L'UNION CATHOLIQUE
C'est une vérité d'expérience que l'union fait la force. Dans tous les pays, l'influence de l'Eglise s'accroît et rayonne en raison directe de l'accord de ses membres.
Et l'accord doit se prendre ici, non pas seulement dans son sens juridique, mais dans son acception morale. Il ne signifie pas seulement communauté de croyances, soumission aux mêmes chefs, participation aux mêmes sacrements. Il implique en outre cet ensemble de bons procédés, cette bienveillance mutuelle, cette harmonie de vues, de volontés et d'attitudes, d'où résulte chez les croyants, de quelque race qu'ils soient, et quelque langue qu'ils parlent, la force de la discipline et la puissance de l'action.
L'union morale des catholiques est nécessaire.
Elle est basée sur la grande loi de charité promulguée par l'Evangile, et qui forme le ciment des sociétés chrétiennes.
1. Articles parus «lans l'Action catholique (oct.-nov. 1918).
Elle a fait l'objet principal de l'une des plus touchantes prières mises par les évangélistes sur les lèvres du Christ.^ Dans cette prière, Jésus demande à son Père le bien suprême de l'union, non seulement pour les chefs de la chrétienté, mais pour les chrétiens eux-mêmes. Il leur propose, pour modèle, l'unité qui règne, d'une façon suréminente, entre les personnes divines. Il veut que la charité, émanant du cœur de Dieu, se répande dans les âmes croyantes, et consume, avec la racine du péché, le germe des dissensions. La raison qu'il en donne est double. L'union des chrétiens dans l'amour leur assure, à chacun, la pleine jouissance des biens célestes. Elle est de plus, en face des infidèles, une preuve apologétique puissante : elle place dans une vive lumière la mission admirable du Christ, et l'origine surnaturelle de l'Eglise, et elle marque d'un trait vainqueur l'une des notes les plus belles et les plus caractéristiques de cette Eglise véritable.
L'unité n'a jamais manqué à la société spirituelle fondée par Notre-Seigneur, et régie par saint Pierre et ses légitimes successeurs. Mais certaines scissions funestes ont pu détacher de cette unité des chrétiens, ou des groupes de chrétiens, mal affermis dans leur foi. D'autres dissentiments., moins graves sans doute, néanmoins très regret-