‹ Études éparses et inédites de Benjamin Sulte [microforme]Chapitre 6 sur 37 · Abbé Ferland, Cours d'histoire du Canada · texte numérisé non relu

Abbé Ferland, Cours d'histoire du Canada

volume 1, p. 281.

Champlain promit d'étudier l’affaire et comme il se rencontrait des obstacles à ce que, cette même année 1633, la traite ge fit à Québec, on décida que ce serait à Sainte-Cr.ix, un peu au dessus du poste de Québec, disons vers le Platon de Lotbinière.

Cent cinquante canots hurons, montés par sept cents hommes, s’arrêtèrent à Montréal vers la fin de juin où ils rencontrèrent les Algonquins de l’île des Allumettes qui les effrayèrent en parlant des Français disposés, disaient-ils, à tirer vengeance de la mort d’Etienne Brûlé, tué dans ces derniers temps au pays des Hurons. Une délégation fut envoyée à Champlain qui les tranquillisa le 4 juillet, de sorte que le 27 de ce mois la flottille arrivait à Sainte-Çroix. Au retour, les Iroquois survinrent, il y eut des hommes de tués et Champlain décida d'adopter pour l’avenir la place des Trois-Rivières.

Duplessis commanda les vaisseaux de traite allant en France l’automne suivant et revint au mois de juin 1634(10). Le 5 juillet, il était aux Trois-Rivières où l’on avait entrepris, la veille de ce jour, la construction d’un fort permanent(11). La traite eut lieu avec les Sauvages du Saint-Maurice, de l’Ottawa et les Hurons. Les Pères Bréboeuf, Davost, Dani:l s’y étaient rendus pour continuer leur voyage jusqu’au pays des Hurons, mais ceux-ci étaient revêches à l’idée de se charger du transport des trois missionnaires. C’est Duplessis qui les décida à rendre ce service. Le 4 août, il rentrait à Québec et “le 12 août monsieur Du Plessis Bochart, général de la flotte, partit pour la France”(12).

10, Sur un de ses quatre vaisseaux, commandé par le capitaine Pierre de Nesle, se trouvaient Robert Giffard, les Pères Charles Lalemant et Jacques Buteux et le Frère Jean Liégeois.

11, Relations des Jésuites, 1634, pages 88-91; 1635 p. 24. 12, Relations des Jésuites. 1634, p. 913; 1635, p. 13. Du-

plessis arriva e: France au milieu de septembre.

LES DEUX DUPLESSIS 13 ms

Revenant à Québec le 4 juillet 1635, Duplessis amenait “huit forts navires dont six pour Tadoussac et deux pour Miscou” (Gaspé). Il assembla les Nipissiriniens pour leur parler des missionnaires. Il donne des ornements à l’église de Quéhec(13). A l’annonce de l’arrivée des canots de traite aux Trois-Rivières, il s’y rendit et invita fortement les Sauvages de l'endroit à apprendre des Français la culture de la terre(14), ce qui était une cause bien difficile à gagner. On ne transforme pas un Algonquin en cultivateur. Quant aux Nipissiriniens mentionnés plus haut c’est probablement aux Trois-Rivières, non pas à Québec, que Duplessis leur parla des missionnaires,

La traite fut plus abondante que l’année précédente parce que le cuoix des Trois-Rivières convenait mieux aux indigènes et elle se continua prospère jusqu’à 1655 où Montréal en errêta une partie pour son compte, Le 27 juillet, un nommé Lefebvre, domestique de “Monsieur le général Duplessis se noya en se baignant près du fort”. Nous savons ce que signifie ce mot “général”; il n’est pas question de troupes militaires(15).

Parti pour la France vers l'automne de 1635, Duplessis fut de retour à Québec le 28 juin 1636. Le 2 juillet, en ce lieu, il assiste à une assemblée des Sauvages de Tadoussac et il ordonne que l’on construise un poste en cet endroit (16).

13. Relations des Jésuites, 1635, p. 6, 7, 19, 20, 24; abbé Faillon, Histoire de la colonie française en Canada, volum: 1, p.278. Deux tableaux en cuivre pour Notre-Dame-de-Recouvrance,

Page 1