Voir notre étude précédente sur le " féminisme
.3. Cf. CASTEr.,EiN, Droit naturel, thèse 21e (Bruxelles, 1904)
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représentées. Une représentation distincte et proportionnelle des corps publics, et des grands intérêts de la nation, contribuerait en outre, au moins dans une certaine mesure, à limiter l'influence des incapables, et contrebalancerait les tendances déprimantes du régime. Ainsi pensent des sociologues d'une haute compétence.
Quoi qu'il en soit, nous croyons opportun de rappeler ici les directions données, sur cette question du suffrage politique, par les Pères du Premier Concile Plénier de Québec.
Si la loi, écrivent nos évêques^, vous donne droit de vote, sachez en user avec sagesse et honnêteté. C'est une arme puissante qu'on vous met entre les mains ; emplojez-la pour les bons combats. Votez librement, n'ayant en vue que le bien réel du pays, et n'obéissant qu'à la dictée d'une conscience droite et éclairée^. Soyez en garde contre les tentations de la vénalité, et n'imitez jamais ceux qui mettent à prix l'exercice de leur droit. Vendre son vote, c'est vendre sa conscience et déshonorer le beau titre du citoyen. Un trafic aussi honteux répugne tout à la fois à la saine morale et au sens chrétien^
Les journaux catholiques, et catholiques avant
1. Actaet décréta Cotic. plen. Queb. pr., Lettre pastorale, p. 510.
2. Toute participation aux affaires publiques doit se régler d'après ce mot de saint Thomas : secundum virtutem {Sorti. théoL, i-ii, Q. cv, art. 1).
3. Cf. Freppel, Les devoirs des chrétiens dans Vexercice du droit de suffrage {Quest. act., t. i-v) ; R. P. Lamarche, Le devoir électoral (Saint-Hyacinthe, 1916).
tout, ont, dans ce domaine, une mission très noble à remplir. Indépendants des soucis et des intérêts politiques qui faussent tant d'idées et font fléchir tant de plumes, ils se trouvent, de ce fait, hautement qualifiés pour avertir, éclairer, diriger l'opinion publique, et pour combattre et contrecarrer l'action des maîtres chanteurs et des maîtres exploiteurs qui, en temps électoral, s'abattent sur le vote populaire comme sur une proie. Ils ont eux-mêmes de terribles assauts à subir. Leur attitude, si elle reste ferme et droite, n'en est que plus salutaire et plus digne d'éloges.
L'une des idées contre lesquelles il faut davantage réagir, c'est celle qui tend à faire du suffrage politique un instrument d'oppression de la minorité, race ou croyance, par la majorité. L'histoire contemporaine est grosse de faits où éclate ce danger. Corrompue, égarée et asser\'ie, la démocratie mène à un césarisme d'autant plus aveugle et d'autant plus redoutable qu'il est impersonnel, et qu'il prétend s'appuyer sur le peuple lui-même.
Or, le nombre peut être la force, mais il n'est pas le droit. " C'est ici, dit Mgr d'Hulst, que le droit naturel, méconnu par les modernes docteurs, vient au secours de la liberté opprimée^ " Le vote de l'électeur, le vote du législateur, sont soumis à une loi morale, à des préceptes et à des