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l'art et la nature

Jaune, Yert moyen, Bleu franc,

Pour un œil non reposé dans l'obscurité, la sensibilité kimineuse serait notablement moindre, ce qui réduirait les rapports précédents, mais la quantité de lumière nécessaire à la distinction de la couleur resterait à peu près constante.

Il semble résulter des chitï'res précédents que le rouge se conserverait assez bien dans les parties sombres, tandis que le bleu y tournerait francliement au gris ; en réalité, si cette dernière conséquence est exacte pdur un œil adapté à l'obscurité, elle Test beaucoup moins pour un œil éclairé, et quant au rouge, il passe franchement au noir ; Purkinje avait bien observé que c'est le bleu qu'on peut voir à la lumière la plus faible et le rouge qui exige la lumière la plus forte. C'est qu'en etïet les diverses radiations simples occasionnent des sensations dont les intensités ne varient aucunement suivant les mêmes courbes avec l'intensité objective de ces radiations : le bleu croit, en apparence, incomparablement plus lentement que le rouge \ de sorte que, si deux objets présentant ces couleurs paraissent également clairs sous un éclairement moyen, l'objet rouge sera de beaucoup plus sombre que le bleu dans une demi-obscurité.

Tous ces faits expliquent une foule d'observations familières et sont en quelque sorte confirmés par elles. « La nuit, tous les chats sont gris », dit le proverbe, et notre doux poète Racan a bien noté, en ses Bergei^ies^

... l'ombre de la nuit, dont la noire pâleur

Peint les champs et les prés d'une même couleur.

Entrez, d'autre part, dans une église, avant le lever du jour ; au fur et à mesure que celui-ci parait, les

1. Voir, dans l'ouvrage du Dr Charpentier, la figure de la page 334.

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