CHAPITRE IV
imitons aussi la conformation permanente des corps que nous voyons ». Gomme d'ailleurs « toute modification physiologique éveille dans la conscience Fétat psychologique dont elle est la conséquence normale et le signe naturel ))^ la contagion des émotions se trouve expliquée.
Nous arrivons ici à une des questions de psychologie qui ont été le plus débattues depuis un certain nombre d'années. Cette question ne présente sans doute pas, au fond, autant d'importance qu'on pourrait le croire pour l'objet spécial de notre étude, mais elle en est assez voisine pour qu'il soit indispensable de s'en faire une idée nette. Autrefois, sans méconnaître absolument l'influence du corps sur l'âme, des phénomènes physiologiques sur les phénomènes psychiques, on s'attachait beaucoup plus, en matière d'émotions, à étudier leur expression, selon le titre même d'un ouvrage classique de Darwin, que les états corporels pouvant les engendrer. Il y a un certain nombre d'années, tout a paru renversé. A peu près simultanément et en tout cas indépendamment l'un de l'autre, William James en Amérique ^ et le docteur Lange en Europe ^ soutinrent avec éclat qu'il convient de renverser les termes. « Yoici, dit le docteur Dumas dans sa préface à la traduction de l'ouvrage du docteur Lange, une mère qui pleure son fils ; l'opinion courante admet trois moments dans la production du phénomène :
u V Une perception ou une idée ;
(( 2*^ Une émotion ;
« 3'^ L'expression de cette émotion.
« Cette succession est fausse ; il faut renverser les deux derniers termes et raisonner ainsi : 1*^ cette femme vient d'apprendre la mort de son fds ; 2° elle est abattue ; 3° elle est triste.
(( Qu'est-ce donc que s.a tristesse ? Simplement la