The Catholic Encyclo-pedia, vol. xv. p
3. Cette opposition s’est faite surtout par des députés canadiens-français. — Le vote politique féminin est déjà entré dans la législation de plusieurs provinces en majorité anglaises.
Elle blesse leurs sentiments sur la femme et sur sa mission.
La femme, en général, spécialement la femme chrétienne travaillée avec tant de soin, et depuis tant de siècles, par les mains de la religion, ne nous semble pas faite pour l’arène politique. Son sexe même où vibrent les plus généreux instincts de notre nature, et où s’incarnent la douceur aimable et la bonté pacifiante, l’éloigne des querelles de la tribune et du tumulte de la place publique. Les luttes politiques passionnent les hommes et les divisent. Et c’est au contraire par le moyen des femmes, moins mêlées à ces disputes, plus libres d’opinion, et plus dégagées des contestations irritantes, que souvent les familles rivales se rapprochent. Moins la femme se commet dans la poussière de la rue et la mêlée des partis, plus sa personne s’impose à la considération publique, en même temps que sa mission se poursuit dans toute sa sereine beauté.
Cette mission attache la femme au foyer. Là son empire se fonde ; là ses talents se produisent ; là sa vertu éclate; là son influence rayonne. Dieu l’a créée pour des fonctions sans lesquelles la famille ne pourrait vivre, ni l’humanité se perpétuer1.
1. Des économistes, tels que P. Leroy Beaulieu, voient dans le féminisme que nous combattons un péril pour la natalité (cf. Arth. Trahan, Discours sur le suff. des femmes, Ottawa, 11 avril 1918).
LE FEMINISME
Tout en elle se mesure, et s’ajuste, et se subordonne à cette vocation nécessaire. Peu versé dans les calculs d’ordre public et d’intérêt gouvernemental où se joue l’intelligence masculine, son esprit très vif, très délié, très minutieux, se tient attentif aux multiples soins du logis. Il suit le progrès des enfants, la croissance de leur corps, le mouvement de leur vie, la formation de leur âme, le développement de leur conscience, et cela avec des lumières, des intuitions et des clairvoyances vraiment admirables, et qui sont le propre des femmes et des mères. La femme est la joie des foyers, le lien des familles, la force des traditions, l’espoir des générations. Là où les lois s’élaborent, elle ne peut être que médiocre. Là où les hommes se font, elle excelle. Elle se montre supérieure, incomparable, dans le milieu où la nature l’a placée, et où tout exige qu’elle soit maintenue.
C’est moins, sans doute, une question de doctrine religieuse que de sens catholique et social. De bons chrétiens, quelques évêques même, ont cru sage de ne point condamner le suffrage féminin. Tel n’est pas pourtant, hâtons-nous de le dire, le sentiment général parmi les chefs et les fils de l’Eglise. “ La majorité des catholiques, écrit le Père W. Fanning1, voient d’un œil défavorable l’activité politique des femmes.”