Leon XIII, lettre Satis cognitum
l’union DES EGLISES ET l’üNITE DE L’EGLISE 277
par l’autorité nécessaire de celui à qui il a été dit : Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et les portes de V enfer ne prévaudront pas contre elle. C’est la condamnation du schisme1 et l’affirmation péremptoire, non seulement de la primauté d’honneur, mais de la suprématie effective et universelle de l’Evêque de Rome, successeur légitime du Prince des Apôtres.
L’union chrétienne voulue et reconnue de Dieu, ne peut donc s’effectuer hors du giron de l’Eglise romaine, à l’encontre des sentiments du chef de cette Eglise, et sans une soumission pleine et entière à sa juridiction.
Ce n’est pas là une doctrine forgée à dessein. Elle résulte des textes les plus clairs de l’Evangile, des témoignages les plus formels de la tradition, textes et témoignages lumineusement commentés, à l’adresse du peuple anglais, par le grand Pape théologien2. Bien avant Henri VIII, Luther et Photius, les Pères, par exemple, déclaraient que “ c’est à l’Eglise romaine, à cause de sa prééminence, que toute l’Eglise doit nécessairement se réunir ” ( saint Irénée ) ; qu’elle est “ la chaire de Pierre et l’Eglise principale d’où est née l’unité sacerdotale ” ( saint Cyprien ) ; que “ dans
cette Eglise s’est toujours maintenu le principat