Conf. de Noire-Darne (1895), pp
l'eCUEIL DEMOCRATIQUE 71
directions qu'il n'est permis ni de violer ni d'ignorer. Le despotisme du sabre n'est pas plus abusif que celui des parlements sans principes et sans honneur. C'est ce mépris des lois de la conscience que Pie IX décrivait et stigmatisait un jour en «es termes^ :
On se moque de l'autorité et du droit avec une telle impudence que l'on ose dire que l'autorité n'est rien, si ce n'est la somme du nombre et des forces matérielles ; que le droit consiste dans le fait, que les devoirs des hommes sont un vain mot, et que tous les faits humains ont force de droit. Ajoutant les mensonges aux mensonges, les délires aux délires, foulant aux pieds toute autorité légitime, tout droit légitime, toute obligation, tout devoir, on ne craint pas de substituer à la place du droit véritable le droit menteur de la force, et de subordonner l'ordre m.oral à l'ordre matériel.
Cet abus de la force, et, en l'espèce, de la force numérique du suffrage, constitue l'un des vices les plus communs et l'.une des déviations les plus funestes du système démocratique. 11 s'est produit maintes fois sous nos yeux. Nous en souffrons. Nous en gémissons. Nous ne devons cesser de le •dénoncer à l'opinion honnête, de réprouver ce qu'un auteur anglo-canadien récent considère eomme sot, injuste, et copié des méthodes prussiennes elles-mêmes^. Nous devons travail-
1. Alloc. Maxima quidcm, 9 juin 1802. — Cf. Syli.. prop 50-(i().