‹ Etudes et appreciations (volume 2)Chapitre 98 sur 169 · La Société des nations? pp. 83-84 (Paris · texte numérisé non relu

La Société des nations? pp. 83-84 (Paris

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internationaux, sous le régime de l'ère moderne^ ont pu avoir de bon et d'utile ; mais il croit devoir formuler cette critique fondamentale ^ que nous reproduisons en la faisant nôtre :

De même que Véquilibre européen esc une recette politique qui a sa valeur, mais non pas un principe juridique qui doive constituer la règle souveraine du droit international, le concert européen, organe et appui de l'équilibre européen, est une institution qui a son utilité, mais ne constitue pas par elle-même une garantie efficace et suffisante de Tordre moral et juridique parmi les Etats souverains.

Où trouver cette garantie ? et comment constituer, en dehors du droit chrétien et de l'unique fondement de ce droit, une société des nations pour qui le droit soit sacré ? C'est un problème où ont échoué les plus fortes têtes politiques, où se sont usées sans succès les plus opiniâtres volontés.

Les années qui précédèrent le grand conflit furent marquées par de sérieux efïorts en faveur de la paix. Un lourd sentiment de terreur étreignait les âmes à la pensée de ce que serait une guerre engagée entre les plus redoutables puissances du monde, et menée avec toutes les ressources de l'art militaire moderne.

L Ibid., pp. 97-98.

Par une juste permission du ciel, le fléau que Fon craignait s'est en effet abattu sur l'humanité. Mais les horreurs sans exemple qui l'ont accompagné, et les désillusions profondes qu'il a causées, n'ont pas dédouragé les esprits généreux. On cherche avec anxiété le moyen d'épargner aux générations futures un pareil malheur. On désire établir une société des nations, ou mieux reconstituer cette société, qui eut dans le passé des formes diverses, en de telles et de si effectives conditions qu'elle devienne un obstacle insurmontable à l'œuvre néfaste des entrepreneurs de guerre.

Les plans proposés ne sont pas tous d'égale valeur. Il en est de mauvais, ou encore de défectueux, et qui appellent les plus graves réserves. Il en est d'autres, mieux inspirés, qui méritent notre confiance, et sur lesquels l'attention publique doit aujourd'hui se porter.

Les sectes sociaUstes et maçonniques ont leurs projets d'une société des nations.

Le socialisme poursuit l'idéal d'une paix perpétuelle. Ce qui trouble la concorde entre les Etats et déchaîne le fléau de la guerre, c'est uniquement l'ambition des classes dirigeantes et le pouvoir des classes possédantes. Le jour où, partout, le peuple sera maître, les frontières s'effaceront,

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les rivalités s'évanouiront, et les hommes s'embrasseront dans un sentiment de fraternité universelle.

Tel est le rêve socialiste ; et pour le réaliser, il faut abattre les trônes, disperser au vent les couronnes, briser la puissance du capital, assurer dans tous les pays le triomphe de la souveraineté populaire, et organiser, comme intermédiaire, entre toutes les nations, un conseil central élu directement par le peuple souverain, et qui n'agisse qu'en son nom.

Nous avons déjà parlé quelque part d'une alliance républicaine universelle fondée à New York au siècle dernier. Dans sa profession de foi, l'adepte de cette alliance fait la déclaration suivante ^ :

De même que je crois à la nécessité d'une organisation républicaine pour chaque peuple, pour qu'il puisse atteindre son plein développement, je suis contraint de croire à la nécessité d'une organisation républicaine pour toutes les nations de la terre ... Je crois donc que c'est un droit et un devoir sacré pour toute nation et pour tout homme d'aider de tous les moyens possibles les efforts des autres nations et des autres hommes pour la fondation d'une alliance républicaine universelle.

Voilà le genre de société internationale que les socialistes, au moins les plus avancés d'entre eux et les mieux initiés aux idées directrices de leur système, s'engagent et s'efforcent à constituer.

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