‹ Etudes esthetiquesChapitre 122 sur 174 · Solennes tum forte dapes ettristia dona · texte numérisé non relu

Solennes tum forte dapes ettristia dona

Ante urbem in luco, falsi Simoentis ad undam, Libabat cineri Andromache, Manesque vocabat Hectoreum ad tumulum, viridi quem cespite inanem, Et geminas, causani lacrimis, sacraverat aras.

« Accipe et hcec, manimm tibi quae monumenta mearum « Sint, puer, et longum Andromachae testentur amorem, « Conjugis Hectoreœ. Cape dona extrema tuorum, (( 0 mihi sola mei super Astyanactis imago ! c( Sic oculos, sic ille manus, sic ora ferebat ; « Et nunc sequali tecum pubesceret seva ».

Enéide, liv. III.

l'art et la curiosité

que antique cédait par ailleurs à la violence des mœurs de son temps ; mais, avec les moeurs modernes, cette situation eût été trop choquante. Modifier sur ce point la tradition antique n'était pas altérer le type idéal de l'épouse et de la mère que représente Andromaque, mais purifier cet idéal de tout alliage étranger : l'héroïne de Racine ne devenait pas française, mais elle cessait d'être barbare.

Le théâtre de Racine occupe une telle place, non seulement dans notre littérature, mais encore sur la scène, qu'il y a un haut intérêt à approfondir tout ce qui touche à sa poétique. Aussi étudierons-nous avec quelque détail une autre de ses pièces grecques^ Iphigénie, qui va nous donner l'occasion d'un nouveau rapprochement avec Rotrou. Ce dernier suit beaucoup plus fidèlement l'œuvre d'Euripide, en tout ce qui concerne la partie pour ainsi dire matérielle ; mais il s'en écarte beaucoup plus au point de vue moral. Nous n'avons guère à parler de Clytemnestre qui, dans son rôle de mère défendant sa fille, a pu passer d'une scène sur l'autre sans changement notable ; mais Iphigénie et Achille doivent fixer particulièrement l'attention.

Dans la tragédie d'Euripide, Achille est un honnête homme qui se soucie d'abord assez peu de la fille d'Agamemnon, mais s'indigne de l'usage que l'on a fait de son nom pour attirer la jeune fille dans un piège ; il montre, d'ailleurs, un pudique étonnement lorsque Clytemnestre lui adresse la parole, et il redoute, selon ses paroles, l'amour d'une armée désœuvrée pour la médisance et les propos des mauvaises langues. Regardant son honneur comme compromis par l'artifice d'Agamemnon, il déclare que nul ne portera la main sur celle qui fut appelée sa fiancée : « Ce n'est pas^ poursuit-il, dans l'intérêt de mon hymen que je parle ainsi : cent jeunes filles recherchent mon alliance ; mais le roi Agamemnon m'a fait un cruel outrage ; c'est à moi qu'il aurait dû lui-même me demander mon nom pour gagner

Page 1