‹ Etudes et appreciations (volume 2)Chapitre 102 sur 169 · Lettre apost. Prœclara · texte numérisé non relu

Lettre apost. Prœclara

Nous avons devant les yeux la situation de l'Europe. Depuis nombre d'années déjà, on vit dans une paix plus apparente que réelle. Sous l'empire de mutuelles suspicions, presque tous les peuples poussent à l'envi leurs préparatifs de guerre. L'adolescence, cet âge inconsidéré, est jetée, loin des conseils et de la direction paternelle, au milieu des dangers de la vie militaire. La robuste jeunesse est ravie aux travaux des champs, aux nobles études, au commerce, aux arts, et vouée, pour de longues années, au métier des armes. De là d'énormes dépenses et l'épuisem.ent du trésor national ; de là encore une atteinte fatale à la richesse publique, comme à la fortune privée : si bien qu'il semble impossible de porter plus longtemps les charges de cette paix armée. Serait-ce donc là l'état naturel de la société ? Or, qu'on n'espère point pouvoir sortir de cette crise, et entrer dans une ère de paix véritable, sans l'intervention bienfaisante de Jésus-Christ. Rien ne sert mieux à réprouver l'ambition, la convoitise, l'esprit de rivalité, ce triple foyer où s'allume généralement la guerre, que les vertus chrétiennes, et surtout la justice. C'est par l'influence de cette vertu que le droit des gens est respecté, que la religion des traités est gardée, que les liens de fraternité sont resserrés et raffermis : La justice élève les nations K

Quelques années plus tard, s'organisaient à La Haye, sur l'initiative du czar Nicolas, les conférences de la Paix dont nous avons parlé. Et l'illustre collaborateur du grand Pape diplomate, le cardinal Rampolla, dans sa lettre, d'une très haute portée politique et doctrinale, au représentant de l'Empereur, traduisait ainsi la pensée de son auguste maître :

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