‹ Etudes épigraphiques sur l'architecture grecqueChapitre 7 sur 147 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

À travers les chiffres et les prescriptions minutieuses du contrat, on distingue sans peine l’économie générale du projet.

L'édifice est à Ia fois une promenade publique et un arsenal : sa situation entre l’agora et les loges de navires explique sa double destination, et son plan y répond à merveille. L'intérieur, allongé en forme de galerie, est partagé en trois nefs par deux files de minces piliers ; aux promeneurs est livrée la nef centrale, et ce sont les bas côtés qui constituent l’arsenal. Pour que la conservation des agrès soit mieux assurée, ces bas côtés ont pour sol un plancher sous lequel l'air circule. Deux étages de tablettes règnent le long des murs; et, au-dessus des pilers, une charpente, faite de bois énormes, est laissée entièrement apparente. Point d'autre décoration à l’intérieur, que le couronne ment même des piliers et, au dehors, une frise à triglyphes ; point d’autres ouvertures que des meutrières pratiquées au sommet des murs et, à chaque extrémité de la nef centrale, deux larges portes donnant libre aecès à la foule. Il y ἃ dans ce parti si net, si franchement rendu, je ne sais quelle dignité sévère dont l'impression devait être saisissante. Qu'on se figure, sur une longueur comparable à celle de la colonnade du Louvre, une charpente dont la simplicité monumentale fait songer à celles des vieilles basiliques de PItalie. La promenade

couverte, éclairée seulement par les baies étroites des galeries qui la bordent, se dessine dans cette lumière vague qui ajoute aux illusions de la profondeur; et, aux heures chaudes du jour, on la voit s’animer des mouvements de la foule qui vient chercher la fraicheur sous son grand vaisseau sombre.

Ι. — CONSTRUCTIONS EN PIERRE

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