‹ Etudes et appreciations. -- (volume 4)Chapitre 60 sur 173 · Voir Edw. Blake, Discours cit · texte numérisé non relu

Voir Edw. Blake, Discours cit

L’animosité de l’orangisme canadien contre les catholiques en général, et contre les catholiques de langue française en particulier, est une source féconde et un principe permanent de discordes nationales.

Les orangistes ne se contentent pas, comme tous les corps sociaux, de travailler à maintenir et à accroître leur influence. Ils créent, par la calomnie, les préjugés les plus absurdes. Ils livrent à la liberté les assauts les plus meurtriers.

C’est leur organe, 1 ’ Orange Sentinel, qui, le 21 décembre 1882, lançait à la face de l’Eglise catholique et de ses membres cette injure :

Nous avons toujours soutenu que l’Eglise de Rome enseigne à ses adhérents d’être déloyaux à tous les Etats dans lesquels elle existe, de ne reconnaître l’autorité d’aucun gouvernement temporel, et de n’obéir qu’à la Papauté.

Le 8 novembre 1883, le même journal répétait ses propos calomnieux :

Rome est aujourd’hui ce qu’elle était il y a cent ans, arrêtant des plans, formant des projets et faisant des complots pour détruire les libertés les plus chères et les institutions les plus libres de tous les Etats de la chrétienté.

Ce qui est vrai au contraire, et notre propre histoire le prouve surabondamment, c’est que dans l’Eglise de Rome l’on trouve la plus haute et la plus solide école de loyauté, et la sauvegarde la

LE PREJUGE SECTAIRE

plus sûre de la vie et du bonheur des peuples.

Ennemis jurés de tout ce qui est catholique, les orangistes en veulent spécialement aux franco-canadiens. Et à l’heure même où l’Angleterre et la France fraternisent, ils poursuivent avec plus d’acharnement que jamais leur campagne odieuse contre notre langue, gardienne de notre foi. Le 31 juillet 1918, dans un congrès général tenu à Charlottetown, le pontife de l’orangisme s’écriait1:

Si, dans l’avenir, il est question de faire de l’anglais la seule langue officielle au Canada, et de faire disparaître les écoles séparées, la responsabilité de ce mouvement retombera sur les prêtres et les politiciens qui persistent à demander, à temps et à contre temps, des privilèges spéciaux, et qui ont demandé la reconnaissance officielle du français dans toutes les parties du Canada comme prix de leur loyauté à l'Empire.

Ces paroles expriment la plus insigne fausseté ; mais elles montrent bien, du reste, dans toute sa clarté sinistre, l’esprit liberticide qui les a dictées.

La liberté de langue et la liberté de croyance constituent comme les deux assises de la constitution canadienne. Le système des écoles séparées, qui est l’une des formes nécessaires de cette liberté, repose non seulement sur le droit naturel, mais sur les conventions les plus justes, et sur l’usage établi dans plusieurs provinces. Cela n’a pas empêché les loges orangistes, au Ca-

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