Ι. — LES SUBSTRUCTIONS
Les substructions, avons-nous dit, sont en pierre; et, autant qu'on en puisse juger d’après les fragments mutilés du texte (1. 38 à 46), La disposition de ces pierres tient le milieu entre l’appareil polygonal et l'appareil régulier.
Les surfaces de lits sont astreintes à l’horizontalité : mais comme le devis n'impose pas une épaisseur d’assise uniforme, il est à croire que les lits présentent des décrochements plus ou moms multipliées.
Quant aux joints montants, ils ne sont soumis à aucune loi : rien n'oblige l'entrepreneur à les retourner d’équerre par rapport aux plans de lits.
Un agencement de blocs à lits horizontaux et à joints obliques, tel est done l'appareil des soubassements : c’est d’ailleurs à ce type
1 L'an 339.
que se rapportent les murs de Messène et la plupart des constructions militaires des Grecs’.
Au voisinage des parements, les joints montants doivent être ajustés au ciseau, mais dans le corps du massif, ils peuvent laisser entre eux des interstices plus ou moins larges : dans les plus larges on intercale des fragments de pierre assujettis par des coins en bois d’olivier; les autres, on se contente de les combler par un remplissage de mortier de terre mêlée de paille hachée. — Observons incidemment que le mortier n’est pas indiqué comme servant de /#f de pose, mais uniquement comme fourrure ou remplissage : En Grèce, l’usage de maçonner les pierres de taille à bain de mortier paraît être beaucoup plus récent que le 1v° siècle.
IT. — LE coRPS DES MURS.
Le corps des murs, à partir du niveau où l’humidité n’est plus à craindre (c’est-à-dire à partir d'environ deux pieds au-dessus du sol), se compose de briques crues. Le texte dit simplement «des briques » : mais on sait que 16 mot πλίνθος, comme en latin le mot later, lorsqu'il n’est accompagné d'aucune indication spéciale, veut dire simplement de l’argile moulée en carreaux et séchée au soleil.
Ici, du reste, nous avons un témoignage formel, c’est celui de Vitruve”; et Pausanias nous apprend que les anciens préféraient les murs en brique crue aux murs en pierre, comme amortissant mieux les coups du bélier.
Comment ces briques étaient-elles mises en œuvre? Rien dans le texte ne l'explique : il parait du moins évident que ces briques friables et de faible masse ne pouvaient être employées à sec : assurément on
1 Blouet, Expéd. scientif. de Morée, vol. 1, pl. 39. 2 ὙΠ. Il, var. — Cf. Pausan. VIII, vu, ὃ.
interposait entre elles un lit de terre délayée; et cet emploi d’un mortier entre les briques servira un jour de point de départ à la PRE si tardive chez les Grecs de maçonner les pierres.
— Réparer des murs ainsi construits était chose facile : Pour
Jes altérations superficielles, une simple application de terre de même
nature que celle du mur suffisait à rétablir la régularité du parement ;
, dès que la dégradation devenait profonde, on procédait, nous dit le texte, par repiquage de briques ou de demi-briques.