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La Mission du Canada avant Mgr de Laval, p

NOS EVEQUES d'aPRES LEUR HISTORIEN 305

€eaii de notre patrie, pour travailler de concert à y établir le règne de Dieu. L'Etat promet à l'Eglise sa protection : voilà l'idéal d'une société vraiment chrétienne. C'est cet idéal, c'est cet engagement de l'Etat envers l'Eglise que le premier évêque de Québec aura en vue plus tard lorsqu'il réclamera énergiquement le secours du bras séculier pour l'appui de sa juridiction, pour la destruction du fléau de la traite de l'eaude-vie, pour l'établissement de la dîme.

Si le pouvoir civil ne montra pas toujours le même empressement à seconder les vues de l'autorité religieuse canadienne, que de fois, sous le régime français, et plus tard sous le régime britannique, Faccord des deux puissances éclata au grand jour, pour le plus grand bien du pays!

Fermes lorsqu'ils eurent à défendre des droits sacrés, bienveillants dans cette défense même et dans leurs rapports avec les chefs civils, nos évêques ne marchandèrent jamais au souverain légitime leur parfaite loyauté. Il faut lire la vie de Mgr de Pontbriand, dont les yeux se fermèrent sur la ruine des espérances françaises, il faut parcourir ses mandements tour à tour réjouis par la victoire, et assombris par la défaite, pour comprendre de quelles patriotiques émotions la pensée et la conscience d'un évêque du Canada sont capables.

Les battements de cœur du prélat sont ceux de la patrie elle-même.

Et lorsque, déjà, les succès de l'emiemi font prévoir un changement de domination, confiant

dans la Providence, l'âme soumise à ses desseins^ et le regard tourné vers des principes supérieurs aux luttes et aux évolutions politiques, il lègue, avant de mourir, à son clergé inquiet et à son peuple en détresse, comme un testament national, des paroles de paix, de prudence, de religion, qui formeront le premier anneau de nos traditions de fidélité envers la Couronne britannique \

Ce sont ces paroles très sages qui guideront ses successeurs, notamment Mgr Briand et Mgr Plessis, dans la tâche délicate et laborieuse de conserver à notre Eglise la jouissance de ses droits, et de renouer entre elle et TEtat de bons rapports, différents sans doute de l'union officielle antérieure, propres néamnoins à maintenir la concorde et le respect mutuel.

L'abbé Gosselin met en pleine lumière l'effort accompli par Mgr Olivier Briand, avant et après son élévation à l'épiscopat, pour asseoir l'Eglise de Québec sur les bases du nouveau régime.

Entre toutes les qualités, dit-i^, dont il était doué, il en est une que nous n'avons jamais cessé d'admirer, celle de se faire accepter, estimei et aimer des Anglais, les nouveaux maîtres du paj^s, sans jamais rien sacrifier de ce qu'il devait à son honneur et à celui de l'Eglise. Jamais homme ne comprit mieux de suite l'ère nouvelle où nous entrions, la part que nous de-

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