CHAPITRE PREMIER
DISPOSITIONS GENÉRAIES
Pour saisir le sens technique du Devis, il faut avant tout distinguer dans l’Inseription les passages qui ont trait aux Longs-murs, de ceux qui se rapportent à l'enceinte même de la Ville.
Quelques lignes à peine ont trait spécialement aux Longs-murs , mais ces lignes suffisent pour caractériser des dispositions tout à fait étrangères à celles de l’encemte: Deux parements séparés par un large intervalle; entre les deux, un remplissage de construction grossière ; au sommet, une large voie de circulation.
Ce sont les murs mêmes de l'enceinte qui font l’objet principal de l'inscription ; et le profil-type qu'elle définit répond dans son ensemble
aux indications du croquis ci-contre :
de l'humidité du ἢ ὑο __. ss an ner à raison de sa structure plus homogène et plus régulière, une épaisseur moindre 4
celle du massif grossier des Longs-murs: aussi ne trouve-t-on point à son sommet la large voie de circulation désignée dans le texte sous le nom de péridrome, mais un simple chemin de ronde (δίοδος). Ce δίοδος.
annexée à cette τς Le long de la crête extérieure du mur, règne un “parement ςυς crénelé : | : : Ὑ AAA
Le long de la crête intérieure, s’alignent une série de pilastres Ε, espacés de huit pieds d’axe en axe.
Et les poutres de la toiture reposent d’un bout sur les pilastres E, de l’autre bout sur les merlons du crénelage.
A proprement parler, cette toiture du chemin de ronde est moins un comble qu'un blmdage surmonté d’une terrasse : partout les bois sont recouverts par un massif de terre ou protégés par d’épais enduits ; le chemin de ronde se présente aimsi comme une véritable casemate réenant au pourtour de l'enceinte.
Aux créneaux du chemin de ronde sont adaptés des volets, et la zone de terrain qui entoure les murs est occupée par de larges fossés et des palissades.
Telle est la fortification, envisagée dans son ensemble. Et cette fortification, le texte nous la montre réduite à l’état de délabrement le plus complet:
Ici, les parapets ont leurs parements corrodés sur plus de six doigts de profondeur (plus de 0,11 : 1. 55) ; ailleurs des pans entiers de la muraille sont tombés en ruine jusqu’au niveau du soubassement de pierre qui les portait (1. 47); sur quelques points enfin (1. 38) ce soubassement, la fondation même est à refaire.
— De tels désordres ne s'expliquent que par une longue période d'abandon : la corrosion des parements ne peut être qu’un effet prolongé des pluies, elle suppose la destruction des toitures; et les dislocations qui atteignent jusqu'aux fondations mêmes semblent des brèches pratiquées de main d'homme.
La date de l'Inscription jette quelque jour sur cette situation étrange : Afhènes ne s'était jamais entièrement relevée des désas-
tres de la guerre du Péloponnèse; ses murs étaient en ruine. À lap-
proche de l'invasion macédonienne, elle tenta un énergique effort pour les remettre en état de défense, mais ce ne fut à coup sûr qu’une reprise improvisée, et la restauration définitive restait à faire. Tant que dura la puissance macédonienne, cette restauration dut être ajournée, et les désastres s’aggravèrent ; jusqu'à ce qu'enfin, à la mort d'Alexandre ; Athènes revenant aux illusions de son indépendance, reprit ce grand travail des murs qui, selon la fière expression du décret (1. 3), devait être « une restauration à toujours. »