JOAN., XVII
l'union catholique 157
tables, ont troublé la paix des âmes, affaibli l'action catholique, et jeté un voile de tristesse sur diverses périodes de l'histoire de l'Eglise.
Dès l'origine, l'Esprit du mal ne put voir sans envie l'œuvre conquérante de l'Amour divin, et cette foule de croyants qui n'avaient qu'un cœur et qu'une âme ^ ; et U répandit au sein des chrétientés des semences de discordes et de haines.
Un exemple topique nous est fourni par l'Eglise de Corinthe que saint Paul avait étabUe, et où se croisaient, dans un remuant cosmopoUtisme, Romains et Grecs, Juifs et gentils. Il y avait là, déjà, on peut le supposer, des jalousies de races et des rivalités de langues. Il y avait là, surtout, l'esprit de chicane, de discussion, de contestation, né d'un fond d'orgueil commun à tous les peuples, mais plus visible peut-être chez certains peuples mieux doués. Des partis s'étaient formés qui, sans aller jusqu'à la rupture du lien dogmatique, menaçaient l'unité de la foi et l'intégrité des mœurs. Les uns se rangeaient sous le drapeau de Paul, d'autres sous celui de Pierre, d'autres encore sous celui d'un prédicateur éloquent, nommé Apollo.
Saint Paul en prit occasion pour rédiger sa première épître aux Corinthiens, et pour lancer contre le péril de la discorde parmi les fidèles, ce