déc. 1918. — Le 16 du mois précédent, Mgr Ginisty
évêque de Verdun, dans une lettre au cardinal Maurin, avait déjà écrit : “ Ne croyez-vous pas, Eminence, que le moment
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significatif d’où nous extrayons le passage suivant :
En un temps où les griefs d’une multitude de petits Etats sont étudiés et pesés, il serait étrange vraiment que cette grande difficulté internationale (la question romaine) fût ignorée. Si l’on veut établir avec sûreté les fondements du temple de la Paix, il faut garantir, une fois pour toutes, au Vicaire de Jésus-Christ, la liberté d’exercer son ministère spirituel sans l’ombre du moindre contrôle delà part du gouvernement italien.
Voilà la question en jeu, le principe que l’on demande à l’assemblée de Versailles, le plus vaste Congrès diplomatique de l’histoire, de reconnaître et de sanctionner.
De quelle manière ce principe peut-il être aujourd’hui appliqué ? et dans quelles conditions et sous quelles garanties le Vicaire de Jésus-Christ pourrait-il actuellement reprendre le sceptre, même mutilé, d’un pouvoir domanial, temporel en soi, mais spirituel par son but ? Lui seul peut le dire. Et c’est là, entre autres raisons, un très fort motif de regretter et de déplorer que sa Sainteté Benoît XV ne soit pas représentée dans le Congrès actuel des nations.
serait propice pour garantir au Chef de l’Eglise, 1 indépendance à laquelle il a droit, et lui faire reconnaître par toutes les nations du monde une souveraineté temporelle qui assurerait le libre exercice de son ministère et de ses relations avec ^tous les pays et avec toutes les parties de l’univers catholique ?
Son concours et sa pensée, dans les travaux de ce Congrès, pourraient aider à la solution de plusieurs autres questions religieuses.
Le problème religieux se dresse, en présence des reconstructeurs de la société, sur presque tous les points du globe. Il s’impose à leur attention, et dans les pays qui relèvent d’eux-mêmes, et dans ceux qui attendent de leur intervention la forme régulatrice de leur vie nationale. N’y a-t-il pas une ironie cruelle, une contradiction flagrante à prôner comme un dogme la libre détermination des peuples, et à maintenir, aux frais mêmes des contribuables catholiques, un système d’écoles publiques dont ceux-ci ne peuvent user, et qui constitue pour eux une injure et une servitude ? Tel est pourtant le cas dans maintes contrées, notamment en France, aux Etats- Unis, et dans certaines de nos provinces canadiennes.
En Pologne, en Arménie, en Alsace-Lorraine, la liberté de l’Eglise, du culte catholique, de l’école confessionnelle, domine de toute la hauteur des intérêts qui y sont liés, la restauration politique.
Pour ne parler que des deux provinces reconquises par la France, leur sort religieux inspire aux bons français de graves appréhensions. Sous le régime allemand, ces pays avaient conservé l’école catholique et le budget du culte catho-
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lique h Que leur apportera le régime nouveau ? Les Alsaciens et les Lorrains ne seront-ils libérés de la tyrannie gouvernementale à laquelle ils étaient asservis que pour être placés sous le joug de l’athéisme officiel et de la neutralité scolaire ? Et le triomphe du droit, pour ces peuples, devrat-il se résoudre eîi la perte de leurs plus chères et de leurs plus essentielles libertés ? Ce serait la réalisation du rêve caressé, comme but de guerre, par les éteigneurs d’étoiles divines et les allumeurs de torches maçonniques 1 2.
Nous attendons mieux du patriotisme et de la clairvoyance des hommes d’Etat qui ont assumé la noble tâche de mettre dans la vie des peuples plus de justice, plus d’humanité, plus de véritable liberté. Et nous osons croire que des voix courageuses, faisant écho à celle du président de la République française, s’élèveront à Versailles, en faveur d’une juste liberté des langues, de la liberté de l’école, de la liberté des clercs et