Ovv. cil., p
chement canadien et de fidélité britannique, n'est pas, il s'en faut bien, le seul bienfait national dont nous soyons redevables à l'influence de nos premiers évêques.
Par leur zèle pour la pureté des mœurs, par leur inlassable vigilance, par leurs luttes soutenues contre l'intempérance, les mauvaises lectures, le libertinage, ils ont contribué, pour une très large part, à maintenir la vigueur de la race, l'extraordinaire puissance du foyer canadien. Nos ancêtres étaient des croyants sincères, sujets néanmoins à l'humaine faiblesse. Nulle parole épiscopale ne se montra jamais ni plus prompte, ni plus ferme, ni plus persévérante, dans la répression du mal et le refrènement des passions, que celle qui remplit les pages de l'histoire ecclésiastique canadienne. Cette insistance de l'autorité, dans une pareille matière, peut sembler fastidieuse. On ne songe pas assez que la force des corps y gagne presque autant que la santé des âmes, et que l'avenir est aux peuples dont la moralité défia les orages du temps et les déchéances de la vie.
Nos évêques le savaient. C'est pourquoi ils mirent tant de soin à prémunir le peuple canadien contre les dangers du dedans, cependant qu'ils le protégeaient contre les périls du dehors.
Le changement de régime politique eût pu être fatal à notre langue, gardienne de notre foi. L'abbé Gosselin raconte toutes les craintes que
NOS EVEQUES d' APRES LEUR HISTORIEN 311
causèrent à Mgr Briand les agissements d'Haldimand contre l'influence catholique et française. Le Gouverneur aurait voulu fermer la porte/ de notre pays aux prêtres de France. L'Evêque, lui, en voulait, non pas pour les cures, "car, disait-iP, les prêtres canadiens y ont plus de droit, et ils peuvent suffire", mais pour l'enseignement". La France était alors, plus encore qu'aujourd'hui, la grande pourvoyeuse des lettres françaises au Canada. Ce n'est toutefois que plus tard que des ecclésiastiques de l'ancienne mère patrie, selon le vœu de l'évêque de Québec, et après une longue série d'obstacles posés par le gouvernement anglais, purent apporter leur concours à la culture et au maintien de notre idiome national ^.
Nous avons déjà exprimé le regret que l'historien de nos Evêques, prévenu par la mort, et tombé la plume à la main, n'ait pu pousser plus loin ses travaux.
La tradition épiscopale canadienne, tout en se poursuivant et s'élargissant sous nos yeux, nous serait apparue la même : tradition de fermeté inébranlable dans les principes de la