Lingard-De m ARLES, Hist. d'Angleterre, t. xv, p
l'union catholique 173
infortune, l'expatriation et la maladie, jeta un jour dans nos bras.
Dans nos séminaires — une expérience de plusieurs années nous autorise à le dire — nous nous faisons une loi d'entourer de tous les égards, et de couvrir de l'égide de l'impartialité la plus bienveillante, les élèves de langue anglaise, si intelligents et si laborieux, que leurs évêques veulent bien nous confier. Et, hâtons-nous de l'ajouter, les sentiments d'estime que ces ecclésiastiques nous gardent, qu'ils gardent à leurs directeurs, à leurs professeurs ^ et à leurs confrères franco-canadiens, prouvent combien l'union est facile entre catholiques de races différentes, lorsque l'équité préside à leurs relations.
Equité, bonne volonté : tout est là.
Nous sommes en face d'un fait inéluctable : la cohabitation, dans un même pays, des descendants de races distinctes par l'histoire et par la langue. Basons sur ce fait nos idées constructives des destinées de l'EgUse au Cahàda. Et mettonsnous bien dans l'esprit cette observation si juste, si opportune d'O'Connell :
Un peuple (lui, mû par une seule impulsion, agit de concert, est trop fort pour qu'on puisse le dédaigner,
1. Pour notre part, nous avons la joie de compter parmi ces anciens élèves de langue anglaise, plusieurs amitiés très fidèles, très précieuses, et dont nous sommes fier.
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trop redoutable pour qu'on puisse longtemps lui résisteri.
Les catholiques forment plus d'un tiers de la population totale des provinces canadiennes. Le jour où il seront unis, unis sur le seuil de l'école, unis sur le terrain électoral, unis dans les Chambres, quelle influence ne possèderont-ils pas, et de quels succès et de quelles œuvres ne seront-ils pas capables ?
L'union cathoUque au Canada fait l'objet des plus vifs soucis du Pape glorieusement régnant.
Déjà l'un de ses prédécesseurs de très illustre mémoire, Léon XIII, dans son encyclique Affari vos, sur la question scolaire manitobaine, avait blâmé les catholiques canadiens " de n'avoir pas su se concerter pour défendre des intérêts qui importent à un si haut point au bien commun, et dont le caractère et la gravité devaient imposer silence aux intérêts des partis politiques qui sont d'ordre inférieur. "
Il y a deux ans, Benoit XV, informé des discussions soulevées par le problème ontarien, adressait aux Archevêques et Evêques du Canada sa lettre Commisso divinitus dont quelques-uns