Encycl. Humanum genus, 20 avril
jugent mal les orangistes, et que, par intérêt ou par dépit, ils leur témoignent une méfiance injustifiée. Ecoutons la voix d’un laïque, et d’un laïque protestant, l’honorable Edward Blake, préposé pendant quelque temps à la direction des forces libérales canadiennes, et qui, lorsque se posa, en 1884, la question de la reconnaissance légale de l’ordre orangiste, prononça en Chambre les fortes paroles suivantes1 :
Je ne suis favorable à la reconnaissance par l’Etat d’aucune société secrète. Je n’ai jamais appartenu à aucune. Je crois que les tendances mêmes du secret sont pernicieuses ; que le secret contient en lui-même la probabilité du mal ; qu’il exige dans un certain degré le sacrifice de l’individualité et de l’indépendance, et qu’il fournit aux chefs entreprenants de très grandes facilités pour égarer les esprits et faire le mal. . . On ne peut déterminer, vu que la société est secrète, jusqu’à quel point elle peut s’écarter du but avoué qu’elle prétend poursuivre ; dans quelle direction elle peut aller ; jusqu’à quel point, étant ostensiblement une société religieuse et de bienfaisance, elle peut devenir une société politique ; jusqu’à quel point, étant loyale, elle peut aller en sens opposé, comme nous savons que sont allées autrefois des sociétés qui affectaient de la loyauté. Je dis donc que l’Etat ne devrait pas reconnaître les sociétés secrètes liées par serment. C’est dans la nature de ces sociétés de devenir tyranniques et despotiques. Les discussions ouvertes et publiques sont les grandes garanties de l’ordre, de la liberté, de la loyauté et de la modération.
M. Blake n’est pas, il s’en faut bien, le seul