais la démonstration faite par M. Gi-
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rouard donne la mesure de la vérité. M. de Vaudreuil était le chef d'une compagnie de cent homes, nouvellement organisée, qu’on appelait les mousquetaires et qui a dû passer et repasser par le camp de Verdun. Nous verrons plus loin pourquoi je mentionne ces militaires.
Sur un autre point et afin de prévenir une fausse supposition possible, il faut noter que la mère de M. de Vaudreuil portait le nom de Verdun, mais ce gentilhc.:nme n’est venu au Canada qu’en 1686, c’est-à-dire vingt-quatre ans environ après l'adoption du nom de Verdun par le séminaire de Saint- Sulpice pour désigner le lieu situé sur le chemin de Lac'ine.
En 1700, fut commencé le canal dit de Lachine, qui épouse la rivière Saint-Pierre. Peut-être que la colonisation de Verdun s'en ressentit mais je n’en connais rien. En 1702, ce que l’on nommait le chemin de Lachine fut amélioré par le travail des soldats, Dans son rapport de 1714, Gédéon de Catalogne se contente de dire que Verdun forme partie de la paroisse de Montréal. Par malheur, la carte qui accompagnait le rapport est perdue. Elle donnait la forme des terres avec le nom de chaque habitant,
L’arrêt de 1722 qui délimite les paroisses porte que celle de Montréal comprend “la Pointe Saint-Charles ct la côte des Argoulets, avec l’île aux Hérons située vis-à-vis la dite côte des Argoulets”. Le nom de Verdun ne paraît pas. Les argoulets, ce sont des arquebusiers, des mousquetaires, des fusiliers, des carabins, employés comme infanterie légère, précisément les hommes du camp volant de Verdun. Dans un acte de 1830 Mgr Joseph A. Richard, premier curé de Verdun, a vu “côte des argoulets ou Verdun.” Un ruisseau venant des terres du milieu de l’île et passant derrière l’église actuelle de Verdun, à vingt arpents des limites de la paroisse de Montréal, s’appelait, il y a cent ans, “rivière des argoulets”,
En 1841, Mgr Richard a lu sur un document: “côte de
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Verdun ou rivière Saint Pierre” Au recensement de 1760, Verdun est toujours compris dans la Paroisse de Montréal ; il y resta encore cent quarante ans.
La vente de Ja ferme Galt (8), divisée en lots à bâtir, commença un village, en 1896, et bientôt ce fut une bourgade avec dépendance, puis en 1899, on y comptait cent onze familles ou cinq cent soixante-neuf âmes, alors la paroisse fut établie. En 1907, Verdun est ville de Par la loi. Aujourd'hui On y compte trois mille familles, soit 20,000 âmes, avec une église de $128,000 payée.
Si quelqu'un veut s’en donner la peine les origines de Verdun peuvent être étudiées de plus près que je n'ai pu le faire, et ceci est un commencement qui peut servir aux chercheurs.
d'immeu rdun fut
Doit-on dire: monnaie de carton ou monnaie de carte? St votre monnaie est en carton, à la bonne heure! carton il y a, mais que dites-vous des cartes à jouer devenues monnaie légale? Cela s'est passé dans la Nouvelle-France, de 1685 à 1520. Le fait paraît étrange: il est explicable, De plus, il à ceci pour lui: test le premier papier-monnaie ayant le cours de l'argent monnayé dont les enfants de Japhet aient connu l'emploi. Ni l’Europe ni l'Amérique ne s'étaient avisées d’un pareil bouche-trou dans un moment de crise, l’expédient a fait école comme on le verra ci-après,
L'intendant Jacques de Meulles était venu en Canada en
168% ct s'apercevant que nous vendions à} ‘rance moins que aous n'achetions d'elle, il comprit pourqu ‘: Canada :e trouvait sans argent. Les Labitants avaient : cours au troc, à la manière des Sauvages. On donnait un onjet, un article quel- “onque en échange de ce que l'on achetait ou du travail exécuté, Cet état primitif était par trop gênant.
En, sus, depuis 1684, le roi envoyait un détachement de soldats pour garder les dépôts de pelleteries et mettre obitacle aux maraudes des Sauvages, mais il oubliait de le payer, tout en ordonnant de le faire vivre.
De Meulles conçut l'idée de fabriquer de l'argent au moyen de sa signature, dans l'espoir que le roi lui ferait l'honneur de rencontrer ces obligations. Le roi approuva la mesure et ne paya guère (1).
1. La monnaie de carte servait à payer les troupes et les penses publiques. C'est ainsi qu'elle s'est vite répandue chez les Canadiens qui pouvaient s'en servir dans le commerce et aux magasins du roi.
Faute d'imprimerie, on devait écrire ces sortes de “bons” à la plume; faute de carton, il ÿ avait le papier ordinaire, mais celui-ci était tellement ordinaire qu'il n'avait aucune consistance, On adopta le dos blanc des Cartes à jouer qui abondaient au magasin, paraît-il, ce qui montre que:
Le Canadien était un beau joueur Et pariait toujours par l'as de coeur,
Sur le dos de la dame de trèfle, par exemple, on écrivait : “Bon pour la somme de quatre livres.” L’intendant signait st posait son sceau de cire. Le trésorier de la colonie signait. Parfois, le gouverneur signait aussi. La seconde dénomiaation était de quarante sous, sur une moitié de carte. La
troisième, quinze sous, prenait un quart de carte, avec des lettres initiales au lieu de la pleine signature.
à Après 1720, on eut recours aux cartons, mais c'était la même chose, en empirant, si bien que, rendu à 1760, il y avait plus de quatre-vingts millions de francs de ces écritures qui n’étaient pas payées et que le trésor français répudia (2).
... M. R.-W. Mclachlan, numismate bien connu, a publié dans l'American Numismutic Association une belle étude sur ce sujet. Il apporte du nouveau, avec des éclaircissements dont nous avions besoin. Il a le soin de faire remarquer la différence entre les anciennes lettres de change en usage par toute l’Europe et la monnaie de Meulles. Jamais les lettres de change, on les billets à ordre ou au porteur, n’ont cireulé êvec J9 même caractère que nos cartes d’il y a deux cents ans. Le système de l’une ne correspond pas à l’autre, L'objet n’est Pas identique non plus.
2. Garneau dit trente-quatre millions en ordonnances et sept millions en lettres de change dûs aux Canadiens, Disons à Peu près autant aux Français.
MONNAIE DE CARTI
Rien de semblable à nos cartes n'existait en Europe
lorsque l'intendant signa sa première pièce de cette monnaie (3). {1 créait un nouveau genre de circulation financière, La banque de Venice n’avait rien de pareil. La banque de Hollande s'en approchait encore moins. Aucun mo- Harque ne répandait du papier en guise d'argent, La banque d'Angleterre n’existai: pas encore en 16 La vérité est comme ceci: nos cartes furent les premiers billets de banque mis en circulation depuis Adam et Eve (4).
: La première imitation du système de Meulles eut lieu en 1690 lorsque, au retour de l'expédition de Phipps, le Massachusetts se vit dans la nécessité de combler le vide que cette dépense occa ionnait dans son trésor (5). Les dettes de la colonie furent payées en bills, absolument à la manière de Québer, mais non pas sur cartes à jouer, puisqu'il n'existait rien de tel chez les puritains. Ajoutons que le Massachusetts gérait Ses Propres affaires ; les cartons furent rachetés régulièrement et tout en resta là, car on ne recommença jamais l'opération, tandis que chez nous elle devint un mal chronique (6).