Ibid. — Voir Dom Guéranger, De la monarchie pontificale
2. Som. théol. ii-ii, q. i, art. 10 (trad. Pègues). — Cf. C. G. 1. iv, ch. LXXVl.
l’union DES EGLISES ET l’üNITE DE L’EGLISE 279
que toutes les autres choses, qui regardent l’Eglise toute entière, comme de réunir un concile général et ce qui est du même genre.
Il est donc absolument illusoire de vouloir réunir les Eglises chrétiennes sans leur imposer une croyance commune officiellement définie, et sans les soumettre à la suprême juridiction du Chef de l’Eglise romaine en qui s’incarne l’autorité spirituelle de Jésus-Christ. Tel est le sentiment de nos maîtres dans la foi.
Cette attitude tracée par les Papes, et par les docteurs chrétiens, doit être partout la nôtre ; elle doit être celle de tous les catholiques fiers de leur nom, et conscients de leur devoir.
Les catholiques éprouvent, pour leurs frères d’autres croyances, une profonde sympathie. Ils les voient avec chagrin se débattre dans l’incertitude et l’incohérence de systèmes aussi mobiles que l’esprit et le cœur de l’homme. Ils constatent d’un œil réjoui les efforts qu’ils font pour sortir de ce chaos. Ils veulent bien les aider de leurs conseils. Ils leur tendent fraternellement la main, non pour se laisser entraîner eux-mêmes hors de la voie droite, mais pour y ramener les âmes sincères et les intelligences avides de certitude et d’unité.
Les tentatives faites en différents congrès, pour rapprocher les Eglises et souder les religions par un ciment quelconque, n’ont pas été encourageantes. De celui de ces congrès qui frappa davan-
tage l’opinion, on a dit que “ loin de réaliser ses promesses et de coaliser les forces religieuses contre l’impiété, il a trahi non seulement le Christ, mais l’idée même de Dieu. Or, sans Dieu, on a beau faire sonner très haut les mots de fraternité, d’amour des peuples, on marche droit à la barbarie : les derniers événements d’Europe et d’Amérique ne le montrent que trop h” Ces paroles écrites il y a un quart de siècle ne sont-elles pas infiniment plus vraies aujourd’hui ?
Nous voulons croire que le “ Congrès mondial ” organisé par la commission épiscopalienne d’Amérique sera plus heureux, qu’il obtiendra de meilleurs résultats. On en lira les travaux avec tout l’intérêt que mérite une œuvre de ce genre. Et cette conférence n’eût-elle d’autre effet que de mieux faire toucher du doigt l’immense désarroi où s’agitent les sectes protestantes, de mieux montrer les avantages de l’union chrétienne et le rôle primordial d’un pouvoir supérieur et incontesté qui en pose les bases et en coordonne les efforts, l’entreprise n’aura pas été stérile1 2.