CHAPITRE VII
la même phrase, il le qualifié de remède \ ce qui semble en faire un grand sacrement au même titre que l'est celui de la pénitence. Le mariage est un remède parce qu'il « suppose le mal de la concupiscence «. Aussi Bossuet parle-t-il constamment de ce sacrement sur un ton qui ne rappelle en rien celui qui règne d'un bout à l'autre de la messe de mariage.
Ecoutez-le maintenant condamner sans restriction ni réserves les réunions mondaines et le luxe : « Les hommes étalent leurs filles^ pour être un spectacle de vanité et l'objet de la cupidité publique^ et les parent comme on fait un temple ^ Ils transportent les ornements^ que votre temple devrait avoir seul, à ces cadavres ornés, à ces sépulcres blanchis ; et il semble qu'ils aient entrepris de les faire adorer en votre place. Ils nourrissent leur vanité et celle des autres. Ils remplissent les autres filles de jalousie, les hommes de convoitise ; tous par conséquent d'erreur et de corruption. 0 fidèles, ô enfants de Dieu, désabusez-vous de ces fausses concupiscences. Pourquoi tournez-vous vos nécessités en vanité ? Vous avez besoin d'une maison, comme d'une défense nécessaire contre les injures de l'air : c'est une faiblesse. Vous avez besoin de nourriture, pour réparer vos forces qui se perdent et se dissipent à chaque moment : autre faiblesse. Vous avez besoin d'un lit pour vous reposer dans votre accablement et vous y livrer au sommeil qui lie et ensevelit votre raison : autre faiblesse déplorable. Vous faites de tous ces témoins et de tous ces monuments de votre faiblesse un spectacle à votre vanité » ^
D'autre part, Bossuet condamne absolument la plaisanterie, c'est-à-dire ce qui tend à faire rire, comme une action légère et indécente, et le rire lui apparaît comme un mouvement indécent des lèvres ^.